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CHRONIQUE : Quand l’Iran fabrique des Trump en Lego pour oublier ses ruines
Crédit: Adobe Stock

Des enfants reels, des briques fictives

Le 28 fevrier 2026, des frappes ont touche une ecole a Minab. Des enfants sont morts. Des vrais. Pas des figurines. Pas des personnages generes par algorithme. Des enfants qui avaient des prenoms, des cartables, des parents qui les attendaient a la sortie. Et c’est precisement cette tragedie reelle que le regime iranien instrumentalise dans ses clips, la melangeant avec des theories complotistes sur Jeffrey Epstein pour creer un cocktail emotionnel irresistible sur les reseaux.

Il faut mesurer l’obscenite du procede. Un regime qui coupe internet a sa propre population depuis les manifestations de janvier 2026, qui empeche ses citoyens d’acceder a l’information, utilise les morts de ses propres enfants comme materiau de propagande destine a un public etranger. Les Iraniens eux-memes ne peuvent pas voir ces videos. Ils n’ont pas de reseau. Ils n’ont que le silence numerique et le bruit des bombes. Mais a Londres, a Paris, a Toronto, les clips tournent, les algorithmes poussent, et l’emotion fait le reste.

On fabrique des heros en plastique pendant que les vrais heros — les femmes iraniennes qui marchaient sans voile, les etudiants qui criaient liberte — croupissent dans des prisons dont personne ne connait l’adresse.

Le piege de l’identification

Ce qui rend ces videos redoutables, selon Tine Munk, maitre de conferences en criminologie a l’universite Nottingham Trent, c’est qu’elles ne creent pas une emotion nouvelle. Elles amplifient ce qui existe deja. La guerre lancee par Trump est impopulaire. Un sondage Ipsos de mi-mars 2026 l’a confirme : 58 % des Americains s’opposent aux frappes, 78 % refusent un engagement terrestre. Le terrain emotionnel est fertile. Les clips iraniens n’ont qu’a y planter leurs graines numeriques.

Le choix du Lego est d’ailleurs chirurgicalement calcule. Ce n’est pas un hasard si le regime a choisi cette reference culturelle occidentale plutot qu’un format local. Le Lego parle a tout le monde. Il evoque l’enfance, l’innocence, le jeu. Transformer Trump en figurine Lego, c’est le rapetisser. C’est dire : regardez, votre president tout-puissant n’est qu’un petit bonhomme en plastique que n’importe qui peut demonter brique par brique. C’est enfantin. C’est exactement pour ca que ca marche.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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