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ANALYSE Compte à rebours enclenché : l’affrontement Chine–USA arrive à grands pas.
Crédit: Adobe Stock

Irak, Libye, Syrie : la démolition contrôlée

En 1991, la première guerre du Golfe n’est pas seulement une opération pour libérer le Koweït : c’est une démonstration de force adressée à Moscou et au reste de la planète, au moment même où l’URSS vacille. Les États-Unis montrent qu’ils peuvent écraser en quelques semaines l’armée d’un des principaux clients de l’ex-bloc soviétique, tout en contrôlant l’accès au pétrole du Golfe. Le message est clair : l’ordre nouveau sera unipolaire, et Washington en sera l’architecte et le gendarme.

En 2003, la chute de Saddam Hussein pousse la logique au bout : cette fois, il ne s’agit plus de remettre un dictateur à sa place, mais de détruire complètement un État, de dissoudre son armée, et de redessiner le paysage politique d’un pays entier par la force. Ce choix accouche d’un chaos durable – insurrections, guerre confessionnelle, Daech – mais il atteint un objectif stratégique majeur : l’Irak, pilier arabe de l’ancienne influence soviétique, est hors-jeu pour longtemps. Le prix humain est effroyable, mais dans les comptes froids des stratèges, une pièce a été retirée du plateau.

À chaque fois, on nous a vendu la liberté et la démocratie. À chaque fois, ce sont des régimes hostiles à Moscou ou capables d’équilibrer Washington qui ont disparu, et les cartes de l’énergie ont été redistribuées.

La Syrie et la Libye : casser les derniers verrous

En Libye, en 2011, le scénario se répète avec une variante : pas de troupes au sol occidentales, mais des bombardements aériens massifs, l’effondrement du régime de Kadhafi, puis la fragmentation du pays en milices rivales, couloirs d’armes et bandes armées jusqu’au Sahel. La Russie perd un partenaire méditerranéen et des accès privilégiés, l’Europe gagne un foyer de crise migratoire et sécuritaire permanent. L’État libyen disparaît, mais l’OTAN démontre qu’elle peut faire tomber un pouvoir en quelques semaines quand elle le décide.

En Syrie, le plan se grippe : Bachar el-Assad tient, grâce à l’aide iranienne, du Hezbollah et surtout à l’intervention directe de Moscou en 2015, qui ne peut se permettre de voir tomber son dernier pilier arabe, après l’Irak et la Libye. Pour le Kremlin, c’est une question de survie stratégique : perdre Damas, c’était accepter que la ceinture sud – de la Méditerranée au Golfe – soit entièrement remodelée sans lui, sous pilotage occidental. La Russie choisit donc d’entrer en guerre, quitte à grever son économie, pour empêcher un nouvel effondrement de son influence.

La Syrie a été le signal d’alarme de Moscou : la Russie a compris qu’à force de reculer, elle finirait encerclée, nue, et que l’étape suivante serait tôt ou tard à ses propres frontières.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, comprendre les mouvements économiques globaux, contextualiser les décisions des acteurs internationaux et proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.

Ce texte n’est pas un communiqué officiel ni un exercice de neutralité feinte : c’est une tentative de regarder en face ce que beaucoup préfèrent encore envelopper dans des euphémismes.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables : dépêches d’agences de presse internationales, rapports d’institutions reconnues, analyses d’instituts de recherche spécialisés. Les données géopolitiques, militaires et industrielles citées sont issues de sources publiques : médias internationaux de référence, think tanks, centres d’études stratégiques, rapports parlementaires ou gouvernementaux lorsqu’ils sont disponibles.

Les interprétations, connexions entre théâtres (Ukraine, Iran, Indo-Pacifique) et projections sur la fenêtre de 2 à 5 ans relèvent de l’analyse, et non de l’annonce prophétique. Elles cherchent à articuler des tendances lourdes déjà visibles plutôt qu’à inventer un futur fantasmé. Toute évolution majeure de la situation – politique, militaire, économique – pourrait naturellement modifier certaines conclusions ou accentuer certains risques : ce texte devra alors être relu à la lumière des faits nouveaux.

Dans un monde saturé de récits partisans, la seule honnêteté possible consiste à dire clairement où s’arrête le fait, et où commence l’interprétation.

Signé Maxime Marquette

Sources

Wikipedia – 2026 Iran war – 27 février 2026

Wikipedia – 2026 United States military buildup in the Middle East – 27 janvier 2026

Chatham House – The Iran war exposes the limits of Russia’s leverage in a fragmenting regional order – 1 mars 2026

Vision of Humanity – The Iran War and the Global Terrorism Threat – 28 février 2026

BBC – China’s navy is expanding at breakneck speed – 31 août 2025

CSIS – Unpacking China’s Naval Buildup – 5 mai 2024

The National Interest – China’s Shipbuilding Capacity: 232 Times Greater Than United States – 24 novembre 2024

The Washington Post – Russia is sending upgraded drones used in the Ukraine war to Iran – 27 mars 2026

Firstpost – Russia supplying Shahed drones to Iran used in attacks on US bases, Zelenskyy says – 14 mars 2026

International Crisis Group – 10 Conflicts to Watch in 2026 – 30 décembre 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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