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REPORTAGE À bord du compte à rebours : au cœur de la guerre de trente ans entre Washington, Pékin et Téhéran.
Crédit: Adobe Stock

Du désert irakien aux ruines libyennes

Ce reportage pourrait commencer en 2026, sur un pont de porte-avions ou dans une ruelle de Téhéran. Il commence en réalité dans un désert irakien, en 1991, quand les premières images de chars calcinés et de colonnes en flammes ont fait croire à l’Occident que la guerre venait de se terminer à son avantage pour de bon. Les écrans montraient une armée écrasée, un dictateur humilié, un ordre nouveau « stabilisé ». Ce que l’on ne voyait pas, c’était la logique qui venait d’être lancée : celle d’un démantèlement progressif de tous les régimes capables de servir de piliers à un bloc concurrent.

Vingt ans plus tard, la scène se déplace au-dessus de la Méditerranée, au large de la Libye. Des pilotes de l’OTAN tournent en orbite au-dessus de Tripoli, de Syrte, de Misrata. Ils voient des panaches de fumée, des routes poussiéreuses, des colonnes de pick-up armés. Ils entendent dans leurs casques des ordres en anglais, en français, en italien. Ils ne voient pas encore les milices qui surgiront des ruines, les trafics, les migrations forcées, le corridor de chaos qui reliera la Méditerranée au Sahel. Ils remplissent une mission, ils ferment une parenthèse. En vérité, ils en ouvrent une autre, infiniment plus large.

Chaque fois qu’un régime tombait, on expliquait que c’était « la fin d’un cycle ». On ne voyait pas que ces fins alignées dessinaient, peu à peu, le squelette d’une seule et même guerre étirée sur des décennies.

Dans les ruelles de Homs et les couloirs de Moscou

À Homs, à Alep, à Raqqa, la poussière des bombardements se mélange à l’odeur du mazout brûlé et de la pierre écrasée. Pour les habitants, la géopolitique n’existe plus : il ne reste que le bruit sourd des barils explosifs, le sifflement lointain des avions, les checkpoints flous qui changent de mains sans prévenir. Beaucoup ignorent quel avion les frappe vraiment : un Sukhoï russe, un F‑16 syrien, une bombe artisanale. Ils ne savent pas qu’à Moscou, des généraux tracent des lignes rouges sur des cartes, décidant que la Syrie sera la colline sur laquelle la Russie choisira de ne pas reculer une fois de plus.

Dans les couloirs du Kremlin, des conseillers rappellent les dates : 1991, chute de l’URSS ; 1999, Kosovo ; 2003, Irak ; 2011, Libye. À chaque fois, la Russie a vu un partenaire s’effondrer, un espace d’influence se refermer, une base se perdre. La Syrie ne peut pas être un Irak de plus, ni une nouvelle Tripoli. En se jetant dans la bataille, Moscou comprend qu’il ne s’agit plus seulement de sauver un dictateur, mais d’empêcher que sa ceinture sud soit entièrement redessinée par d’autres. Là encore, personne n’emploie les mots de « guerre de trente ans ». Mais la décision, elle, s’inscrit dans cette durée-là.

Pour ceux qui vivent sous les bombes, tout se joue au jour le jour. Pour ceux qui envoient les avions, tout s’empile en décennies – et c’est précisément cette différence de temporalité qui permet à la guerre de durer si longtemps.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, comprendre les mouvements économiques globaux, contextualiser les décisions des acteurs internationaux et proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.

Ce reportage n’est pas un exercice de neutralité feinte : c’est une tentative d’emmener le lecteur là où les décisions se prennent, là où elles se subissent, pour qu’il sente physiquement ce que les cartes abstraites ne montrent jamais.

Méthodologie et sources

Ce texte s’appuie sur des faits vérifiables issus de sources publiques – dépêches d’agences de presse internationales, rapports d’instituts de recherche, analyses de centres d’études stratégiques, données ouvertes sur les déploiements militaires et la croissance des flottes navales. Les scènes décrites (pont de porte-avions, rues de Téhéran, abris en Ukraine, patrouilles au large de Taïwan) sont des reconstitutions narratives basées sur ces éléments factuels, sur des témoignages publiés et sur la connaissance des procédures et environnements militaires concernés.

Les liens entre les théâtres – Irak, Libye, Syrie, Ukraine, Iran, mer de Chine – relèvent d’une synthèse analytique : ils ne sont pas dictés par un document secret, mais par l’observation de trente années de décisions cohérentes entre elles. Les projections sur la fenêtre de 2 à 5 ans, la parité navale sino-américaine et les risques de débordement sont des hypothèses argumentées, non des certitudes. Elles pourront et devront être réévaluées à mesure que de nouveaux faits apparaîtront.

Raconter la guerre ne suffit plus : il faut aussi raconter comment on la lit, d’où viennent les chiffres, les images, les certitudes – et à quel point elles restent fragiles.

Signé Maxime Marquette

Sources

Wikipedia – 2026 Iran war – 27 février 2026

Wikipedia – 2026 United States military buildup in the Middle East – 27 janvier 2026

Chatham House – The Iran war exposes the limits of Russia’s leverage in a fragmenting regional order – 1 mars 2026

Vision of Humanity – The Iran War and the Global Terrorism Threat – 28 février 2026

BBC – China’s navy is expanding at breakneck speed – 31 août 2025

CSIS – Unpacking China’s Naval Buildup – 5 mai 2024

The National Interest – China’s Shipbuilding Capacity: 232 Times Greater Than United States – 24 novembre 2024

The Washington Post – Russia is sending upgraded drones used in the Ukraine war to Iran – 27 mars 2026

Firstpost – Russia supplying Shahed drones to Iran used in attacks on US bases, Zelenskyy says – 14 mars 2026

International Crisis Group – 10 Conflicts to Watch in 2026 – 30 décembre 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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