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CHRONIQUE : 120 assauts en vingt-quatre heures — et personne n’a levé les yeux de son écran
Crédit: Adobe Stock

Vingt-cinq assauts sur un front de trente kilomètres

Pokrovsk n’est pas un nom de guerre. C’est une ville de 60 000 habitants avant 2022, un nœud ferroviaire du Donetsk occidental, une gare par laquelle passaient les trains de charbon et les écoliers en uniforme. Aujourd’hui, les forces russes y ont lancé vingt-cinq assauts en une seule journée — vers Bilytske, Rodynske, Hryshyne, Pokrovsk même, Rivne, Udachne, Muravka, Novopavlivka et Filiia. Neuf directions d’attaque simultanées. Le bruit ne s’arrête jamais. Les défenseurs ukrainiens décrivent un bourdonnement permanent, comme si l’air lui-même vibrait de colère.

Ce que Vladimir Poutine veut à Pokrovsk est simple : couper la route logistique T0504, celle qui alimente le front sud du Donetsk. Si Pokrovsk tombe, la ligne d’approvisionnement de dizaines de positions ukrainiennes s’effondre comme un château de cartes. Le Kremlin le sait. Les commandants ukrainiens le savent. Les soldats qui tiennent ces positions le savent mieux que quiconque — ils le sentent dans la fréquence des vagues d’assaut, qui ne diminue plus depuis des semaines.

Vingt-cinq assauts. Je me demande combien de lecteurs ont déjà fermé cet article. Combien ont décidé que ce n’était qu’un rapport de plus. Et combien dormiront cette nuit sans y penser une seule seconde.

Le soldat qui compte les minutes entre les vagues

Les rapports officiels ne mentionnent pas les intervalles. Mais les témoignages des brigades qui défendent le secteur de Pokrovsk parlent d’une constante : entre treize et vingt minutes entre chaque assaut. Treize minutes pour recharger. Treize minutes pour vérifier si le camarade à gauche respire encore. Treize minutes pour boire une gorgée d’eau qui a le goût de plastique chaud. Puis le bourdonnement des drones reprend, et le sol tremble à nouveau sous les chenilles des véhicules blindés.

940 soldats russes ont été mis hors combat en vingt-quatre heures, selon l’état-major ukrainien. 940 corps, 940 familles, 940 mères quelque part entre Vladivostok et Saint-Pétersbourg qui ne reverront pas leur fils. Et de l’autre côté, les pertes ukrainiennes que personne ne publie avec la même précision, parce que l’Ukraine protège ses chiffres comme on protège une plaie ouverte — en la couvrant, mais elle saigne quand même.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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