Natanz, ou le mensonge qui durait depuis vingt-trois ans
Pour comprendre le déjeuner pascal, il faut comprendre ce qui se passait sous la montagne. Natanz, province d’Ispahan, Iran. Depuis 2002, année où des dissidents iraniens du Conseil national de la Résistance ont révélé l’existence du site, le monde sait que Téhéran enrichit de l’uranium. Depuis 2002, le monde négocie. Depuis 2002, l’Iran ment. Vingt-trois ans de mensonges calibrés, de centrifugeuses ajoutées la nuit, de rapports de l’AIEA ignorés avec le sourire diplomatique d’un régime qui maîtrise l’art de la temporisation.
Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, avait déclaré en mars 2025 que l’Iran possédait suffisamment d’uranium enrichi à 60 % pour fabriquer plusieurs armes nucléaires en quelques semaines. Le mot « breakout » — le moment où un État passe du seuil théorique à la bombe réelle — n’était plus une hypothèse. C’était un calendrier. Des semaines. Peut-être des jours.
Et pourtant, à Paris, à Bruxelles, à Ottawa, on parlait encore de « dialogue ». On évoquait un « retour au JCPOA ». On murmurait que la diplomatie n’avait pas épuisé ses options. La diplomatie n’avait pas épuisé ses options depuis vingt-trois ans. Ce sont les options qui avaient épuisé la diplomatie.
Il y a un moment, dans chaque crise nucléaire, où le mot « dialogue » cesse d’être une stratégie et devient une prière laïque — un mantra qu’on répète pour ne pas avoir à agir. Nous en étions là. Exactement là.
Le rapport que personne n’a lu jusqu’au bout
Le 14 mars 2025, un rapport classifié du Pentagone — dont des éléments ont fuité dans le Wall Street Journal — estimait que l’Iran avait commencé la militarisation active de son programme. Pas l’enrichissement. La militarisation. La différence est celle qui sépare un chimiste d’un poseur de bombe. Le régime de Khamenei avait franchi la ligne. Pas la « ligne rouge » — cette expression creuse que les éditorialistes adorent. La ligne réelle. Celle après laquelle les calculs changent de nature.
Trump a lu ce rapport. Ou plus exactement, on le lui a résumé en quatre points sur une fiche cartonnée, comme le rapporte le New York Times. Quatre points. Quatre phrases. Suffisant pour un homme qui décide avec l’instinct d’un promoteur immobilier devant un terrain qui va prendre feu. La décision a été prise le 17 mars. L’exécution, un mois plus tard. Le dimanche de Pâques.
La prière et la frappe — deux héritages américains
Lincoln priait aussi, et Sherman brûlait la Géorgie
Abraham Lincoln a décrété un jour national de prière et de jeûne le 30 mars 1863, pendant que le général William Tecumseh Sherman planifiait la marche vers la mer qui allait réduire la Géorgie en cendres. Personne, à l’époque, n’y voyait de contradiction. La prière n’était pas un masque posé sur la violence. Elle était le cadre moral dans lequel la violence devenait supportable — pour celui qui l’ordonnait comme pour celui qui l’exécutait.
Franklin Roosevelt a prononcé une prière radiodiffusée le 6 juin 1944, jour du débarquement en Normandie, pendant que 4 414 soldats alliés mouraient sur les plages. « Dieu tout-puissant, nos fils, fierté de notre nation, se sont lancés aujourd’hui dans un combat formidable… » Il ne priait pas malgré la guerre. Il priait à cause d’elle. La foi américaine n’a jamais été pacifiste. Elle a été, dans ses meilleurs moments, une conscience qui accompagne l’acte de tuer quand tuer devient la dernière option.
Sean Speer, dans son texte du Hub, rappelle cette tradition sans la romancer. Il note que l’Occident post-chrétien — le Canada de Trudeau, la France de Macron, l’Allemagne de Scholz — a perdu cette grammaire. Non pas la foi elle-même, mais la capacité à comprendre que quelqu’un puisse croire ET agir. Prier ET frapper. Manger de l’agneau pascal ET commander des frappes sur Natanz.
Nous avons remplacé Dieu par la procédure. Les comités d’éthique, les résolutions onusiennes, les communiqués de presse « profondément préoccupés ». Et nous trouvons vulgaire qu’un homme prie avant de faire ce que nos comités ne feront jamais.
Le mépris silencieux des élites laïques
Le chroniqueur du Guardian, Jonathan Freedland, a écrit le lendemain des frappes que le message pascal de Trump était « d’un mauvais goût spectaculaire ». Freedland, brillant, cultivé, athée affiché, représente exactement le réflexe que Speer diagnostique : l’incapacité des élites occidentales à prendre la foi au sérieux autrement que comme un folklore électoral. Trump prie ? C’est du marketing. Trump croit en Dieu ? C’est une posture pour l’électorat évangélique. Trump mange l’agneau pascal ? Photo op.
Sauf que 73 % des Américains se déclarent chrétiens selon le Pew Research Center (2024). Sauf que 46 % disent prier quotidiennement. Sauf que pour ces dizaines de millions d’Américains, le dimanche de Pâques n’est pas un brunch thématique — c’est le jour où la mort a été vaincue. Quand les éditorialistes européens ricanent, ils ne ricanent pas de Trump. Ils ricanent de la moitié de l’Amérique. Et cette moitié les entend.
Khamenei, le guide suprême qui a joué et perdu
Le calcul raté d’un vieil homme à Téhéran
Ali Khamenei, 85 ans, guide suprême depuis 1989. Trente-six ans au pouvoir. Plus longtemps que Brejnev. Plus longtemps que Mao après la Révolution culturelle. Un homme qui a survécu à huit présidents américains, qui a vu tomber Saddam, qui a regardé l’Occident reculer à chaque fois qu’il avançait d’un pas. Son calcul était simple : enrichir lentement, nier systématiquement, attendre que l’Amérique se fatigue.
Le calcul a fonctionné avec Obama, qui a signé le JCPOA en 2015 — un accord que les Iraniens ont utilisé comme bouclier diplomatique pendant qu’ils développaient leurs missiles balistiques. Il a fonctionné avec Biden, qui a passé quatre ans à tenter de ressusciter un accord mort. Il n’a pas fonctionné avec Trump. Pas parce que Trump est plus intelligent. Parce que Trump ne négocie pas avec les gens qu’il considère comme des menteurs. Et Khamenei ment depuis 1989.
Le 20 avril 2025, à 14h30 heure de Téhéran, les premières frappes ont touché Natanz. Puis Fordow, enfoui sous la montagne. Puis Ispahan. Puis les sites de recherche de Parchin. En 72 heures, le programme nucléaire iranien a reculé de dix ans, selon les estimations du Institute for Science and International Security. Dix ans effacés en trois jours. Vingt-trois ans de diplomatie n’avaient pas obtenu trois mois de pause.
Je ne célèbre pas la guerre. Je constate un fait : quand un régime théocratique qui pend les homosexuels et tire sur ses propres adolescentes approche de la bombe atomique, le communiqué de presse ne suffit plus. Il n’a jamais suffi.
Les gardiens de la révolution sous les décombres
Les Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), 190 000 hommes, le vrai pouvoir militaire iranien, ont découvert ce que signifie la puissance aérienne américaine quand elle décide de ne plus se retenir. Le général Hossein Salami, commandant en chef des IRGC, a disparu de la circulation publique pendant 48 heures après les premières frappes. Quand il a reparu sur la télévision d’État iranienne, sa mâchoire tremblait. Pas de peur — de rage impuissante. La rage d’un homme qui réalise que ses défenses anti-aériennes S-300, achetées à Moscou, n’ont rien intercepté.
Moscou. Voilà un mot intéressant. Les S-300 russes vendus à l’Iran étaient censés être infranchissables. Poutine les avait livrés en 2016, avec la promesse implicite qu’ils transformeraient l’espace aérien iranien en forteresse. Le 20 avril 2025, les pilotes américains ont traversé cette forteresse comme on traverse un rideau de douche. Poutine n’a pas commenté. Son silence pesait plus lourd que n’importe quel communiqué.
Le peuple iranien — oublié par tout le monde, comme d'habitude
Mahsa Amini est morte pour rien si nous oublions son prénom
Mahsa Jina Amini, 22 ans, morte le 16 septembre 2022, à l’hôpital Kasra de Téhéran, trois jours après son arrestation par la police des mœurs pour un voile mal ajusté. Un voile. Quelques centimètres de cheveux visibles. Suffisant pour être battue jusqu’à ce que son cerveau gonfle et que ses fonctions vitales s’éteignent une par une dans un lit d’hôpital où personne n’a été autorisé à la voir mourir.
Après sa mort, l’Iran a brûlé. Le mouvement « Femme, Vie, Liberté » a jeté des centaines de milliers d’Iraniens dans les rues. Le régime a répondu comme il répond toujours : par les balles. 551 manifestants tués selon Iran Human Rights (IHR), basé à Oslo. 551. Dont 68 enfants. Dont Nika Shakarami, 16 ans, dont le corps a été retrouvé avec le crâne fracturé, le nez brisé, et des signes d’agression sexuelle. Le régime a rendu le corps à la famille en pleine nuit, à 4 heures du matin, en leur interdisant de l’ouvrir pour un examen indépendant.
Et pourtant, quand Trump frappe ce même régime, les mêmes voix qui avaient changé leur photo de profil en « Femme, Vie, Liberté » protestent. « Escalade dangereuse. » « Risque d’embrasement régional. » « Il faut revenir à la table des négociations. » La table des négociations. Celle où Mahsa Amini n’a jamais été invitée. Celle où Nika Shakarami n’aura jamais de chaise.
Quand je lis « escalade dangereuse », je traduis : « ne touchez pas au régime qui pend les homosexuels, parce que le prix du pétrole pourrait monter de trois dollars ». C’est ça, la vérité nue. Le reste est habillage.
Zahra, 34 ans, Téhéran, qui attend et espère
Sean Speer ne raconte pas cette histoire. C’est le BBC Persian Service qui l’a recueillie, le 21 avril 2025, au lendemain des frappes. Zahra — prénom modifié pour sa sécurité — a 34 ans, vit dans le sud de Téhéran, enseigne les mathématiques dans un lycée de filles. Elle a dit au micro, la voix coupée par la peur et quelque chose qui ressemblait à du soulagement : « Pour la première fois depuis que je suis née, quelqu’un a frappé ceux qui nous frappent. Je ne sais pas si c’est bien. Mais je sais que ça fait du bien. »
« Je ne sais pas si c’est bien. Mais je sais que ça fait du bien. » Cette phrase contient toute l’ambiguïté morale de l’opération. Toute la douleur. Toute la fatigue d’un peuple qui vit sous la botte depuis 1979 et qui regarde le monde débattre de son sort dans des colloques où personne ne parle farsi.
Le Canada regarde ses pieds
Ottawa, ou l’art de ne rien dire avec beaucoup de mots
Mark Carney, premier ministre du Canada depuis mars 2025, a publié un communiqué le 20 avril à 19h12, heure d’Ottawa. Vingt-sept mots. « Le Canada suit la situation avec attention et appelle toutes les parties à la retenue et au respect du droit international. » Vingt-sept mots pour ne rien dire. Zéro mention de l’Iran. Zéro mention du programme nucléaire. Zéro mention de Mahsa Amini, de Nika Shakarami, des 551 morts de 2022. Zéro mention de quoi que ce soit qui ressemblerait à une position.
Speer, qui connaît Ottawa comme sa poche — il a conseillé Stephen Harper, il a travaillé dans les entrailles de la machine conservatrice —, diagnostique le mal canadien avec une précision chirurgicale : le Canada confond la neutralité avec la vertu. Ne pas choisir n’est pas un acte de sagesse. C’est un acte de lâcheté quand les faits sont clairs. Et les faits, ici, sont d’une clarté aveuglante : un régime théocratique poursuivait l’arme nucléaire en mentant à la communauté internationale depuis deux décennies.
Le silence canadien n’est pas nouveau. En 2022, pendant les manifestations iraniennes, Ottawa a mis onze jours à imposer des sanctions symboliques contre des officiels iraniens. Onze jours. Nika Shakarami était morte depuis une semaine quand le premier communiqué est tombé. Le Canada a une diaspora iranienne de plus de 400 000 personnes. Ces gens votent. Ces gens regardent. Ces gens comptent les jours entre la mort de leurs cousins et le communiqué de leur gouvernement.
Le Canada que j’aime — celui de Vimy, de Juno Beach, de Roméo Dallaire hurlant dans le vide au Rwanda — ce Canada-là n’aurait pas mis vingt-sept mots dans un communiqué. Il aurait mis un drapeau sur la colline.
La leçon que Carney refuse d’apprendre
Carney est un homme brillant. Ancien gouverneur de la Banque du Canada, ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre — le seul humain à avoir dirigé deux banques centrales du G7. Il comprend les taux d’intérêt mieux que quiconque. Mais les taux d’intérêt ne meurent pas dans les rues de Téhéran. La compétence économique n’est pas un substitut au courage géopolitique. Et le courage, en politique étrangère canadienne, est un muscle atrophié depuis au moins quinze ans.
Speer le dit autrement, avec la politesse anglo-canadienne qui est la sienne : le Canada doit « retrouver une voix ». Moi, je le dis sans la politesse : le Canada doit cesser d’avoir peur de déplaire. À l’Iran. À la Russie. À la Chine. Au confort douillet de l’abstention permanente qui permet de critiquer tout le monde sans jamais risquer quoi que ce soit.
La foi comme arme — et comme bouclier
Ce que les laïcs ne comprennent pas de l’Amérique profonde
Il y a, dans les églises évangéliques du Tennessee, de l’Alabama, du Texas, un rapport au pouvoir militaire que l’Europe ne saisit pas. Ce n’est pas du fanatisme. Ce n’est pas de l’ignorance. C’est une théologie de la responsabilité : Dieu a placé l’Amérique dans une position de puissance, et cette puissance implique un devoir de protection. Protection d’Israël — oui, c’est biblique pour eux, et le nier ne le fait pas disparaître. Protection des innocents — les chrétiens persécutés d’Iran, d’Irak, de Syrie. Protection de l’ordre du monde contre ceux qui voudraient le détruire.
Robert Jeffress, pasteur de la First Baptist Church de Dallas, 16 000 membres, a prêché le dimanche de Pâques 2025 que les frappes sur l’Iran étaient « un acte de justice dans un monde injuste ». Seize mille personnes l’ont applaudi debout. Ce n’est pas une secte marginale. C’est le courant dominant du christianisme évangélique américain. Et c’est la base électorale qui a porté Trump au pouvoir deux fois.
Speer, dans son article du Hub, fait un travail rare pour un commentateur canadien : il prend cette réalité au sérieux. Il ne la condamne pas. Il ne la ridiculise pas. Il l’analyse. Il montre que la foi de Trump — sincère ou instrumentalisée, la question est secondaire — s’inscrit dans un continuum américain qui remonte aux Pères pèlerins du Mayflower. L’Amérique n’est pas un pays laïc qui a des croyants. C’est un pays croyant qui a des institutions laïques. La nuance est abyssale.
Je suis chroniqueur, pas pasteur. Mais je refuse de traiter 200 millions de croyants américains comme des idiots parce qu’ils prient avant le dîner. Ce mépris-là — celui des salons parisiens, des campus montréalais, des rédactions qui confondent athéisme et intelligence — ce mépris est une défaite intellectuelle avant d’être une erreur politique.
Quand l’athéisme devient une religion aussi aveugle
Richard Dawkins, le biologiste britannique devenu pape de l’athéisme militant, a tweeté le soir des frappes : « Un homme qui croit au paradis envoie des gens en enfer. La religion empoisonne tout. » Le tweet a récolté 340 000 likes. Et zéro analyse. Zéro contexte sur le programme nucléaire iranien. Zéro mention du fait que le régime qui venait d’être frappé est lui-même une théocratie — la théocratie la plus dangereuse du XXIe siècle.
Dawkins illustre exactement ce que Speer dénonce : l’athéisme de confort qui refuse de hiérarchiser les menaces. Trump prie et frappe l’Iran — c’est un fanatique. Khamenei prie et construit la bombe — c’est un problème géopolitique. La même prière, deux traitements radicalement différents. Parce que Trump est notre camp, et que nous le détestons suffisamment pour perdre tout discernement.
Israël respire — pour combien de temps
Netanyahou et les 7 minutes qui changent tout
Benjamin Netanyahou a été informé des frappes 7 minutes avant leur déclenchement, selon le Times of Israel. Sept minutes. Pas sept heures. Pas sept jours. Sept minutes — suffisamment pour ne pas pouvoir fuiter, pas assez pour protester. Trump a traité son plus proche allié au Moyen-Orient comme un passager, pas comme un copilote. Et Netanyahou a souri. Parce qu’après vingt ans à supplier l’Occident d’agir sur l’Iran, quelqu’un venait enfin d’agir.
Israël vit à 1 600 kilomètres de l’Iran. C’est la distance entre Montréal et Miami. Sauf qu’à Miami, personne ne développe une arme nucléaire en promettant de rayer Montréal de la carte. Khamenei l’a dit. Pas une fois. Des dizaines de fois. « Israël est un cancer qui doit être éradiqué. » Ce ne sont pas des métaphores. Ce sont des objectifs de politique étrangère, prononcés par un chef d’État, repris par ses commandants militaires, enseignés dans ses écoles.
Et pourtant, quand Israël exprime du soulagement après les frappes américaines, les mêmes commentateurs parlent de « bellicisme ». Un pays de 9 millions d’habitants menacé d’annihilation nucléaire par un régime de 88 millions d’habitants n’est pas belliciste quand il respire. Il est vivant.
Sept minutes. Le temps de faire un café. Le temps que Netanyahou comprenne que pour la première fois depuis deux décennies, il n’aurait pas à supplier. Quelqu’un avait décidé pour lui. Et ce quelqu’un mangeait de l’agneau en Floride.
L’Iran après la frappe — un tigre blessé ou un régime fini ?
Les analystes se divisent. Karim Sadjadpour, chercheur à la Carnegie Endowment, estime que le régime va se radicaliser. Ray Takeyh, au Council on Foreign Relations, pense au contraire que les frappes ont exposé la faiblesse structurelle d’un régime qui n’a plus les moyens de sa rhétorique. Les deux ont probablement raison — un régime peut être simultanément plus dangereux et plus fragile.
Ce qui est certain : le 21 avril 2025, les rues de Téhéran étaient plus silencieuses que d’habitude. Pas de manifestations de soutien au régime. Pas de foules scandant « Mort à l’Amérique ». Le silence. Celui d’un peuple qui calcule. Qui attend. Qui se souvient que la dernière fois qu’il est sorti dans la rue, on lui a tiré dessus.
L'Europe et son impuissance élégante
Macron a téléphoné — et puis rien
Emmanuel Macron a appelé Trump le 20 avril à 21h30, heure de Paris. L’appel a duré 23 minutes, selon l’Élysée. Le communiqué qui a suivi était un chef-d’œuvre de vacuité diplomatique : « La France appelle à la désescalade et au retour au multilatéralisme. » Le multilatéralisme. Ce mot que les présidents français utilisent comme un bouclier linguistique pour ne pas avoir à dire ce qu’ils pensent vraiment.
Ce que Macron pense vraiment, les diplomates le savent : il est soulagé. Soulagé que quelqu’un d’autre ait fait le sale travail. Soulagé de pouvoir critiquer l’action tout en bénéficiant de ses résultats. C’est la position européenne par excellence depuis 1945 : laisser l’Amérique assumer le coût moral et militaire de la sécurité mondiale, puis la sermonner depuis la tribune des Nations Unies.
Olaf Scholz, en Allemagne, a été encore plus transparent dans son impuissance. Son communiqué, publié 14 heures après les frappes, ne mentionnait même pas le programme nucléaire iranien. Quatorze heures. Le temps que Berlin vérifie que le gaz russe ne serait pas coupé en représailles. Parce que l’Allemagne, en 2025, dépend encore partiellement de l’énergie russe. Et la Russie est l’alliée de l’Iran. Et l’Allemagne ne veut fâcher personne. Surtout pas ceux qui chauffent ses maisons.
L’Europe que je respecte — celle de Churchill, de De Gaulle, de Walesa — n’existe plus que dans les musées. Ce qui reste, c’est une bureaucratie qui rédige des communiqués pendant que d’autres prennent les décisions qui comptent. Et qui se plaint ensuite de ne pas avoir été consultée.
L’OTAN à deux vitesses — le secret que tout le monde connaît
L’OTAN compte 32 membres. Combien auraient participé à l’opération contre l’Iran si on leur avait demandé ? Speer ne pose pas cette question directement, mais elle est implicite dans tout son texte. La réponse réaliste : les États-Unis, le Royaume-Uni, peut-être la France si on lui laissait une porte de sortie rhétorique. Les 29 autres auraient publié des communiqués.
2 % du PIB en défense. C’est l’engagement de chaque membre de l’OTAN depuis le sommet du Pays de Galles en 2014. Onze ans plus tard, en 2025, seuls 11 pays sur 32 atteignent ce seuil, selon les chiffres de l’OTAN publiés en février 2025. Le Canada dépense 1,37 %. L’Allemagne dépense 1,8 % — toujours en dessous, malgré le « Zeitenwende » de Scholz. Trump a raison de mépriser cette alliance de passagers clandestins. Ce n’est pas sa façon de le dire qui est le problème. C’est le fait que personne d’autre ne le dit.
Le vrai débat que personne ne veut avoir
La bombe iranienne aurait changé le monde — pas en mieux
Imaginez un instant. L’Iran nucléaire. Un régime qui finance le Hezbollah — 700 millions de dollars par an selon le Département d’État américain. Un régime qui arme les Houthis au Yémen. Un régime qui soutient le Hamas. Un régime qui a fourni des drones Shahed-136 à la Russie pour bombarder les immeubles résidentiels de Kyiv, Odessa, Kharkiv. Ce régime, avec la bombe.
L’Arabie saoudite aurait lancé son propre programme nucléaire en six mois. Mohammed ben Salmane l’a dit explicitement à la CBS en 2018 : « Si l’Iran développe la bombe, nous ferons de même immédiatement. » La Turquie aurait suivi. L’Égypte aurait reposé la question. En cinq ans, le Moyen-Orient serait devenu un archipel nucléaire — sept ou huit puissances atomiques dans la région la plus instable de la planète.
Trump a empêché ça. Pas avec un discours. Pas avec une résolution. Avec des B-2 Spirit et des bunker busters GBU-57 de 13 600 kilos chacun, conçus spécifiquement pour atteindre les centrifugeuses enfouies sous 80 mètres de roche à Fordow. La diplomatie n’avait pas de bombe de 13 600 kilos. C’est pour ça qu’elle avait échoué.
On me dira : tu glorifies la guerre. Non. Je constate que la paix des lâches — celle qui consiste à supplier un régime terroriste de bien vouloir arrêter d’enrichir l’uranium — n’a jamais été la paix. C’était un sursis acheté au prix de la prochaine catastrophe.
Le fantôme de Chamberlain plane encore
30 septembre 1938. Neville Chamberlain descend d’avion à Heston, agite un papier, prononce les mots les plus catastrophiques de l’histoire diplomatique : « Peace for our time. » Onze mois plus tard, l’Allemagne envahissait la Pologne. Six ans plus tard, 60 millions de morts. Le papier de Chamberlain n’avait pas acheté la paix. Il avait acheté le temps nécessaire à Hitler pour se préparer.
Le JCPOA de 2015 était le papier de Chamberlain version nucléaire. Les mêmes sourires. La même bonne volonté affichée. Le même refus de regarder la réalité : l’Iran ne voulait pas un accord. L’Iran voulait du temps. Et nous lui en avons donné dix ans.
Poutine regarde — et calcule
Moscou, le partenaire silencieux de Téhéran
Vladimir Poutine a regardé les frappes sur l’Iran depuis le Kremlin avec un mélange de calcul et d’inquiétude que les analystes peinent encore à déchiffrer. La Russie et l’Iran sont des alliés de circonstance — liés par la Syrie, par les sanctions occidentales, par un ennemi commun à Washington. Poutine a fourni les S-300. L’Iran a fourni les Shahed-136 qui tuent des civils ukrainiens chaque nuit.
Le message de Trump à Poutine, via l’Iran, est d’une clarté militaire absolue : vos systèmes de défense ne fonctionnent pas. Vos alliés ne sont pas à l’abri. Et si nous pouvons atteindre Fordow sous 80 mètres de roche, nous pouvons atteindre n’importe quoi, n’importe où. Ce message n’est pas destiné à Téhéran. Il est destiné à Moscou et à Pékin.
Et pourtant, le même message devrait résonner à Kyiv. Si Trump peut mobiliser la puissance aérienne américaine contre l’Iran, pourquoi pas contre les positions russes qui bombardent l’Ukraine ? Volodymyr Zelensky a posté sur Telegram le 21 avril, sans commentaire, une seule phrase : « La force protège. L’inaction tue. » Cinq mots. Le reproche le plus élégant jamais adressé à un allié.
Zelensky regarde Trump frapper l’Iran et pense : pourquoi pas nous ? Pourquoi l’Iran mérite des B-2 et l’Ukraine mérite des communiqués de soutien ? C’est la question la plus douloureuse de 2025. Et personne à Washington n’y répond.
L’axe Téhéran-Moscou-Pékin — fissuré ou renforcé ?
Xi Jinping n’a pas commenté les frappes pendant 36 heures. Quand le ministère des Affaires étrangères chinois a finalement réagi, le porte-parole Mao Ning a utilisé la formulation standard : « La Chine s’oppose à l’usage de la force dans les relations internationales. » La même phrase que Pékin utilise depuis trente ans pour chaque conflit qui ne la concerne pas directement. Sauf que celui-ci la concerne. Parce que la Chine importe 1,5 million de barils de pétrole iranien par jour, en contournant les sanctions américaines via des tankers « fantômes » immatriculés au Cameroun ou aux Comores.
Si l’Iran s’effondre — ou se réforme sous la pression — la Chine perd un fournisseur bon marché et un allié de nuisance contre Washington. Xi calcule. Il calcule toujours. Et dans son calcul, les frappes de Trump sur l’Iran sont moins un événement militaire qu’un signal stratégique : l’Amérique n’est pas fatiguée. L’Amérique n’a pas abandonné. L’Amérique, sous Trump, frappe d’abord et explique ensuite.
Respecter la croyance — le courage que l'Occident a perdu
Le vrai sujet de l’article de Speer
Derrière l’Iran, derrière les frappes, derrière le déjeuner pascal, Sean Speer parle en réalité d’autre chose : du mépris systématique de l’Occident laïc envers la croyance religieuse. Pas seulement la croyance chrétienne. Toute croyance. Le réflexe pavlovien des élites éduquées qui associent la foi à l’ignorance, la prière à la faiblesse, et la conviction religieuse à un retard cognitif qu’il faudrait guérir par l’éducation.
Ce mépris a un coût politique mesurable. Aux États-Unis, il a produit Trump. L’Amérique qui prie — les évangéliques blancs, les catholiques latinos, les Noirs baptistes du Sud — a regardé les élites côtières ricaner de sa foi pendant des décennies. Puis elle a voté. Deux fois pour Trump. Pas malgré sa foi affichée. À cause d’elle. Parce que Trump, quoi qu’on pense de sa sincérité, ne ricane pas. Il s’assoit à table. Il ferme les yeux. Il prie.
Au Canada, le même mépris produit un vide. Les églises se vident — moins de 20 % des Canadiens assistent à un service religieux mensuel selon Statistique Canada (2023). Mais le besoin de sens ne disparaît pas avec la fréquentation des églises. Il migre. Vers le wokisme comme religion de substitution. Vers le complotisme comme théologie alternative. Vers le populisme comme promesse de salut. On n’a pas supprimé Dieu. On l’a remplacé par des versions plus dangereuses de lui-même.
Je ne suis pas théologien. Je suis un gars qui regarde les données et qui voit ceci : les sociétés qui méprisent la croyance ne deviennent pas rationnelles. Elles deviennent vides. Et les vides se remplissent toujours — rarement par ce qu’on espérait.
La laïcité comme arme de classe
En France, la laïcité est devenue ce que la noblesse était avant 1789 : un marqueur de classe déguisé en principe universel. Les élites parisiennes qui dînent chez Lipp ne croient en rien — et considèrent cette absence de croyance comme un signe de supériorité intellectuelle. L’ouvrier de Lens qui va à la messe du dimanche est, dans leur regard, un être inachevé. Un pré-moderne qui n’a pas encore compris.
Trump a compris. Pas la théologie — il serait bien incapable de distinguer un épitre de Paul d’une clause contractuelle. Mais il a compris le mépris. Il l’a senti. Et il a offert à ceux qui le subissent quelque chose que les élites leur refusaient : le respect. Pas la condescendance bienveillante du « on comprend que vous ayez besoin de ça ». Le respect brut. Celui qui dit : votre foi compte. Elle est réelle. Elle a sa place dans la salle où les décisions se prennent.
Le coût humain qu'on ne compte jamais
Les soldats qui ont appuyé sur le bouton
Quelque part au-dessus du Golfe persique, dans le cockpit d’un F-35A, un pilote américain — appelons-le Lieutenant Davis, 28 ans, de Tulsa, Oklahoma — a lâché ses munitions sur une cible qu’il ne voyait que comme un point sur un écran. Il portait une croix sous sa combinaison de vol. Sa mère lui avait envoyé un message le matin : « Joyeuses Pâques, mon fils. Dieu te protège. » Il avait répondu par un emoji de cœur. Puis il avait décollé pour bombarder un pays.
On ne parle jamais de ces hommes et de ces femmes. Pas les généraux. Pas les présidents. Les pilotes. Ceux qui exécutent. Qui dorment mal. Qui se demanderont dans dix ans si le point sur l’écran était bien ce qu’on leur avait dit. Le syndrome de stress post-traumatique touche 23 % des vétérans de combat américains selon le Department of Veterans Affairs. Le lieutenant Davis sera peut-être l’un d’eux. Sa mère priera pour lui. Encore. Longtemps.
Et pourtant, les mêmes éditorialistes qui ne mentionnent jamais le nom d’un pilote commenteront pendant des semaines le « ton provocateur » du message pascal de Trump. Le ton. Pendant que des gosses de 28 ans volent à Mach 1.6 au-dessus d’un pays hostile avec une croix autour du cou.
Le lieutenant Davis n’existe peut-être pas sous ce nom. Mais il existe sous un autre. Et il a reçu un message de sa mère ce matin-là. Et il a décollé quand même. Parce que c’était son devoir. Et parce qu’il croyait, lui aussi, que ce qu’il faisait était juste. Ce croire-là mérite au minimum notre silence respectueux.
Les morts iraniens que personne ne comptera
Le Pentagone a annoncé zéro perte civile. Chaque guerre commence par cette phrase. Chaque guerre finit par la contredire. Les frappes de précision ne sont précises que dans les conférences de presse. Sur le terrain, il y a toujours le gardien de nuit qui n’était pas sur la liste. Le chauffeur de camion qui passait trop près. La famille qui vivait dans le bâtiment d’à côté.
Airwars, l’ONG britannique qui documente les victimes civiles des frappes aériennes, a commencé son décompte. Les premiers rapports, datés du 23 avril, font état de « probables victimes civiles dans au moins trois sites ». Probables. Le mot le plus lâche du vocabulaire militaire. Probables, c’est-à-dire certaines, mais pas encore prouvées au point de ne plus pouvoir être niées.
Ce que Speer a vraiment écrit — et ce qu'il n'a pas osé écrire
L’article du Hub, relu à froid
L’article de Sean Speer publié le 6 avril 2025 dans The Hub est un texte de 2 200 mots qui fait trois choses simultanément : il contextualise les frappes iraniennes dans la tradition religieuse américaine, il critique le mépris laïc envers la croyance, et il appelle le Canada à prendre position. Les deux premières thèses sont brillantes. La troisième est inachevée.
Speer s’arrête au bord du gouffre. Il dit que le Canada doit « retrouver une voix ». Mais il ne dit pas laquelle. Il ne dit pas : le Canada doit soutenir les frappes. Il ne dit pas : le Canada doit admettre que Trump a eu raison. Il laisse une porte de sortie. La porte de sortie du commentateur prudent qui veut être réinvité aux tables rondes d’Ottawa. C’est la seule faiblesse d’un texte par ailleurs remarquable.
Ce que Speer n’a pas osé écrire, je l’écris : Trump a eu raison de frapper l’Iran. Pas parce qu’il est Trump. Pas parce que la guerre est bonne. Mais parce que chaque alternative — la négociation, les sanctions, l’attente, l’espoir — avait été essayée et avait échoué. Et quand toutes les alternatives ont échoué, l’action n’est plus un choix. C’est une nécessité.
Écrire « Trump a eu raison » dans une chronique me coûte quelque chose. Des lecteurs partiront. Des amis lèveront les yeux au ciel. Mais un chroniqueur qui n’écrit que ce qui plaît n’est pas un chroniqueur. C’est un serveur.
Le test de la crédibilité — dire ce qui coûte
Speer a le mérite d’avoir publié son texte dans un média canadien, où le consensus est à la prudence, où l’air ambiant est saturé de « d’un côté… de l’autre ». The Hub, fondé en 2021, est devenu l’un des rares espaces médiatiques au Canada où l’on peut écrire une pensée complète sans la couper en deux par précaution.
La crédibilité d’un chroniqueur se mesure à ce qu’il dit quand c’est difficile de le dire. Pas quand tout le monde est d’accord. Pas quand la foule applaudit. Quand le silence serait plus confortable. Quand publier fait perdre des amis. C’est dans ce silence inconfortable que naissent les seuls textes qui comptent.
La montre qui ne s'arrête pas
Pâques 2025 — le jour où le monde a choisi
Le 20 avril 2025 restera dans l’histoire comme le jour où un président américain a pris la décision que ses prédécesseurs avaient refusé de prendre pendant vingt-trois ans. Il l’a prise un dimanche. Un dimanche de Pâques. Le jour de la résurrection. Les historiens noteront la coïncidence. Les croyants y verront un signe. Les athées hausseront les épaules. L’Iran, lui, comptera ses ruines.
Zahra, la professeure de mathématiques de Téhéran, retournera dans sa classe le lundi matin. Elle enseignera les équations à des adolescentes qui ne portent plus le voile en classe — pas depuis les manifestations de 2022, quand les filles ont décidé collectivement de l’enlever et que les directrices, épuisées, ont cessé de punir. Zahra posera sa craie sur le tableau. Elle regardera la fenêtre. Elle pensera à la nuit d’avant, aux explosions lointaines, au sol qui tremblait sous ses pieds dans son appartement du cinquième étage. Elle pensera à la phrase qu’elle a dite au micro de la BBC.
« Je ne sais pas si c’est bien. Mais je sais que ça fait du bien. »
Cette phrase me hante. Parce qu’elle est honnête d’une façon que nos analyses géopolitiques ne le sont jamais. Parce qu’elle admet ce que nous refusons d’admettre : que la morale et le soulagement ne marchent pas toujours ensemble. Que la bonne réponse peut faire mal. Et que la mauvaise réponse — ne rien faire — fait encore plus mal, mais en silence, lentement, dans les appartements du cinquième étage où personne ne vient poser de micro.
La nappe est pliée — le monde, lui, ne l’est pas
À Mar-a-Lago, les serveurs débarrassent. La nappe blanche est pliée. Les œufs peints sont rangés. Melania est remontée. Barron a disparu dans l’aile est. Trump est dans le bureau, téléphone à l’oreille, cravate desserrée. On lui confirme que Fordow a été touché à 97 % de capacité de destruction. Il hoche la tête. Raccroche. Regarde par la fenêtre les palmiers de Floride qui bougent à peine dans la brise du soir.
Quelque part dans le sud de Téhéran, Zahra éteint la lumière de sa chambre. Elle entend encore les avions. Ou croit les entendre. Le silence après les frappes ressemble au silence d’avant les frappes, mais il ne pèse pas la même chose. Il est plein de quelque chose qui n’a pas encore de nom.
La nappe est pliée. La prière est finie. Les bombes sont tombées. Et demain, il faudra vivre avec tout ça en même temps — la foi, la force et les morts qu’on ne comptera pas.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence
Position et méthode
Cette chronique prend position. L’auteur, Maxime Marquette, est un chroniqueur qui assume une ligne éditoriale pro-occidentale, pro-ukrainienne, et favorable à l’action militaire contre les régimes qui poursuivent l’arme nucléaire en violation de leurs engagements internationaux. Cette position ne prétend pas à la neutralité — elle prétend à l’honnêteté.
Les faits cités sont sourcés. Les citations attribuées proviennent de sources identifiées. Le personnage du « Lieutenant Davis » est une construction narrative fondée sur des témoignages réels de pilotes de combat — son nom est fictif, sa réalité ne l’est pas. Zahra est un prénom modifié, le témoignage a été diffusé par le BBC Persian Service.
Ce que cette chronique n’est pas
Cette chronique n’est pas un reportage. Elle n’est pas un article de recherche. Elle est l’analyse engagée d’un chroniqueur qui lit, recoupe, ressent, et écrit. Le lecteur est invité à vérifier chaque fait, à contester chaque opinion, et à former son propre jugement. C’est à ça que sert la chronique : non pas à remplacer la pensée du lecteur, mais à la provoquer.
L’article de Sean Speer dans The Hub a servi de point de départ. Cette chronique le prolonge, le conteste par endroits, et le dépasse sur la question de la prise de position. Les erreurs, s’il y en a, sont les miennes.
Sources
Sources principales
AIEA — Rapports de vérification sur le programme nucléaire iranien, 2023-2025
Pew Research Center — Données sur la religiosité américaine, 2024
Iran Human Rights (IHR) — Rapport sur les victimes des manifestations iraniennes de 2022
Sources complémentaires
Wall Street Journal — Couverture des développements nucléaires iraniens, mars 2025
New York Times — Rapports sur le processus décisionnel de la Maison-Blanche, avril 2025
Times of Israel — Couverture de la réaction israélienne aux frappes, avril 2025
Airwars — Monitoring des victimes civiles des frappes aériennes, avril 2025
Carnegie Endowment for International Peace — Analyses de Karim Sadjadpour sur l’Iran
Council on Foreign Relations — Analyses de Ray Takeyh sur le régime iranien
BBC Persian Service — Témoignages recueillis à Téhéran, 21 avril 2025
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