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CHRONIQUE : Le détroit d’Ormuz, la montre de Trump, et les morts qu’on ne compte plus
Crédit: Adobe Stock

La phrase exacte que Trump a prononcée

Donald Trump a donné à l’Iran une échéance : mardi 20 heures, heure de Washington — soit mercredi 0 heure GMT. Si Téhéran ne rouvre pas le détroit d’Ormuz, il a promis à l’ennemi iranien de « vivre en enfer ». Pas de conditionnel. Pas de nuance. Pas de « nous envisagerions ». Vivre en enfer. Trois mots. Un président américain qui parle à une nation de 88 millions d’habitants comme on menace un débiteur en retard.

Et pourtant, il faut entendre ce que cette phrase contient vraiment. Il ne menace pas les Gardiens de la Révolution. Il ne menace pas le Guide suprême. Il menace l’Iran — c’est-à-dire les femmes qui font la queue pour du pain à Téhéran, les étudiants de l’Université technologique Sharif dont le campus a été bombardé ce matin, les infirmières des huit hôpitaux évacués lundi. Il les menace d’enfer. Comme si leur quotidien n’en était pas déjà un.

Il y a quelque chose de profondément obscène dans le fait qu’un homme assis dans le Bureau ovale puisse donner à un pays entier une date limite pour exister normalement — et que personne, nulle part, ne puisse lui répondre à voix égale.

Les ponts et les centrales sont les prochains

Trump ne s’en cache pas. Il a déjà listé les cibles suivantes si l’échéance n’est pas respectée : les ponts et les centrales électriques iraniennes. Pas les bases militaires. Pas les sites de lancement. Les ponts — ceux que traversent les ambulances. Les centrales — celles qui alimentent les respirateurs dans les hôpitaux qu’on vient d’évacuer. Le président américain a officiellement annoncé qu’il passerait des cibles militaires aux infrastructures civiles.

Le porte-parole du commandement militaire iranien a répondu que « les prochaines phases de nos opérations offensives et de représailles seront bien plus dévastatrices et étendues ». Kazem Gharibabadi, des Affaires étrangères iraniennes, a dénoncé de possibles « crimes de guerre ». Il a raison sur le terme. Mais qui, ce soir, a le pouvoir de faire autre chose que dénoncer ? La dénonciation est devenue le dernier refuge de ceux qui n’ont plus rien.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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