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COMMENTAIRE : Zelensky en Syrie, quand Kyiv plante son drapeau dans l’ancien fief de Poutine
Crédit: Adobe Stock

Un contexte régional qui change tout

Pour comprendre pourquoi Zelensky est à Damas le 5 avril 2026, il faut comprendre ce qui se passe autour de la Syrie. La guerre entre les États-Unis et Israël d’un côté et l’Iran de l’autre a reconfiguré le Moyen-Orient à une vitesse que les analystes géopolitiques peinent à suivre. Des frappes israéliennes sur les capacités nucléaires iraniennes. Des ripostes iraniennes avec des drones et des missiles sur des bases américaines dans le Golfe. Des milices pro-iraniennes activées de l’Irak jusqu’au Yémen. La région est dans un état de volatilité maximale. Les marchés pétroliers sont sous tension. Les routes maritimes sont menacées. Les gouvernements arabes qui ont normalisé leurs relations avec Israël via les Accords d’Abraham se retrouvent dans des positions politiquement intenables.

Dans ce contexte, les États qui résistent à l’influence iranienne cherchent des partenaires. La Syrie d’al-Sharaa — qui a renversé un régime maintenu au pouvoir précisément par l’Iran et le Hezbollah — est dans une position particulièrement délicate. Elle a besoin de protéger sa souveraineté fraîchement recouvrée contre des pressions qui viendront inévitablement de Téhéran et de ses proxies. Elle a besoin de construire des capacités sécuritaires rapidement. Et Zelensky arrive avec une offre concrète : partageons notre expérience de quatre ans de guerre contre un partenaire de l’Iran. Cet échange de savoir-faire militaire entre l’Ukraine et la Syrie est, dans la logique de ce moment historique, parfaitement rationnel.

La tournée du Golfe comme stratégie globale

La visite à Damas n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une tournée régionale extensive que Zelensky a menée en mars-avril 2026 : Qatar, Arabie Saoudite, Turquie, Émirats arabes unis, et maintenant Syrie. Cette séquence géographique a une logique interne. L’Ukraine cherche à diversifier ses alliances diplomatiques au-delà du bloc occidental, à construire des ponts avec des pays qui, jusqu’à récemment, maintenaient une neutralité inconfortable face à la guerre russo-ukrainienne. Le Qatar joue un rôle de médiateur dans plusieurs conflits. L’Arabie Saoudite maintient des relations commerciales complexes avec la Russie via l’OPEP+. La Turquie vend des drones Bayraktar à l’Ukraine tout en gardant le canal de dialogue avec Moscou.

Chaque escale a ses propres calculs. Chaque escale envoie un message au Kremlin : l’Ukraine n’est pas isolée, elle n’est pas la partie faible d’un conflit bilatéral, elle est un acteur diplomatique global qui construit des relations sur tous les continents, y compris ceux que la Russie croyait lui appartenir. Et pourtant, certains commentateurs occidentaux continuent de traiter la politique étrangère de Zelensky comme une série de demandes d’aide. Cette lecture rate l’essentiel. Zelensky ne demande pas. Il offre. Et ce qu’il offre — l’expérience de la résistance, la crédibilité du combat, le prestige de celui qui n’a pas cédé — a une valeur que l’argent ne peut pas acheter.

Zelensky ne fait pas la manche dans les capitales du Golfe. Il vend quelque chose que seule l’Ukraine possède : la preuve que l’on peut tenir contre l’axe russo-iranien, et survivre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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