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OPINION : Soixante ans de « Mort à l’Amérique » — le jour où la patience a une date d’expiration
Crédit: Adobe Stock

Le sang de leur propre peuple sur les mains — et personne ne bronche

Mahsa Amini. 22 ans. Morte le 16 septembre 2022. Arrêtée par la police des mœurs à Téhéran pour un voile mal ajusté. Battue dans le fourgon. Décédée à l’hôpital Kasra trois jours plus tard. Le régime qui l’a tuée est le même régime qui crie « Mort à l’Amérique ». Le même. Pas un autre. Pas une branche dissidente. Le même appareil, les mêmes uniformes, les mêmes matraques, le même mépris total pour la vie humaine — que cette vie soit américaine, israélienne ou iranienne.

Nika Shakarami avait 16 ans. Le 20 septembre 2022, quatre jours après la mort de Mahsa, elle est sortie manifester à Téhéran. Son dernier message à une amie, envoyé à 21h17 : « Ils nous poursuivent. » Son corps a été retrouvé 10 jours plus tard. Le crâne fracturé. Le nez brisé. Le bassin en morceaux. Les autorités ont dit qu’elle s’était « jetée d’un immeuble ». Sa mère n’a pas été autorisée à voir le corps. On l’a forcée — devant les caméras de la télévision d’État, sous la lumière blanche des projecteurs, avec un homme en civil debout derrière elle — à déclarer que sa fille n’avait pas été tuée par les forces de sécurité. Une mère obligée de mentir sur la mort de son enfant. Sous la menace. Devant le pays entier.

Kian Pirfalak avait 9 ans. Neuf ans. Il a été abattu par balle le 16 novembre 2022 à Izeh, dans la province du Khuzestan, alors qu’il était assis à l’arrière de la voiture de son père. Les Gardiens de la Révolution ont ouvert le feu sur un véhicule civil. Kian dessinait des maisons dans un cahier la veille. Des maisons avec des jardins et des soleils. Le lendemain, ses parents l’enterraient. Ce sont ces gens — ces tueurs d’enfants de 9 ans — que le monde nous demande de traiter avec « retenue » et « proportionnalité ».

Un régime qui tire sur ses propres enfants n’est pas un interlocuteur diplomatique. C’est un criminel en sursis. Et le sursis vient d’expirer.

Les manifestations de novembre 2019 — le massacre que le monde a choisi d’oublier

Avant Mahsa Amini, avant « Femme, Vie, Liberté », il y a eu novembre 2019. Le régime a augmenté le prix de l’essence de 200 % en une nuit. Le peuple iranien est descendu dans la rue. La réponse du régime : un massacre. En moins de 72 heures, les forces de sécurité iraniennes ont tué entre 1 000 et 1 500 manifestants selon l’agence Reuters, qui a cité des responsables du ministère de l’Intérieur iranien. Mille cinq cents personnes. En trois jours. Pour avoir protesté contre le prix de l’essence.

Le Guide suprême Ali Khamenei — personnellement, nommément, Ali Khamenei — a donné l’ordre. Le 17 novembre 2019, il a déclaré : « Faites ce qu’il faut pour mettre fin aux troubles. » « Ce qu’il faut » signifiait des balles réelles tirées dans la tête et la poitrine de manifestants désarmés. Les hôpitaux de Téhéran, Chiraz, Ispahan et Kermanshah ont reçu des corps par dizaines. Certains hôpitaux ont été interdits de soigner les blessés — sur ordre des Gardiens de la Révolution. On a laissé des gens mourir de leurs blessures dans la rue pour que les autres comprennent le message. Et le monde ? Le monde a publié un communiqué.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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