Le marteau et l’enclume à l’est de la ville
Dix-neuf attaques autour de Kostiantynivka en une demi-journée. Les localités touchées portent des noms que les cartes occidentales n’affichent même pas : Pleshchiivka, Ivanopillia, Stepanivka, Illinivka, Rusyn Yar, Sofiivka, Novopavlivka. Chacune est un hameau, un carrefour, un bosquet. Chacune vaut des vies parce qu’elle commande un angle de tir ou une route d’approvisionnement.
Deux de ces assauts étaient encore en cours à 16 heures. Les défenseurs de cette direction ne reçoivent pas de pause entre les vagues. L’armée russe applique une tactique d’attrition par saturation : envoyer des groupes d’assaut successifs, souvent de cinq à quinze hommes, pour épuiser les munitions et la résistance nerveuse des positions ukrainiennes. La quantité remplace la qualité. La chair remplace la stratégie.
Dix-neuf attaques sur un seul axe en huit heures. Imaginez votre journée de travail. Imaginez que toutes les vingt-cinq minutes, quelqu’un essaie de vous tuer. Et que votre journée ne se termine pas à 17 heures.
Kostiantynivka, ville fantôme qui refuse de mourir
Avant la guerre, Kostiantynivka comptait environ 67 000 habitants. Aujourd’hui, il en reste quelques milliers — les vieux, les obstinés, ceux qui n’ont nulle part où aller. Le 6 septembre 2023, un missile russe avait frappé le marché central, tuant 17 civils. Valentyna, 62 ans, vendeuse de tomates, était morte à côté de sa balance encore allumée. La ville n’a pas été reconstruite. Elle est défendue.
Les forces ukrainiennes se battent pour des ruines. Mais ces ruines sont la dernière ligne avant que le front ne se rapproche de Kramatorsk et de Sloviansk, les deux villes jumelles que la Russie convoite depuis 2014. Perdre Kostiantynivka, c’est ouvrir un couloir. Et pourtant on n’en parle presque plus dans les médias occidentaux.
Pokrovsk : dix-huit assauts et la menace sur le nœud logistique
La ville que Moscou veut depuis un an
Pokrovsk. Dix-huit tentatives de percée ce matin. Les noms défilent comme un chapelet de guerre : Ivanivka, Rodynske, Myrnohrad, Shevchenko, Hryshyne, Udachne, Novomykolaivka, Molodetske, Novopidhorodne. Trois assauts toujours en cours au moment du bilan. La pression russe sur cet axe ne faiblit pas depuis l’été 2024.
Pokrovsk est un nœud ferroviaire et routier qui alimente une partie de la logistique ukrainienne dans le Donbas. Sa chute couperait des lignes d’approvisionnement vitales. L’armée russe le sait. Elle y consacre des bataillons entiers, vague après vague, jour après jour. Le 9 avril 2026, trois combats y faisaient encore rage à l’heure où ce bilan a été rédigé.
Pokrovsk, Myrnohrad, Shevchenko — je lis ces noms chaque matin depuis des mois. Ils sont devenus familiers comme des stations de métro. Sauf qu’à chaque station, des hommes meurent pour que la suivante tienne encore un jour.
Le piège de la lenteur
La Russie n’avance pas vite. Quelques centaines de mètres ici, un village rasé là. Mais elle avance. Et la lenteur est un piège cognitif : ce qui est lent semble moins grave. Ce qui est quotidien semble normal. Ce qui est normal cesse d’indigner. Le front de Pokrovsk illustre cette mécanique avec une précision cruelle — chaque semaine, la ligne recule d’un rien, et chaque rien s’additionne.
Volodymyr Zelensky a averti le même jour : abandonner le Donbas ouvrirait la porte à un assaut russe sur Kharkiv et Dnipro. Ce n’est pas de la rhétorique. C’est de la géographie. Les cartes ne mentent pas, même quand les diplomates le font.
Huliaipole : le front oublié se réveille
Dix attaques sur un secteur qu’on croyait calme
L’état-major signale une « activité accrue » dans la direction de Huliaipole. Dix assauts depuis le matin. Zaliznychne, Varvarivka, Hirske, Huliaipilske, Staroukrainka — autant de points d’appui que l’armée russe tente de percer. Trois de ces attaques étaient encore en cours à 16 heures.
Huliaipole est la ville natale de Nestor Makhno, l’anarchiste ukrainien. Ironie que l’histoire ne relève pas : un siècle plus tard, c’est encore là que des hommes se battent contre une armée impériale venue du nord. La ville elle-même est à portée d’artillerie russe depuis des mois. Ses rues sont vides. Ses caves sont pleines.
Dix attaques sur Huliaipole, et pas une ligne dans la presse francophone ce soir. On ne peut pas en vouloir aux rédactions — il y a soixante-quatre assauts à couvrir en même temps. Mais l’invisibilité d’un front n’en réduit pas la létalité.
L’hypothèse d’un nouveau point de fixation
L’augmentation soudaine de l’activité russe dans la direction de Huliaipole pose une question que les analystes militaires surveillent : s’agit-il d’une diversion pour soulager la pression sur d’autres axes, ou d’une nouvelle tentative de percée vers Zaporijjia ? La ville de Zaporijjia, quatrième plus grande d’Ukraine, se trouve à environ 80 kilomètres au nord-ouest.
Si Moscou ouvre un troisième axe de pression majeur en plus de Kostiantynivka et Pokrovsk, les forces ukrainiennes devront étirer encore davantage des ressources déjà tendues à l’extrême. C’est précisément le calcul russe : non pas percer, mais épuiser. Et pourtant les défenseurs tiennent. Chaque jour. Sans éditorial dans Le Monde pour le rappeler.
Les bombes planantes et les roquettes : le ciel qui ne protège plus
Quarante-sept bombardements sur le nord
Dans les directions Nord-Slobozhanshchyna et Koursk, les forces russes ont bombardé les positions ukrainiennes 47 fois depuis le matin. Deux salves de lance-roquettes multiples. Trois bombes aériennes guidées — les fameuses KAB, ces bombes planantes de 500 à 1 500 kilogrammes que l’aviation russe largue depuis l’espace aérien russe, hors de portée de la défense antiaérienne ukrainienne.
Les localités frappées dans la région de Soumy forment une litanie : Budky, Bachivsk, Khliborob, Tovstodubove, Korenok, Rohizne, Volfyne, Stepanivka, Ryzhivka, Iskryskivshchyna, Chervone, Shalyhyne, Vorozhba, Starykove, Prohres. Quinze noms. Quinze villages qui ont reçu des obus ou des bombes avant le déjeuner.
Quinze villages bombardés dans une seule région en une matinée. On pourrait les énumérer comme des perles sur un collier. Chaque perle est un toit effondré, une cour criblée, un chien qui hurle dans la fumée.
Tchernihiv aussi dans le viseur
Dibrova et Liskivshchyna, dans la région de Tchernihiv, ont également été frappées. Ces bombardements au nord rappellent que la menace russe ne se limite pas au Donbas. La frontière nord de l’Ukraine est une zone grise où l’artillerie russe pilonne régulièrement depuis le territoire russe, sans que les forces ukrainiennes puissent riposter efficacement sur les positions de tir ennemies.
Les frappes aériennes ont aussi touché Vozdvyzhivka, Tsvitkove, Viktorivka, Zelena Dibrova, Krynyvka, Samiylivka, Barvinivka, Shyroke et Liubytske. Neuf localités supplémentaires. La géographie de la destruction s’étend comme une tache d’encre sur un buvard mouillé.
Vovchanski Khutory : le front nord qui ne s'éteint pas
Deux assauts sur un hameau en ruines
Dans la direction Sud-Slobozhanshchyna, l’armée russe a tenté deux fois de progresser près de Vovchanski Khutory. L’un de ces assauts était toujours en cours à 16 heures. Ce nom est devenu synonyme de guerre urbaine acharnée depuis mai 2024, quand la Russie avait lancé son offensive surprise dans la région de Kharkiv.
Vovchanski Khutory n’est plus un village. C’est un squelette de béton et de terre retournée où des soldats se battent maison par maison, cave par cave. Les images satellites montrent des rues sans un seul bâtiment intact. Des défenseurs ukrainiens tiennent dans des structures qui ne ressemblent plus à rien de ce qu’elles étaient. Et pourtant ils tiennent.
Se battre pour un hameau dont il ne reste rien — c’est l’absurdité fondamentale de cette guerre. Sauf que ce n’est pas absurde. Chaque mètre cédé est un mètre de plus vers Kharkiv. Les soldats le savent. Nous, on l’oublie.
Lyman, Kupiansk : les assauts de diversion
Dans la direction de Kupiansk, quatre opérations d’assaut ont été menées près de Petropavlivka et Novoosynove. Dans la direction de Lyman, trois tentatives vers Novomykhailivka, Tverdokhlibove et Lyman même — les trois toujours en cours. Ces axes secondaires absorbent des forces ukrainiennes qui pourraient être redéployées ailleurs.
C’est le principe même de la guerre d’attrition à large spectre : forcer l’ennemi à défendre partout en même temps, pour qu’il ne soit fort nulle part. L’état-major russe ne cherche pas la victoire décisive. Il cherche l’effondrement par accumulation. Chaque jour sans percée majeure est présenté comme un échec russe par les commentateurs. Mais chaque jour, les défenseurs ukrainiens vieillissent d’une semaine.
Le pont Antonivskyi et le Dniepr : trois assauts dans les marais
La tête de pont qui refuse de se former
Dans la direction Prydniprovske, trois opérations d’assaut ont été lancées vers le pont Antonivskyi. Un combat était encore en cours. Ce pont — ou plutôt ce qui en reste — enjambe le Dniepr dans la région de Kherson. Les forces ukrainiennes maintiennent des positions sur la rive gauche du fleuve depuis l’automne 2023, dans des conditions que les rapports officiels ne décrivent jamais en détail.
Les soldats qui tiennent ces positions vivent dans la boue, sous un feu constant, avec le fleuve dans le dos. L’évacuation des blessés passe par des embarcations sous tir d’artillerie. Dmytro, 28 ans, infirmier militaire dans ce secteur, avait confié à un reporter de Radio Liberty en février 2026 : « On ne compte plus les traversées de nuit. On compte les gars qui reviennent. »
Trois assauts vers un pont détruit au-dessus d’un fleuve glacé. Il y a quelque chose d’antique dans cette obstination — quelque chose qui rappelle les sièges médiévaux, sauf que les assiégés ont des drones et les assiégeants des bombes planantes.
Le silence des autres secteurs
L’état-major note que dans les directions de Sloviansk et Orikhiv, les forces russes n’ont pas tenté d’avancer ce jour-là. Orikhiv a seulement subi une frappe aérienne près de Balabyne. Ce calme relatif n’est pas de la paix — c’est de la préparation. Ou de l’épuisement temporaire. La guerre oscille entre les deux sans prévenir.
Dans la direction de Kramatorsk, un seul assaut, près de Nykyforivka. Un seul — comme un rappel que le front n’oublie aucun secteur, même quand il concentre sa fureur ailleurs.
Le « cessez-le-feu de Pâques » et le cynisme comme doctrine
Poutine parle pendant que ses troupes attaquent
Le 9 avril 2026, quelques heures après le début des soixante-quatre assauts, Vladimir Poutine a annoncé un « cessez-le-feu de Pâques ». L’information a été publiée par les agences russes en soirée. Les soldats ukrainiens qui repoussaient les vagues d’infanterie à Kostiantynivka n’en ont probablement rien su sur le moment. Ils étaient occupés à survivre.
Ce n’est pas la première fois. Le Kremlin a proposé des cessez-le-feu temporaires à chaque fête religieuse importante depuis 2022. Chaque fois, les bombardements ont continué. Chaque fois, les médias internationaux ont relayé l’annonce. Chaque fois, l’Ukraine a refusé et a été présentée comme intransigeante par une partie de l’opinion mondiale.
On appelle ça de la diplomatie. Proposer la paix le matin et lancer soixante-quatre assauts l’après-midi. Le mot a un autre nom quand on retire le costume cravate : ça s’appelle mentir.
La mécanique du piège rhétorique
Le cessez-le-feu proposé par Poutine n’est pas un geste de paix. C’est un outil de communication. Il place l’Ukraine dans une position impossible : refuser et passer pour belliciste, accepter et offrir à la Russie un répit logistique. Zelensky le sait. L’OTAN le sait. Mais le public occidental, fatigué par 1 200 jours de guerre, entend « cessez-le-feu » et pense « progrès ».
Kyrylo Budanov, chef du renseignement militaire ukrainien, a confirmé le même jour que des partenaires occidentaux avaient demandé à l’Ukraine de ne pas frapper les terminaux pétroliers russes. La pression ne vient pas que du front. Elle vient aussi des alliés qui veulent que le pétrole russe coule sans interruption vers les marchés mondiaux. Le prix du baril pèse plus lourd que le prix du sang.
Zelensky avertit : le Donbas est un verrou, pas un sacrifice
La déclaration du 9 avril
Volodymyr Zelensky a prononcé un avertissement ce soir-là : « Quitter le Donbas ouvrirait la porte à un assaut russe sur Kharkiv et Dnipro. » Ce n’est pas une figure de style. C’est une description de la topographie militaire. Le Donbas est le bouclier oriental de l’Ukraine. Derrière, il n’y a que des plaines ouvertes jusqu’aux grandes villes.
Kharkiv, 1,4 million d’habitants avant la guerre. Dnipro, près d’un million. Si le front du Donbas cède, ces villes deviennent des cibles directes — pas dans des scénarios hypothétiques, mais dans la réalité opérationnelle que les planificateurs militaires russes ont déjà cartographiée.
Chaque soldat qui tient une tranchée à Pokrovsk protège un enfant qui dort à Dnipro sans le savoir. C’est ça, la vérité du Donbas. Une vérité qui ne tient pas dans un tweet.
L’hiver prochain se prépare sans l’Europe
Zelensky a ajouté que le blocage des fonds européens forçait l’Ukraine à préparer l’hiver prochain avec ses seules ressources internes. Les coupures d’électricité programmées continuent — le 10 avril, toutes les régions d’Ukraine seront soumises à des coupures horaires. Le réseau énergétique ukrainien, systématiquement bombardé depuis l’automne 2022, fonctionne avec des pièces de rechange et de la volonté.
Se battre sur le front et grelotter à l’arrière. Défendre Pokrovsk et réparer des transformateurs. Compter ses obus et compter ses kilowatts. L’Ukraine mène deux guerres simultanées — l’une contre les soldats russes, l’autre contre l’hiver qui revient toujours.
Les frappes ukrainiennes : la riposte dans la profondeur
Le terminal pétrolier du Krasnodar
L’état-major ukrainien a confirmé le 9 avril une frappe sur une station de pompage pétrolier dans la région de Krasnodar, en Russie. Budanov a déclaré que ces frappes sur les infrastructures pétrolières russes « renforcent la position de l’Ukraine dans les négociations ». Ce n’est pas de l’optimisme — c’est de l’arithmétique. Chaque terminal détruit coûte des millions à Moscou et réduit les flux qui financent la machine de guerre.
Les gardes-frontières ukrainiens ont également diffusé une vidéo montrant la destruction d’un groupe d’infanterie russe dans la direction de Belgorod. Des images granuleuses, vertes et blanches, filmées par drone thermique. Des silhouettes qui courent, qui tombent, qui ne se relèvent pas. La guerre vue d’en haut a la froideur d’un jeu vidéo et la réalité d’un abattoir.
On peut débattre de la moralité des frappes en profondeur. On ne peut pas débattre de leur efficacité quand l’alternative est de regarder 64 assauts par jour en attendant que le monde se réveille.
L’allègement des sanctions américaines : un signal ambigu
Le renseignement ukrainien rapporte que l’assouplissement partiel des sanctions américaines sur le pétrole russe n’a pas, pour l’instant, relancé les exportations de Moscou. C’est une maigre consolation. Le signal envoyé est dévastateur : Washington desserre la pression économique au moment même où la pression militaire sur l’Ukraine atteint son paroxysme.
Les sanctions étaient censées être l’arme des démocraties — celle qui évitait d’envoyer des soldats. Si cette arme se dégonfle, il ne reste que les obus. Et les obus, l’Ukraine les compte un par un.
La région de Dnipropetrovsk sous soixante frappes
Deux blessés, un silence assourdissant
Le même jour, les forces russes ont attaqué la région de Dnipropetrovsk près de 60 fois depuis le matin. Bilan : deux blessés. Deux — parce que les habitants vivent dans les abris, parce que les villages sont vidés, parce que ceux qui restent ont appris à courir au son de la sirène avant même que leur cœur n’accélère.
Soixante frappes dans une seule région. Soixante-quatre assauts sur la ligne de front. Les chiffres de ce 9 avril ne sont pas exceptionnels. C’est ça le plus glaçant. Demain, le rapport dira cinquante-huit, ou soixante-douze, ou quatre-vingt-trois. Et personne ne s’en étonnera.
Un drone russe a frappé une voiture civile à Ruska Lozova le même jour. Un mort. Pas de nom dans le communiqué. Juste « une personne ». Quelqu’un conduisait quelque part. Quelqu’un n’est pas arrivé.
L’usure comme stratégie, l’indifférence comme complice
L’armée russe ne gagnera pas cette guerre en un jour. Elle le sait. Sa stratégie repose sur un calcul simple : l’Ukraine se fatiguera avant la Russie, et l’Occident se lassera avant l’Ukraine. Chaque jour sans titre en première page est une victoire pour Moscou. Chaque cessez-le-feu bidon qui monopolise l’attention est un jour où personne ne parle des soixante-quatre assauts.
Nous sommes les spectateurs d’un siège continental. Un pays de 44 millions d’habitants est pilonné quotidiennement par une armée qui dispose de réserves démographiques quatre fois supérieures. Les défenseurs ukrainiens n’ont pas le luxe de la lassitude. Nous, si. Et c’est précisément là que le danger se niche — dans notre confort de spectateurs qui changent de chaîne.
Ce que soixante-quatre assauts disent de nous
Le test de l’indifférence
Soixante-quatre assauts en une matinée. Neuf combats encore en cours au moment du bilan. Des bombes planantes sur quinze villages de la région de Soumy. Un civil tué dans sa voiture à Ruska Lozova. Des coupures d’électricité programmées pour demain dans tout le pays. Un « cessez-le-feu » annoncé par l’homme qui ordonne tout cela.
Et nous, nous avons lu ces lignes. Certains d’entre nous ont déjà commencé à penser à autre chose. C’est normal. C’est humain. C’est exactement ce sur quoi Poutine compte. L’indifférence n’est pas un sentiment neutre — c’est un choix stratégique involontaire. Chaque jour où le Donbas disparaît de notre attention, le Kremlin gagne du terrain sans tirer un coup de feu supplémentaire.
Je n’ai pas de conclusion propre à offrir. Il n’y en a pas. Il y a un soldat quelque part entre Pokrovsk et Kostiantynivka qui n’a pas dormi depuis 36 heures et qui ne sait pas que quelqu’un écrit sur lui ce soir. Demain matin, le rapport dira un autre chiffre. Et il tiendra encore.
La dernière image
Quelque part dans une tranchée de la direction de Kostiantynivka, un soldat ukrainien dont personne ne connaît le nom vérifie le chargeur de son fusil pour la dix-neuvième fois de la journée. Il ne sait pas que c’est la dix-neuvième. Il a arrêté de compter. La boue sur ses mains a la couleur exacte de la terre du Donbas — noire, grasse, collante, la terre la plus fertile d’Europe, celle pour laquelle des empires se sont battus depuis des siècles.
Il lève les yeux. Il entend un moteur. Le vingtième assaut commence.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources
Sources principales
Ukrinform — War update: 64 clashes on front line since morning, 9 avril 2026
État-major général des Forces armées d’Ukraine — page Facebook officielle
Sources complémentaires citées dans le rapport
Ukrinform — Putin announces Easter ceasefire, 9 avril 2026
Ukrinform — Russian troops attack Dnipropetrovsk region nearly 60 times, 9 avril 2026
Ukrinform — Russian drone attacks civilian car in Ruska Lozova, killing one person, 9 avril 2026
Ukrinform — Hourly power outage schedules in effect in all regions on Friday, 9 avril 2026
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