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ANALYSE : Six milliards de dollars pour rouvrir un détroit — le prix de la capitulation américaine devant Téhéran
Crédit: Adobe Stock

Trente-trois kilomètres d’eau et six semaines de chaos

Le détroit d’Ormuz mesure 33 kilomètres à son point le plus étroit. Les chenaux de navigation praticables en font à peine six. C’est là que passent les tankers chargés du brut saoudien, émirati, koweïtien, irakien. C’est là que l’Iran a décidé, il y a six semaines, de fermer le robinet du monde. Mines marines. Vedettes rapides des Gardiens de la révolution. Menaces répétées contre tout navire commercial tentant le passage.

Le résultat se lit dans les chiffres comme dans les rues. Le baril de Brent a dépassé les 147 dollars la troisième semaine du blocus — un record depuis 2008. Les assurances maritimes pour la zone ont été multipliées par neuf. Lloyd’s of London a classé le détroit en zone de guerre le 18 mars. Depuis, les armateurs contournent par le cap de Bonne-Espérance, ajoutant dix jours et des millions de dollars à chaque cargaison.

On parle de géostratégie. On devrait parler d’extorsion. Un État ferme un passage international, étouffe l’économie mondiale, et la première puissance militaire de la planète répond en ouvrant son portefeuille. Il y a un mot pour ça dans toutes les langues. Aucune ne l’utilise dans les communiqués diplomatiques.

Le piège logique du chantage maritime

Donald Trump l’a dit lui-même le 10 avril : le détroit rouvrira « assez vite ». Il a ajouté, dans la même phrase, que les États-Unis étaient prêts à reprendre l’action militaire si les négociations échouaient. Double langage classique. La menace militaire ET le chèque. Le bâton ET les six milliards de carottes. Le problème : Téhéran ne retient que la carotte. Le régime iranien a appris, depuis 1979, que l’Amérique brandit plus qu’elle ne frappe.

Et pourtant, la flotte américaine est là. Le groupe aéronaval du USS Dwight D. Eisenhower croise dans le golfe d’Oman depuis le début du conflit. Des B-2 Spirit ont été déployés à Diego Garcia. La base d’Al Udeid au Qatar — le même Qatar qui garde les milliards — abrite plus de 10 000 militaires américains. Toute cette puissance, et c’est le carnet de chèques qui sort en premier.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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