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ANALYSE : La guerre en Iran offre à Pékin le manuel d’invasion de Taïwan — et nous regardons ailleurs
Crédit: Adobe Stock

Sun Tzu au XXIe siècle, version industrielle

Le proverbe chinois est millénaire : « Assis sur la montagne, regarde les tigres se battre. » Xi Jinping ne l’a pas inventé. Il l’a industrialisé. La doctrine militaire chinoise depuis 2015 intègre explicitement l’analyse des conflits américains comme source de renseignement stratégique. Le document « Science of Military Strategy » publié par l’Académie des sciences militaires de l’APL en 2020 consacre trois chapitres entiers à l’étude des « guerres informationnelles occidentales » — un euphémisme pour dire : nous regardons comment vous combattez pour savoir comment vous vaincre.

Et pourtant, Washington fonce dans le piège les yeux ouverts. La guerre en Iran n’est pas seulement un gouffre financier — le Pentagone estime le surcoût opérationnel à plus de 1,5 milliard de dollars par mois. C’est un gouffre stratégique. Chaque mois de combat au Moyen-Orient repousse la modernisation navale dans le Pacifique. Chaque rotation de groupe aéronaval vers le golfe Persique allonge les cycles de maintenance. L’USS Gerald R. Ford, déployé dans la région depuis début 2026, ne sera pas disponible pour un scénario taïwanais avant des mois après son retour.

Il y a quelque chose d’obscène à regarder une superpuissance répéter exactement l’erreur que tous ses propres stratèges lui décrivent en temps réel. Le problème n’est pas le manque d’intelligence. C’est le manque de discipline stratégique.

Le précédent ukrainien, déjà oublié

En février 2022, la Chine a observé l’invasion russe de l’Ukraine avec la même attention chirurgicale. Les leçons tirées sont documentées par le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) : ne jamais sous-estimer la résistance locale, sécuriser la supériorité aérienne avant le débarquement, neutraliser les communications en premier. Pékin n’a pas vu un allié échouer — Pékin a vu un brouillon qu’il compte réécrire. L’Iran ajoute un deuxième chapitre à ce manuel : comment les Américains se défendent, combien de temps ils tiennent, et à quel prix.

Le colonel Zhou Bo, ancien directeur au Bureau de coopération militaire internationale du ministère chinois de la Défense, a écrit dans le Financial Times en 2023 : « La Chine n’a pas combattu depuis 1979. Mais elle a étudié chaque guerre depuis. » Ce n’est pas de la fanfaronnade. C’est un programme de recherche financé à hauteur de 224 milliards de dollars — le budget officiel de défense chinois pour 2025, probablement sous-estimé de 40 % selon les évaluations du Pentagone.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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