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ANALYSE : Le blocus du blocus — comment Trump s’est enfermé dans le détroit qu’il voulait ouvrir
Crédit: Adobe Stock

Vingt et un kilomètres qui valent des milliers de milliards

Le détroit d’Ormuz mesure 21 kilomètres de large à son point le plus étroit. Les chenaux navigables pour les supertankers sont encore plus resserrés — trois kilomètres dans chaque direction, séparés par une zone tampon de deux kilomètres. Chaque jour, en temps normal, 21 millions de barils de pétrole traversent cet étranglement. Cela représente environ un cinquième de la consommation mondiale. Quand l’Iran a commencé à miner l’approche sud et à déployer des vedettes rapides armées de missiles, ce flux s’est réduit à un filet, puis à rien.

La géographie dicte tout. Au nord, la côte iranienne. Au sud, le sultanat d’Oman et les Émirats arabes unis. Les missiles antinavires iraniens, les drones kamikazes et les mines sous-marines ne doivent couvrir qu’une bande d’eau ridiculement étroite. La marine américaine peut détruire chaque lance-missile visible — mais les Iraniens en ont enterré des centaines dans des tunnels creusés à flanc de montagne, le long de 1 500 kilomètres de côte. Le contre-amiral à la retraite Mark Montgomery, ancien directeur des opérations du commandement du Pacifique, a noté que forcer le détroit sous le feu signifierait accepter la perte de navires. Pas de drones. De navires.

Il y a quelque chose d’obscène dans le fait qu’un passage maritime plus étroit que la Seine à Paris puisse paralyser l’économie de la moitié de la planète. Et quelque chose de plus obscène encore dans le fait que deux gouvernements se disputent le droit de le fermer.

La mémoire de 1988 et le spectre de l’USS Vincennes

Le détroit d’Ormuz a déjà été un champ de bataille. En 1988, lors de la guerre des Tankers, l’USS Samuel B. Roberts a heurté une mine iranienne. La réponse américaine — l’opération Praying Mantis — a détruit la moitié de la flotte iranienne en une journée. Mais la victoire tactique a masqué un désastre stratégique : trois mois plus tard, l’USS Vincennes a abattu le vol Iran Air 655, tuant 290 civils, dont 66 enfants. L’Iran n’a jamais oublié. Chaque enfant a un nom dans le mémorial de Téhéran.

Cette mémoire pèse. Les Gardiens de la Révolution qui minent le détroit aujourd’hui sont les fils et les petits-fils de ceux qui ont miné le même détroit en 1988. La doctrine iranienne n’a pas changé en 38 ans : rendre le coût du passage si élevé que même la plus grande marine du monde hésite. Et pourtant, 38 ans plus tard, Washington reproduit exactement le même schéma — frappe, escalade, impasse — en espérant un résultat différent.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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