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ANALYSE : Le blocus naval américain de l’Iran — la mâchoire d’acier qui peut broyer le Moyen-Orient
Crédit: Adobe Stock

Le mur nucléaire iranien

Les pourparlers de paix à Islamabad n’ont pas simplement « échoué ». Ils se sont fracassés contre deux intransigeances absolues. D’un côté, l’Iran refuse d’abandonner sa capacité nucléaire — pas son programme, sa capacité. La nuance est capitale. Téhéran ne dit plus « nous n’avons pas la bombe ». Téhéran dit « nous ne renoncerons pas à pouvoir l’avoir ». De l’autre côté, la République islamique refuse de céder le contrôle du détroit d’Ormuz, qu’elle considère comme son levier stratégique existentiel — la seule arme qui force le monde à compter avec elle.

Trump a quitté la table avec la conviction que la parole ne pouvait plus rien. Et pourtant, cette conviction arrange aussi un président américain qui a bombardé l’Iran en mars, qui a besoin de montrer de la force avant les élections de mi-mandat, et dont l’instinct a toujours été de préférer l’escalade à la patience. Les faucons du Pentagone n’ont pas eu besoin de le convaincre. Ils ont juste attendu que la diplomatie échoue — ce qui, avec les conditions posées par les deux camps, était mathématiquement inévitable.

Il y a quelque chose d’obscène dans l’idée que des négociations de paix puissent échouer parce que deux orgueils refusent de plier. Des millions de vies suspendues à la fierté de quelques hommes dans des costumes trop chers, assis dans des salons climatisés d’Islamabad, pendant que des marins américains et des conscrits iraniens se préparent à mourir dans une eau à 30 degrés.

Le piège stratégique que personne n’a voulu voir

Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran, 86 ans, a calculé pendant des décennies que le programme nucléaire était sa police d’assurance. Pas une arme — une assurance. Tant que l’Iran peut menacer de franchir le seuil nucléaire, aucune puissance ne risquera l’invasion terrestre. C’est la leçon de la Corée du Nord, gravée dans le marbre des chancelleries : Kadhafi a renoncé à la bombe en 2003. En 2011, il mourait dans un caniveau de Syrte. Khamenei ne l’a jamais oublié. Et pourtant, cette logique de dissuasion a produit exactement l’inverse de ce qu’elle promettait : au lieu de protéger l’Iran, elle a fourni à Washington le prétexte parfait pour un blocus qui pourrait affamer le pays.

Le vice-président J.D. Vance, présent aux négociations d’Islamabad, a déclaré que l’Iran avait « choisi l’isolement ». La formule est commode. Elle permet de faire porter la responsabilité du blocus à celui qui le subit. Mais la réalité est plus sale : les deux parties voulaient que les négociations échouent, chacune pour ses propres raisons. L’Iran pour garder sa capacité nucléaire. Les États-Unis pour justifier une démonstration de force qui n’attendait qu’un prétexte.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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