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ANALYSE : Le détroit d’Hormuz, théâtre d’un bras de fer où l’Iran joue sa survie mètre par mètre
Crédit: Adobe Stock

Ali Zeinivand et la grammaire de la souveraineté

Ali Zeinivand, vice-ministre iranien de l’Intérieur, a choisi ses mots avec la précision d’un arpenteur. « Nous avons un contrôle si profond et si complet que, mètre par mètre, nous dominons nos frontières », a-t-il déclaré lundi devant la presse iranienne. « Nous n’avons même pas donné à l’ennemi l’occasion de planifier quoi que ce soit. » Pas de menace directe. Pas de promesse de représailles. Une affirmation de présence — comme si le simple fait d’être là, de compter chaque mètre de côte, suffisait à conjurer la Ve flotte américaine stationnée à Bahreïn, à 350 kilomètres de là.

La formule « mètre par mètre » n’est pas accidentelle. Elle traduit la doctrine iranienne de déni d’accès maritime construite depuis deux décennies : des milliers de mines navales stockées, des centaines de vedettes rapides des Gardiens de la Révolution capables de harceler un groupe aéronaval, des missiles antinavires Noor et Qader positionnés le long de la côte. L’Iran ne prétend pas pouvoir gagner une guerre navale contre les États-Unis. Il prétend pouvoir rendre le détroit infranchissable pendant suffisamment longtemps pour que le prix du baril dépasse les 200 dollars et que le monde supplie Washington d’arrêter.

Il y a quelque chose de vertigineux dans cette asymétrie : d’un côté, un homme qui poste un blocus sur un réseau social entre deux messages sur les cotes de popularité ; de l’autre, un régime qui compte ses frontières en mètres parce qu’il sait que chaque mètre perdu est un mètre de souveraineté qui ne reviendra pas.

L’absence de panique officielle, arme de communication

Le choix de Zeinivand — vice-ministre de l’Intérieur, pas le chef des Gardiens de la Révolution, pas le ministre de la Défense — est lui-même un message. Téhéran présente le blocus américain comme une affaire de police des frontières, pas de guerre. Minimiser l’ennemi en le reclassant dans la catégorie des « problèmes administratifs » : c’est une vieille tactique du régime iranien, rodée depuis les sanctions de 2012, réemployée en 2019 après la destruction du drone RQ-4A Global Hawk au-dessus du détroit.

Et pourtant, derrière le calme affiché, les Gardiens de la Révolution ont placé leurs forces navales en état d’alerte maximale depuis le 11 avril. Des images satellites commerciales publiées par Planet Labs montrent au moins quatorze vedettes rapides repositionnées dans le port de Bandar Abbas, à l’entrée même du détroit. On ne repositionne pas quatorze vedettes pour rassurer la presse.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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