Skip to content
REPORTAGE : À Kharkiv, 20 000 enfants privés d’école apprennent sous terre pendant que la Russie bombarde
Crédit: Adobe Stock

Rentrée 2025, Saltivka-Nord, le secteur le plus proche de la frontière.

Une petite de six ans arrive avec des fleurs pour son enseignante, comme toutes les petites de six ans du monde, sauf que son école descend trois étages sous la rue.

Le trajet vers sa classe passe par un escalier de béton, pas par une cour d’école.

On lui demande si l’école ressemble à la garderie qu’elle fréquentait avant.

Elle répond qu’elle n’y est jamais allée.

À cause de la guerre.

Elle a six ans. La guerre en a plus de quatre.

Elle ne garde aucun souvenir d’un matin sans alertes.

Pas un.

Sa mère raconte qu’elle voulait une vraie rentrée pour sa fille, une vraie classe, une vraie enseignante, et que la profondeur de l’école, c’est exactement ce qui la rassure.

La profondeur comme argument pour une école primaire.

Cette mère ajoute qu’elle espérait des améliorations, pas la paix complète, parce qu’ici on n’espère plus à crédit. Ici, on met quand même des fleurs dans les mains des enfants.

Les enseignantes attendent en haut des marches, prennent les petites mains une à une, et descendent.

Personne ne flâne dehors.

Les enfants n’attendent pas aux arrêts d’autobus, parce qu’un drone arrive plus vite qu’un autobus.

Alors l’autobus vient jusqu’à eux, d’une porte à l’autre, comme on transporte quelque chose de précieux.

Parce que c’est exactement ça.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Ce texte relève de la chronique sur la guerre en Ukraine vue à hauteur de civils : les écoles souterraines de Kharkiv, les enfants et les enseignantes qui y travaillent, et ce que ces lieux disent du conflit en août 2026.

Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel. Je prétends à la lucidité analytique. Je regarde cette guerre du côté des civils bombardés, et ce parti pris assumé colore la lecture : les faits rapportés sont vérifiés, mais leur mise en récit — le défi, l’accusation — est celle du chroniqueur.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Chaque chiffre et chaque scène (rentrée dans le métro en septembre 2023, première école souterraine en 2024, rentrée de septembre 2025, école du couloir de station, frappes d’août 2026) provient de sources publiées et recoupées lors d’une recherche menée le 17 août 2026 ; les figures d’enfants et d’adultes sont génériques, mais leurs gestes et leurs paroles reprennent des témoignages documentés dans les sources citées.

Sources primaires : le décompte du ministère ukrainien de l’Éducation et des Sciences sur les établissements endommagés et détruits (Save Schools, Ukrinform), le portail gouvernemental ukrainien de la décentralisation sur la première école souterraine, et les déclarations publiques du gouverneur de la région de Kharkiv et du maire de Kharkiv rapportées par Gwara Media.

Sources secondaires : les reportages de Reuters, d’Al Jazeera, d’Ukrainska Pravda, de la BBC, de CNN, du Kyiv Independent, de United24 Media, du HuffPost, de Rubryka et de Gwara Media consacrés aux écoles du métro et aux écoles souterraines de Kharkiv depuis 2023, ainsi qu’aux frappes d’août 2026.

Limite principale du dossier : les effectifs varient selon le périmètre et la date — environ 17 000 enfants inscrits sous terre à Kharkiv en septembre 2025 selon Reuters, environ 20 000 pour la ville et sa région en mars 2026 selon Al Jazeera et le gouverneur régional. Le chiffre focal retenu (vingt mille) est le plus récent, et il agrège ville et région.

Nature de l’analyse

Les analyses et perspectives présentées constituent une synthèse critique et contextuelle fondée sur les informations disponibles au moment de la rédaction, le 17 août 2026, avant la rentrée scolaire ukrainienne du 1er septembre 2026.

Relèvent du fait : les dates d’ouverture des écoles, les effectifs cités, le bilan des établissements touchés (134 sur 184 à Kharkiv ; plus de 4 000 endommagés et plus de 400 détruits dans le pays), les frappes d’août 2026. Relèvent de l’inférence : la lecture du calendrier des ouvertures comme mesure de la dangerosité de la surface. Relèvent de l’opinion : la qualification des pupitres souterrains comme « pièces à conviction » et le verdict sur le refus.

Le bilan officiel de la rentrée du 1er septembre 2026 — le nombre réel d’enfants assis sous terre à cette date, et l’atteinte ou non de l’objectif régional de doublement — pourrait matériellement modifier cette analyse.

Sources :

Sources Primaires :

Save Schools — Education in emergency (ministère de l’Éducation et des Sciences d’Ukraine)

Decentralization.gov.ua — Underground School: The Kharkiv Community’s Unique Experience

Ukrinform — Russia damaged 1,700 schools in Ukraine and destroyed 226, according to MoED Lisovyi

Gwara Media — Kharkiv governor reports 17 underground schools built in region

Sources Secondaires :

Reuters — Ukrainian children open school year by heading underground

Al Jazeera — In Ukraine’s Kharkiv, 20,000 children go underground to study

Ukrainska Pravda — First phase of underground school for 1,000 students opens in Kharkiv

Ukrainska Pravda — Children in Kharkiv will study in 7 underground schools and 6 metro stations

BBC News — Ukraine war: First underground school to be built in Kharkiv

Rubryka — A day in an underground school in Kharkiv, Ukraine

Gwara Media — Russia launches over 350 attacks on Kharkiv region in August

Gwara Media — Russian attacks destroy or damage 65% of educational institutions in Kharkiv

CNN — ‘We won’t hear the bangs’: Ukrainian city moves schools into metro stations

The Kyiv Independent — Inside Kharkiv’s underground metro schools

United24 Media — Kharkiv’s Underground Schools Protect Kids from Russian Bombs as Classes Resume

HuffPost — Guerre en Ukraine : à Kharkiv, cette école souterraine protège les enfants des bombardements

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu