Le rêve mouillé d’Elvis Gratton
Pis le brouillard, en ce moment, il a un nom pis une casquette rouge. Un empereur de pacotille qui parle du Canada comme de son 51e état, qui bave sur notre eau douce, nos mines, notre territoire. Faire l’indépendance pendant que lui est là? C’est pas de l’audace, ça. C’est de l’offrande. Le Québec su’un plateau d’argent, emballage cadeau, p’tite boucle bleue, avec la carte : « De la part des pressés. »
Un pays naissant, c’est fragile une minute — une seule — pis y’a un charognard qui attend exactement cette minute-là. Le 51e état, c’est le rêve mouillé d’Elvis Gratton. Think big, sti. Ben nous autres, on pense grand autrement : on attend que le charognard décrisse, pis on passe.
La cassette de la peur vient de péter
Pis en nommant ça d’avance, PSPP vient d’arracher la cassette de la peur de la gueule des fédéralistes. La prochaine campagne, ils vont être obligés de parler d’idées. Y’en ont-tu?
Les sondages : un plancher, pas une pierre tombale
Quinze ans dans les mêmes eaux
Pis là, je les entends venir avec leurs sondages, les croque-morts à cravate : « L’appui est juste à 31 %, voyons donc, lâchez ça, c’est mort. » Mort? Câlisse. Ça fait quinze ans que l’appui à la souveraineté nage dans les mêmes eaux — entre 30 pis 40, un tiers du peuple, beau temps, mauvais temps, scandale pas scandale, chef pas chef. Quinze ans que la peur, la propagande pis le cash fédéral essaient de défoncer ce plancher-là, pis y tient, tabarnak.
En ce moment même, en plein creux de vague, avec l’ogre orange qui fait trembler le continent pis la moitié du monde qui se colle sur la feuille d’érable comme sur une doudou, y’a ENCORE un Québécois sur trois deboutte. Sans campagne. Sans date. Sans question su’a table. Juste sur la conviction toute nue. Ça, c’est pas de la faiblesse : c’est du roc.
Le thermomètre pis le poêle
Un sondage en temps de paix, c’est un thermomètre dans une maison où le poêle est pas parti — ça te dit strictement rien sur la chaleur qui s’en vient quand on va crinquer. Parce que l’histoire, elle, a de la mémoire en ostie : à l’automne 2024, on touchait le 40. En 95, le Oui est parti des mêmes eaux pis a fini à 49 et demi — dix points gagnés EN campagne, quand le peuple s’est levé de son divan pis s’est mis à rêver tout haut. Après le coup de cochon de Meech, en 90, on frôlait le 60 sans que personne demande rien à personne.
Au neutre, un peuple jongle. En campagne, y s’allume. Insulté, y se lève. Pis le creux d’aujourd’hui, c’est un creux de PEUR, pas un creux de conviction — c’est exactement la variable que PSPP vient d’enlever de l’équation. Fac votre 31 %, gardez-le comme pierre tombale si ça vous console. Nous autres, on sait lire : c’est pas un plafond, c’est une fondation. Pis un pays, ça se bâtit pas sur un sondage. Ça se bâtit sur une fondation.
Vouloir son pays, c'est pas une maladie honteuse
De l’Empire romain à la Norvège
Parce que faut se le rentrer dans le crâne une fois pour toutes : vouloir son pays, c’est pas une maladie honteuse. C’est le geste le plus vieux, le plus normal, le plus humain de l’histoire. Les peuples écrasés su’es plaines de l’Empire romain se sont relevés. Les grands empires africains dépecés par les colonisateurs se sont relevés. L’Irlande a mangé de la marde pendant sept cents ans — sept cents ans — pis a s’est levée pareil. La Palestine. Israël.
La Norvège, dont je vous parlais l’autre jour, qui a sacré son camp de la Suède en 1905 pis qui est aujourd’hui le peuple le plus riche de la planète. Même les États-Unis du gros Donald sont nés d’une déclaration d’indépendance — le clown qui menace d’avaler ses voisins règne sur un pays fondé par des séparatistes, ça s’invente pas.
De Lorimier est pas mort pour qu’on chuchote
Pis nous autres, on a nos morts à nous : les gars de 37-38, pendus au Pied-du-Courant pour avoir voulu ce que toutes les nations normales veulent. De Lorimier est monté sur l’échafaud en écrivant « Vive la liberté ». Y’est pas mort pour qu’on chuchote.
Fac assez. Assez de se mettre des bâtons dans les roues nous autres mêmes. Assez de s’endogmiser, de s’excommunier entre frères, de se chicaner sur le calendrier comme des marguilliers pendant que la maison est même pas bâtie. Y’a déjà une armée payée à temps plein — à même nos taxes, à part de ça — pour qu’on échoue. Faites pas leur job gratis. Il serait peut-être temps, une fois dans notre vie collective, de bien faire les choses. Une fois. La bonne. La dernière.
La trempe des bâtisseurs : rendez-vous en 2029
Lévesque pis Parizeau : bâtir avant de demander
Pis c’est là qu’on reconnaît la trempe. Lévesque a bâti avant de demander : loi 101, assurance auto, financement des partis, zonage agricole — cinquante ans plus tard, on vit encore dedans. Parizeau a forgé les leviers toute sa vie avant de poser la question, pis même Monsieur s’est cassé la tête un an sur le choix de la date. Les bâtisseurs prennent leur élan. Y’a juste les braillards qui sautent sans regarder.
Être le gouvernement le plus responsable tant qu’on est dans le Canada, pis le plus audacieux le jour où on en sort : c’est pas une contradiction. C’est la seule méthode qui nous a jamais approchés de la ligne. Le rendez-vous est pas annulé, bande de défaitistes des deux bords : il est dans le mandat. 2029, 2030. Faites le calcul avant de brailler.
La liberté, c’est pas une marque de yogourt
La liberté, c’est pas une marque de yogourt. C’est pas un slogan de congrès, pas un souvenir de char allégorique, pas une chicane de date. C’est un droit. Le nôtre comme celui des autres. Pis un rêve avec une date, ça s’appelle pu un rêve. Ça s’appelle un plan. On se voit en 2029. Amenez-vous reposés, câlisse : on a un pays à finir.
Sources
Radio-Canada — « Le PQ ne tiendra pas de référendum tant que Donald Trump sera président des États-Unis » (18 août 2026)
La Presse Canadienne / L’Écho de Laval — « Paul St-Pierre Plamondon prévoit un référendum après Trump, en 2029 ou 2030 » (18 août 2026)
Le Devoir — « PSPP pourrait attendre le départ de Trump avant de lancer un référendum » (août 2026)
Léger / Le Journal / TVA — Intentions de vote au Québec et suivi de l’appui à la souveraineté 2011-2026, rapport du 11 août 2026
L’actualité / Pallas Data — « Ni souveraineté ni référendum, disent les Québécois » (21 avril 2026)
Qc125 — Suivi agrégé de l’appui à la souveraineté du Québec (2026)
Résultats officiels des référendums de 1980 et 1995 : Directeur général des élections du Québec.
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