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CHRONIQUE : Budapest, Minsk, Istanbul — 32 ans que l’Ukraine signe sa sécurité, et 14 000 morts plus tard
Crédit: Adobe Stock

Budapest, hiver 1994.

L’Ukraine indépendante a trois ans. De l’Union soviétique, elle a hérité le troisième arsenal nucléaire de la planète — des milliers d’ogives, plus que la Grande-Bretagne, la France et la Chine réunies. Elle n’en a pas les codes de lancement, qui restent à Moscou, mais elle a les têtes, les silos, les bombardiers stratégiques. Posé sur son sol : l’argument de dissuasion le plus lourd qu’un jeune État ait jamais possédé.

Et tout le monde veut le lui reprendre.

Washington d’abord, obsédé par la prolifération, qui ne veut pas voir quatre États nucléaires surgir des décombres soviétiques. Moscou ensuite, qui considère ces ogives comme les siennes. Bill Clinton fait le voyage de Kyiv cette année-là pour pousser à la dénucléarisation. On promet à l’Ukraine des compensations, de l’aide, une place dans le monde d’après. Surtout, on lui promet qu’elle n’aura plus besoin de bombes, puisqu’elle aura des signatures.

Elle négocie. Et elle rend tout.

Le Mémorandum de Budapest est signé le 5 décembre 1994 par Leonid Koutchma, Boris Eltsine, John Major et Bill Clinton. Enregistré aux Nations unies, le texte entre en vigueur le jour même, par la seule signature. L’Ukraine adhère au Traité de non-prolifération comme État non doté de l’arme nucléaire. En retour, la Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni s’engagent solennellement à respecter son indépendance, sa souveraineté et ses frontières existantes. À s’abstenir de tout recours à la force contre elle. À s’abstenir de toute coercition économique. À saisir le Conseil de sécurité si elle était victime d’une agression nucléaire. À se consulter en cas de problème.

Se consulter.

Relisez le verbe : c’est le mécanisme entier. Pas de troupes, pas de déclencheur automatique, pas de tribunal. Si la promesse est violée, les signataires se consultent.

La politologue Mariana Budjeryn, qui a passé sa carrière sur ce texte, le dit sans détour : les Ukrainiens savaient, dès 1994, qu’ils n’obtenaient pas des garanties juridiquement contraignantes et vraiment robustes. Ils ont signé quand même. Parce que Washington poussait, parce que Moscou promettait, parce qu’un jeune État ruiné ne refuse pas grand-chose à ceux qui le financent. L’implication, disait-elle, c’était qu’on ne laisserait pas l’Ukraine seule face à une agression.

On l’a laissée seule.

Sources :

Sources Primaires :

Memorandum on security assurances in connection with Ukraine’s accession to the NPT (Registre des traités des Nations unies, conclu à Budapest le 5 décembre 1994 — entrée en vigueur par signature)

Protocol on the outcome of consultations of the Trilateral Contact Group, Minsk, 5 September 2014 (UN Peacemaker, document S/2015/135 — texte intégral et signataires)

Security Council unanimously adopts resolution 2202 (2015) endorsing the Package of Measures signed in Minsk on 12 February 2015 (Nations unies, 17 février 2015)

Bucharest Summit Declaration (OTAN, 3 avril 2008 — paragraphe 23 : « these countries will become members of NATO »)

NATO: Issues for the July 2026 Ankara Summit (Congressional Research Service, 2 juillet 2026 — promesse de Bucarest, « irreversible » 2024, déclaration Hegseth du 12 février 2025)

Sources Secondaires :

Putin Is Ready to Meet Witkoff, Kushner Again, Lavrov Says (Bloomberg, 14 août 2026 — « The question is what they will come with »)

Zelenskiy: Ukraine has given US negotiators proposals for ending war with Russia (Reuters, 11 août 2026)

US links security guarantees for Ukraine to giving up Donbas, Zelenskiy says (Reuters, 25 mars 2026 — quatrième ronde reportée)

NATO Summit Declaration Omits Ukraine Membership Pledge (New York Times, 8 juillet 2026 — sommet d’Ankara, 70 milliards d’euros)

Witkoff and Kushner weigh Kyiv visit as Trump pushes peace talks (The Hill, 28 juillet 2026)

Zelenskyy says U.S. security agreement for Ukraine is ‘100%’ ready to be signed (PBS NewsHour / AP, 25 janvier 2026 — Vilnius, trilatérale d’Abou Dhabi, ratification Congrès et Rada)

Why Ukraine gave up its nuclear weapons (NPR, 21 février 2022 — entrevue de Mariana Budjeryn, troisième arsenal mondial, portée réelle des « assurances »)

Factbox: What are the Minsk agreements? (Reuters, 21 février 2022 — 12 points de 2014, 13 points de 2015, bilans humains)

Ukraine ceasefire: New Minsk agreement key points (BBC, 12 février 2015 — seize heures de négociation, zones tampons, effondrement de l’accord précédent)

Ukraine troops retreat from key town of Debaltseve (BBC, 18 février 2015 — retrait de 80 % des troupes, réactions de Lavrov et Stoltenberg)

What is the Minsk agreement and why is it relevant now? (Al Jazeera, 9 février 2022 — médiation franco-allemande, déclaration Macron)

Ukraine conflict: Putin says Minsk agreements ‘do not exist’ (BBC, 22 février 2022 — citation intégrale, bilan de 14 000 morts)

Ukraine offers neutrality in exchange for NATO-style security guarantees at Russia talks (Reuters, 29 mars 2022 — Istanbul, garants pressentis, Crimée sur 15 ans)

What happened the last time Russia and Ukraine held peace talks? (Reuters, 12 mai 2025 — plafonds militaires 250 000/85 000, clause d’unanimité des garants, effondrement de la mi-avril 2022)

The Ukraine peace deal that almost was (New York Times, 15 juin 2024 — projets de traité d’Istanbul publiés, version du 15 avril 2022, question d’Andrzej Duda à Bruxelles)

No Ukraine ceasefire, but a PR victory for Putin: key takeaways from Trump’s Alaska summit (The Guardian, 16 août 2025)

Scoop: Trump’s 28-point Ukraine peace plan (Axios, 20 novembre 2025 — rédaction Witkoff-Rubio-Kushner, consultations avec Kirill Dmitriev, remise par Dan Driscoll)

Draft U.S. security guarantee for Ukraine modeled on NATO’s Article 5 (Axios, 21 novembre 2025 — durée de 10 ans renouvelable, lignes de signature É.-U./UE/OTAN/Russie)

Ukraine’s Zelenskyy presents a new peace plan (DW, 24 décembre 2025 — version en 20 points, territoires occupés non reconnus comme russes)

The U.S. offers Ukraine a 15-year security guarantee for now, Zelenskyy says (NPR, 29 décembre 2025 — demande ukrainienne de 50 ans, référendum, réunion de Paris annoncée par Macron)

The Unfinished Plan for Peace in Ukraine: Provision by Provision (CSIS, novembre 2025 — inefficacité de Budapest, comparaison avec le projet d’Istanbul, plus de 1,4 million de victimes cumulées)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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