Dimanche, sur CBS, Chris Wright a décrit le président au moment de décider la guerre. Le président savait. Il savait que la guerre contre l’Iran ferait monter les prix de l’énergie « à court terme ». Le président savait aussi les flux du golfe Persique menacés.
Il a décidé quand même.
Wright a rapporté ses mots. « Je vais encaisser un coup là-dessus, mais je dois faire ce qui est juste. »
La hausse était connue, et acceptée.
Nous le prenons au mot. Un prix connu d’avance n’est plus un accident. Il a un auteur, une date et des payeurs.
Wright, lui, en faisait un mérite. « Il faut respecter ça », a-t-il lancé.
Sept mois de court terme
Le court terme a l’âge de la guerre. Elle entre dans son huitième mois.
Le diesel a suivi. PBS NewsHour parle de records. Le 21 septembre, le gallon valait 6,529 dollars. Au 28 septembre, il dépassait de 2,628 dollars son niveau d’un an plus tôt.
Le court terme a fait dépenser aux ménages près de 52 milliards de dollars de plus en diesel. L’estimation vient de l’École Watson, à l’Université Brown. Elle date du 23 septembre.
Le court terme dure encore. C’est long, pour un court terme.
L'Iran sans la bombe
Sur le fond, Chris Wright défend une idée que nous partageons.
Pour lui, un Iran doté de la bombe menacerait les prix de l’énergie à long terme. Il parle d’une menace « massive ».
Il a raison. Le pouvoir iranien ne doit pas obtenir l’arme nucléaire. Un tel but justifiait un prix.
Il avait raison ailleurs aussi. Il combat l’interdiction d’exporter le diesel depuis le printemps. En mai, sur CNBC, il jugeait qu’un arrêt des exportations « ne profiterait pas aux prix aux États-Unis ». Il n’a pas varié.
Qui encaisse le coup
Dimanche, Chris Wright voyait dans la décision de guerre une preuve. Le président ne calculerait pas.
« Si ses décisions étaient politiques, il aurait simplement repoussé le problème à plus tard », a-t-il plaidé. Sinon, selon lui, Donald Trump aurait légué un Iran doté de la bombe à son successeur.
Il a accepté le coup. D’autres l’encaissent.
Ce coup tombe sur les fermes. Leurs tracteurs et leurs pompes d’irrigation consomment du diesel.
Ce coup tombe sur les camions. Selon les données de la Réserve fédérale, le prix du transport par camion a pris environ 14 % depuis janvier.
Ce coup tombe sur l’épicerie. « Chaque partie du système alimentaire consomme du diesel », rappelle Jeffrey Dorfman, économiste à l’Université d’État de Caroline du Nord.
Aucun de ces payeurs n’a choisi cette guerre.
Le coup accepté à la Maison-Blanche se règle à la pompe.
Le diesel caché dans le panier
Peu d’Américains font le plein de diesel. Moins de 3 % des voitures particulières en consomment, rappelle PBS NewsHour.
Le diesel est ailleurs. Le diesel fait rouler les camions, les trains et les navires de marchandises. Le diesel fait tourner les engins de chantier.
UPS, Amazon et FedEx appliquent déjà des surcharges. Le client les règle.
Les effets sont « déjà en magasin », prévient Jeffrey Dorfman. Ils se verront davantage dans les prochains mois, ajoute-t-il.
Les produits dont le transport pèse le plus dans le prix final risquent davantage d’augmenter. Le client paie le diesel au rayon, sans le voir.
Vendredi, la porte fermée
Un oui à l’ONU
Le 22 septembre, Donald Trump se rangeait derrière l’interdiction. Il parlait aux journalistes en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
Il disait l’avoir réclamée, lui aussi. « J’ai dit : n’expédions pas le diesel. »
Des sénateurs républicains poussaient dans ce sens. Bloomberg cite Chuck Grassley, de l’Iowa, et Dan Sullivan, de l’Alaska, engagé dans une réélection serrée.
Wright s’y opposait. Selon Reuters, il jugeait que « l’outil brutal » d’une interdiction « ne marche absolument pas ».
Un non à la Maison-Blanche
Le 2 octobre, le président a tranché. « Nous n’allons pas faire l’interdiction d’exporter », a-t-il dit devant la presse, à la Maison-Blanche.
Il a ajouté : « Nous n’allions jamais le faire. » Puis il a nuancé. Il ne croyait pas que la Maison-Blanche l’aurait fait.
L’idée semblait enterrée.
Chaque jour, une idée
Dimanche, l’animatrice Margaret Brennan a demandé si le président avait complètement écarté cette interdiction.
Wright n’a pas répondu oui. « Chaque jour, il lance des idées », a-t-il dit du président.
Il a décrit un homme qui cherche sans cesse à faire baisser les prix de l’énergie.
L’animatrice a suggéré une ruse pour faire bouger les alliés. Wright a démenti. Il a parlé d’« un dialogue constant » sur les « nombreux leviers » de l’administration.
Vendredi, la porte se fermait. Dimanche, Wright l’a entrouverte.
Les cuves des alliés
Les alliés ont accepté le 2 octobre d’ouvrir leurs réserves. Bloomberg parle d’une intense campagne de pression de l’administration Trump. Chris Wright leur avait demandé d’y songer, a rappelé Margaret Brennan.
Les alliés ont promis jusqu’à 100 millions de barils sur quatre mois. Wright salue « une grosse affaire ». Emmanuel Macron a précisé que le diesel passerait en premier.
L’Europe dépend du diesel américain. La firme Kpler a mesuré un record de 1,6 million de barils de diesel exportés par jour en août. Selon Bloomberg, cette ouverture a été vue comme une façon d’écarter l’interdiction américaine.
L’Europe a accepté d’ouvrir ses cuves sous pression, et dimanche, l’interdiction est redevenue une idée parmi d’autres.
Le geste n’a rien verrouillé. Nous tenons cette ambiguïté pour une faute de l’administration Trump.
L’idée du jour a survécu aux réserves des alliés.
Sous six dollars, un jour
La baisse est réelle, et nous la saluons. Elle reste modeste.
Wright la chiffre à un peu plus de 20 cents. Il assure que ces barils feront baisser le diesel en Europe et ailleurs. Il prévoit même un recul jusqu’au printemps.
Selon Margaret Brennan, le G7 concentrera beaucoup de diesel sur les vingt prochains jours.
En Californie, le gallon valait encore 8,181 dollars le 28 septembre. C’est loin de six dollars.
Wright n’a fixé aucune échéance. « Mais quand exactement, je ne le sais certainement pas », a-t-il reconnu.
Un troisième groupe aéronaval
Wright mise sur des livraisons croissantes depuis le détroit d’Ormuz. La guerre peut tout défaire.
Margaret Brennan a évoqué une réunion de conseillers à la sécurité nationale, vendredi à Camp David, sur l’Iran. Un troisième groupe aéronaval a aussi été envoyé dans la région. Il doit arriver à la mi-novembre. C’est après le scrutin.
Interrogé sur une « surprise d’octobre », Wright n’a rien garanti. En guerre, a-t-il dit, il n’y a « pas de garanties ».
Il n’a rien dit des plans du président après l’élection. Les pressions diplomatique et militaire continuent « en tout temps », a-t-il assuré.
Chaque escalade allongerait le court terme.
L'hiver du mazout
Des cuves à remplir
PBS NewsHour recense environ 4,8 millions de maisons chauffées au mazout, surtout dans le Nord-Est.
Pour elles, le court terme rencontre l’hiver. Chris Wright promet un diesel en baisse « tout au long de l’hiver ». C’est une promesse de plus.
Des raffineries au plafond
Les raffineries américaines tournaient à 97 % de leur capacité au 11 septembre, note PBS. Elles ont peu de marge.
Wright promet de nouvelles capacités de raffinage. Il n’a dit ni où, ni à quelle date.
Le froid arrive avant la fin des livraisons alliées.
Le long terme ne dispense de rien
Le long terme justifie la guerre contre la bombe iranienne. Le long terme ne justifie pas le flou sur le court.
Donald Trump savait ce que sa décision ferait payer aux acheteurs de diesel. Il leur doit une limite, et une date. La date manque encore.
Wright a fait un pas. Il a dit ce que le président savait. C’est un mérite.
Nous ne demandons pas au président de renoncer à son but. Nous lui demandons d’en assumer le prix, au gallon près.
Une date, un chiffre, un écrit
Nous demandons que la Maison-Blanche fixe une fin à son court terme, ou admette qu’elle n’en connaît pas.
Nous demandons que l’administration publie elle-même, chaque mois, le surcoût de la guerre à la pompe. L’Université Brown le fait déjà. Ce surcoût, le président l’a pesé au moment de décider.
Nous demandons que l’interdiction d’exporter le diesel soit écartée par écrit, devant les alliés.
Nous demandons que le président dise lui-même ce qu’il a accepté.
Aucune de ces demandes ne retire un baril au marché.
La fin du court terme
Donald Trump, à quelle date le court terme que vous aviez accepté prend-il fin ?
Mardi, l’Energy Information Administration publiera son relevé suivant.
Chaque plein de tracteur, de camion ou de cuve de mazout se règle encore au tarif de la guerre.
Ce coup-là n’avait rien d’un accident.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Encadré de transparence du chroniqueur
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Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
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Sources :
Sources Primaires :
CBS News — transcription de l’entretien de Chris Wright à Face the Nation, 4 octobre 2026
Sources Secondaires :
PBS NewsHour — ce que la hausse du diesel change pour l’économie américaine, 23 septembre 2026
Fox News — les risques d’une interdiction d’exporter le diesel, 23 septembre 2026
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