Des gains territoriaux microscopiques
Parlons maintenant du résultat de ce carnage. En 2025, après avoir sacrifié 420 000 soldats, la Russie a conquis 0,8 % du territoire ukrainien. Zéro virgule huit pour cent. Le commandant en chef ukrainien Oleksandr Syrskii l’a confirmé : sur les 603 550 kilomètres carrés que compte l’Ukraine, la Russie a grignoté quelques milliers de kilomètres carrés. Le général russe Valery Gerasimov a bien tenté de gonfler les chiffres, affirmant avoir occupé 6 640 kilomètres carrés et pris 334 localités. Mais l’Institute for the Study of War (ISW), un think tank américain réputé, a vérifié : la présence russe n’a été confirmée que sur 4 952 kilomètres carrés et dans 245 localités. Même les propagandistes russes ont du mal à masquer l’échec.
Prenons des exemples concrets. Pokrovsk et Myrnohrad, deux villes de l’est ukrainien dans la région de Donetsk, résistent toujours après cinq mois d’assauts incessants. Hulyaipole, dans la région de Zaporizhia, n’est occupée qu’à 55 % malgré les affirmations russes de victoire totale. À Kupiansk, dans la région de Kharkiv, les forces russes sont même en train d’être repoussées. Des blogueurs militaires pro-Kremlin ont admis que des rapports inexacts aux autorités supérieures avaient conduit au redéploiement prématuré de réserves qui auraient dû consolider la prise de la ville. Résultat : les Russes reculent. L’incompétence et le mensonge systématique minent l’effort de guerre russe de l’intérieur.
Le coût humain par kilomètre carré : un calcul macabre
Faisons un calcul simple et glaçant. Si la Russie a perdu 420 000 soldats en 2025 pour conquérir environ 5 000 kilomètres carrés, cela fait 84 soldats par kilomètre carré. Quatre-vingt-quatre vies humaines pour un seul kilomètre carré de terre ukrainienne. Imaginez un terrain de football. Maintenant imaginez 84 hommes morts pour le conquérir. C’est la réalité de cette guerre. Et encore, ce calcul ne prend en compte que les pertes de 2025. Si l’on considère l’ensemble de la guerre depuis février 2022, le ratio devient encore plus démentiel. 1,2 million de soldats pour occuper une fraction du territoire ukrainien. C’est une stratégie militaire qui défie toute logique, toute humanité, toute raison.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré en octobre 2025 que 25 000 soldats russes sont tués chaque mois. Vingt-cinq mille. Par mois. C’est l’équivalent d’une division entière qui disparaît tous les trente jours. Et pourtant, selon Dmitry Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, 336 000 personnes ont signé des contrats militaires en 2025 — soit plus de 30 000 par mois. La Russie recrute plus vite qu’elle ne perd ses soldats. Une machine à broyer les hommes qui ne s’arrête jamais. Mais à quel prix ? Et pour combien de temps encore?
Quand je lis que la Russie recrute 30 000 soldats par mois pour en perdre 25 000, je me dis que c’est une victoire à la Pyrrhus version XXIe siècle. Oui, techniquement, Poutine peut continuer la guerre. Mais à quel prix humain ? Combien de villages russes vont se vider de leurs hommes ? Combien de mères vont pleurer ? Et surtout, pour quoi ? Pour 0,8 % de territoire ? C’est de la folie pure. Une folie meurtrière qui ne profite qu’à un seul homme : Vladimir Poutine.
Les volontaires de la mort : qui sont ces hommes qui signent pour mourir ?
Le profil des nouvelles recrues : désespoir et illusions
Qui sont ces hommes qui continuent de s’engager dans cette guerre sans fin ? La BBC a mené une enquête approfondie sur les nouvelles recrues russes. En 2024, seulement 15 % des morts russes étaient des « volontaires » — des hommes ayant signé un contrat militaire après le début de l’invasion. En 2025, cette proportion a explosé : un mort sur trois est désormais un volontaire. Ces hommes n’ont rien à voir avec l’armée professionnelle d’avant-guerre. Ce ne sont pas des soldats de carrière. Ce sont des civils, souvent désespérés, attirés par des promesses d’argent et de gloire. Des promesses qui se transforment en cercueils.
Les gouvernements locaux russes, sous pression pour maintenir un flux constant de recrues, déploient des campagnes de recrutement agressives. Ils offrent des primes colossales : jusqu’à 10 millions de roubles (environ 95 000 euros ou 128 000 dollars) pour un an de service. Pour un Russe moyen, c’est une fortune. Mais il y a un piège : tous les contrats signés depuis septembre 2022 sont automatiquement renouvelés jusqu’à la fin de la guerre. Autrement dit, une fois que vous signez, vous êtes piégé. Vous ne pouvez pas partir. Vous êtes là jusqu’à la victoire — ou jusqu’à la mort. Et pour la plupart, c’est la mort qui arrive en premier.
L’histoire de Murat Mukashev : un activiste devenu chair à canon
L’histoire de Murat Mukashev illustre parfaitement le cynisme du système russe. Mukashev était un activiste, un opposant à Poutine. Il avait manifesté contre les violences policières, pour les droits LGBT, pour la libération d’Alexei Navalny. Il avait condamné publiquement l’invasion de l’Ukraine sur les réseaux sociaux. En 2024, il a été arrêté près de chez lui à Moscou et accusé de trafic de drogue à grande échelle. Les charges étaient lourdes, manifestement fabriquées. Pendant son procès, on lui a proposé un marché : signer un contrat militaire et échapper à la prison. Il a refusé. Le tribunal l’a condamné à 10 ans de prison dans une colonie pénitentiaire de haute sécurité.
En novembre 2024, Mukashev a changé d’avis. Pourquoi ? Parce qu’il croyait aux promesses de Donald Trump de mettre fin rapidement à la guerre. Il pensait pouvoir signer, servir quelques mois, et être libéré avant qu’un accord de paix ne soit conclu. Il voulait éviter 10 ans de prison. Il a signé. Le 11 juin 2025, Murat Mukashev est mort dans la région de Kharkiv, combattant dans une unité d’assaut. Un homme qui détestait la guerre, qui avait manifesté contre elle, a fini par y mourir. Tué par le système qu’il combattait. C’est l’ironie cruelle de cette guerre : elle dévore même ceux qui la rejettent.
L’histoire de Mukashev me brise le cœur. Cet homme avait des principes. Il croyait en quelque chose. Et le système l’a broyé. Il l’a piégé, manipulé, puis envoyé mourir. Et il n’est pas le seul. Des milliers d’hommes comme lui, prisonniers, endettés, désespérés, sont jetés dans cette guerre comme de la chair à canon. Poutine ne se bat pas avec une armée. Il se bat avec des vies brisées, des espoirs détruits, des hommes qui n’ont plus rien à perdre. C’est ignoble.
La machine de guerre russe : recrutement forcé et propagande
Les méthodes de recrutement : entre coercition et manipulation
Comment la Russie parvient-elle à recruter 30 000 hommes par mois malgré les pertes catastrophiques ? Par une combinaison de propagande, de manipulation financière et de coercition pure et simple. Les autorités locales ciblent les personnes endettées, les chômeurs, les prisonniers. Elles promettent des sommes astronomiques, une vie meilleure, un avenir radieux. Elles organisent des campagnes dans les universités, les collèges, les centres pour l’emploi. Elles présentent la guerre comme une opportunité, une aventure, un devoir patriotique. Mais elles ne parlent jamais des cercueils qui reviennent. Elles ne parlent jamais des 25 000 morts par mois. Elles ne parlent jamais de la réalité du front.
Et pour ceux qui hésitent, il y a la coercition. Une loi adoptée en 2024 permet aux accusés d’échapper à une condamnation pénale en signant un contrat militaire. Dans un pays où le taux d’acquittement est inférieur à 1 %, c’est une offre qu’on ne peut pas refuser. Vous êtes accusé de vol ? Signez. De drogue ? Signez. De fraude ? Signez. L’alternative, c’est la prison. Et dans les prisons russes, la vie est un enfer. Alors les hommes signent. Ils signent parce qu’ils n’ont pas le choix. Ils signent parce qu’ils croient qu’ils pourront revenir. Mais la plupart ne reviennent jamais.
Les conscrits et les prisonniers : les oubliés de la guerre
Les « volontaires » ne sont pas tous volontaires. La BBC a documenté de nombreux cas de pression et de coercition, en particulier sur les conscrits réguliers et les personnes accusées d’infractions pénales. Les conscrits, ces jeunes hommes appelés pour le service militaire obligatoire, sont censés ne pas être envoyés au front. Mais dans la pratique, beaucoup se retrouvent en Ukraine après avoir été « convaincus » de signer un contrat. Les prisonniers, eux, sont recrutés en masse. Le groupe Wagner, avant sa dissolution, avait fait des prisons russes son vivier de recrutement. Aujourd’hui, c’est l’armée régulière qui prend le relais. Des milliers de détenus sont libérés chaque mois à condition de servir. Beaucoup ne survivent pas à leur premier mois au front.
Et puis il y a ceux qui croient vraiment pouvoir s’en sortir. Ils pensent qu’après un an, ils pourront rentrer chez eux avec de l’argent plein les poches. Ils ne savent pas que leur contrat est automatiquement renouvelé. Ils ne savent pas qu’ils sont piégés. Quand ils le découvrent, il est trop tard. Ils sont déjà sur le front, dans les tranchées, sous les bombardements. Certains tentent de déserter. Mais la désertion est punie de mort. Alors ils restent. Ils se battent. Et ils meurent. Encore et encore. Sans fin.
Ce qui me révolte le plus, c’est le mensonge. Ces hommes signent en croyant qu’ils peuvent partir après un an. Ils ne savent pas qu’ils sont piégés à vie. C’est de l’escroquerie pure et simple. Poutine ne recrute pas des soldats, il piège des hommes désespérés. Il les attire avec de l’argent, puis il les enferme dans un contrat dont ils ne peuvent pas sortir. C’est criminel. Et le pire, c’est que ça marche. Parce que les gens sont désespérés. Parce qu’ils n’ont pas le choix.
Les pertes ukrainiennes : un silence pesant
Les chiffres officiels : 46 000 morts, mais la réalité est bien pire
Parlons maintenant de l’autre côté. L’Ukraine aussi paie un prix terrible dans cette guerre. En février 2025, le président Volodymyr Zelensky a révélé que 46 000 soldats ukrainiens avaient été tués au combat, avec 380 000 autres blessés. Des dizaines de milliers d’autres sont portés disparus ou prisonniers. Mais ces chiffres, aussi tragiques soient-ils, sont probablement sous-estimés. La BBC, en croisant diverses sources et données, estime que le nombre réel de soldats ukrainiens tués pourrait atteindre 140 000. C’est trois fois plus que le chiffre officiel. Trois fois plus de familles brisées, de vies détruites, d’avenirs anéantis.
Pourquoi cette différence ? Parce que l’Ukraine, comme tous les pays en guerre, a intérêt à minimiser ses pertes pour maintenir le moral de la population et le soutien international. Parce que compter les morts dans le chaos d’une guerre est une tâche presque impossible. Parce que certains soldats disparaissent sans laisser de trace, pulvérisés par des obus, ensevelis sous des décombres, perdus dans des fosses communes. Mais quelle que soit la vérité exacte, une chose est certaine : l’Ukraine saigne. Moins que la Russie, certes. Mais elle saigne quand même. Et chaque mort ukrainien est une victoire pour Poutine, même si elle lui coûte dix fois plus cher.
La résistance héroïque face à un ennemi supérieur en nombre
Malgré ces pertes, l’Ukraine tient. Elle tient parce que ses soldats se battent pour leur terre, pour leur liberté, pour leur survie. Ils ne se battent pas pour de l’argent ou par obligation. Ils se battent parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que l’alternative, c’est la disparition de leur pays. Et cette motivation fait toute la différence. Les Russes avancent en masse, en sacrifiant des milliers d’hommes pour gagner quelques kilomètres. Les Ukrainiens défendent chaque mètre de terrain avec acharnement, infligeant des pertes disproportionnées à l’envahisseur. C’est une guerre d’usure, et pour l’instant, l’Ukraine résiste.
Mais jusqu’à quand ? L’Ukraine dépend du soutien occidental pour tenir. Les armes, les munitions, l’aide financière — tout vient de l’extérieur. Et ce soutien, bien que massif, n’est pas illimité. Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ont multiplié les efforts pour négocier un accord de paix. L’Europe hésite, divisée entre ceux qui veulent soutenir l’Ukraine jusqu’à la victoire et ceux qui veulent mettre fin à la guerre à tout prix. Pendant ce temps, les soldats ukrainiens continuent de mourir. Chaque jour. Sans relâche. En espérant que le monde ne les abandonnera pas.
Je regarde l’Ukraine et je vois un pays qui refuse de mourir. Malgré les pertes, malgré la fatigue, malgré l’incertitude, ils tiennent. Et ça force le respect. Mais je me demande combien de temps encore ils pourront tenir sans un soutien massif et inconditionnel de l’Occident. Parce que Poutine, lui, ne s’arrêtera pas. Il continuera à envoyer des hommes mourir jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il veut. Ou jusqu’à ce que la Russie s’effondre sous le poids de ses propres pertes. C’est une course contre la montre. Et personne ne sait qui gagnera.
La diplomatie en échec : quand Poutine refuse la paix
Les tentatives de Trump : espoirs et désillusions
En 2025, Donald Trump a multiplié les efforts pour mettre fin à la guerre. Il a rencontré Volodymyr Zelensky en Floride fin décembre, promettant pour la première fois que les forces américaines participeraient aux garanties de sécurité de l’Ukraine après un accord de paix. C’était une avancée majeure. Le Premier ministre polonais Donald Tusk s’est même déclaré optimiste, affirmant que « la paix est à l’horizon ». Une réunion de la « Coalition des Volontaires » — les alliés de l’Ukraine — était prévue à Kyiv le 3 janvier, puis en France trois jours plus tard. Tout semblait indiquer qu’un accord était possible. Mais Poutine avait d’autres plans.
Le 29 décembre, le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov a accusé l’Ukraine d’avoir tenté d’assassiner Poutine dans sa résidence du lac Valdai, à 140 kilomètres de Moscou. Selon Lavrov, 91 drones ukrainiens auraient été abattus lors de cette attaque. Mais l’histoire ne tenait pas debout. Aucune preuve crédible n’a été fournie. Pas de vidéos, pas de signatures thermiques, pas de témoignages locaux. Les habitants de Valdai ont déclaré à des médias d’opposition qu’ils n’avaient rien entendu. L’Institute for the Study of War a qualifié l’affaire de « probable opération d’information russe ». Même le ministère russe de la Défense s’est contredit, annonçant d’abord 41 drones abattus, puis 49 autres dans des régions à des centaines de kilomètres de Valdai.
Une manipulation pour éviter les négociations
Pourquoi cette mise en scène ? Pour torpiller les négociations. Zelensky l’a dit clairement : « La Russie cherche un prétexte pour saper tous les progrès diplomatiques réalisés avec l’équipe du président Trump ». Et ça a marché. Trump, crédule ou mal informé, a déclaré : « Je n’aime pas ça. Ce n’est pas bien. C’est une chose d’être offensif, c’en est une autre d’attaquer sa maison. Ce n’est pas le bon moment pour faire ça ». Poutine avait réussi à semer le doute. Lavrov a annoncé que « la position de négociation de la Russie sera révisée ». Poutine a ordonné à ses forces de continuer à tenter de s’emparer du reste de la région de Zaporizhia. La guerre continuait.
Quelques jours plus tard, le Wall Street Journal a révélé que les services de renseignement américains avaient déterminé que l’Ukraine n’avait pas ciblé la résidence de Poutine. Trop tard. Le mal était fait. Les espoirs de paix s’étaient évanouis. Et pendant ce temps, les soldats continuaient de mourir. 1 030 Russes le 9 janvier. Combien le lendemain ? Et le jour d’après ? La machine de guerre russe ne s’arrête jamais. Parce que Poutine ne veut pas de la paix. Il veut la victoire. Peu importe le prix.
Cette histoire de fausse attaque contre Poutine me met hors de moi. C’est tellement grossier, tellement évident. Et pourtant, ça marche. Trump y a cru. Ou a fait semblant d’y croire. Et les négociations ont capoté. Pendant ce temps, des hommes meurent. Des milliers d’hommes. Chaque jour. Et Poutine s’en fiche. Il préfère continuer la guerre plutôt que de négocier. Parce qu’il sait qu’il peut tenir. Parce qu’il sait que la Russie peut encaisser les pertes. Parce qu’il sait que l’Occident finira par se lasser. C’est cynique. C’est calculé. C’est monstrueux.
L'arsenal détruit : une armée russe exsangue
Des pertes matérielles colossales
Au-delà des pertes humaines, l’armée russe a subi des pertes matérielles d’une ampleur stupéfiante. 11 526 chars détruits depuis le début de la guerre. Pour mettre ce chiffre en perspective : avant l’invasion, la Russie possédait environ 12 000 chars en service actif. Autrement dit, elle a perdu presque l’intégralité de son parc blindé d’avant-guerre. Certes, elle a sorti des milliers de vieux chars des réserves, des T-62 et T-55 datant de l’ère soviétique. Mais ces machines obsolètes sont des cercueils roulants face aux armes antichars modernes. Chaque char perdu représente non seulement un équipement coûteux, mais aussi un équipage de trois à quatre hommes souvent tués ou blessés.
Les 23 882 véhicules blindés détruits racontent la même histoire. Les 35 892 systèmes d’artillerie anéantis privent la Russie de sa principale force de frappe. L’artillerie a toujours été le pilier de la doctrine militaire russe. Perdre près de 36 000 pièces d’artillerie, c’est perdre la capacité de mener des offensives massives. Les 102 761 drones abattus montrent l’intensité de la guerre électronique et aérienne. Les 434 avions et 347 hélicoptères détruits représentent une saignée pour l’aviation russe, qui peine à remplacer ces appareils sophistiqués. Et les 28 navires coulés, dont 2 sous-marins, ont transformé la mer Noire en cimetière naval pour la flotte russe.
Une capacité de production insuffisante
La Russie peut-elle remplacer ces pertes ? Partiellement, mais pas entièrement. L’industrie de défense russe tourne à plein régime, produisant des chars, des munitions, des drones. Mais elle ne peut pas suivre le rythme de destruction. Les sanctions occidentales ont coupé l’accès à des composants électroniques essentiels. La Russie doit se tourner vers la Chine, l’Iran et la Corée du Nord pour combler les lacunes. Elle récupère des puces électroniques dans des lave-linge et des réfrigérateurs pour fabriquer des missiles. Elle vide ses stocks soviétiques, sortant des entrepôts des équipements vieux de 50 ans. C’est une économie de guerre, mais une économie de guerre qui s’épuise.
Et pendant ce temps, l’Ukraine reçoit un flux constant d’armes occidentales modernes. Des missiles HIMARS, des chars Leopard et Abrams, des systèmes de défense aérienne Patriot et IRIS-T, des drones Bayraktar et Switchblade. Chaque livraison d’armes occidentales renforce la capacité de l’Ukraine à infliger des pertes à la Russie. Et chaque perte russe affaiblit un peu plus l’armée de Poutine. C’est une spirale descendante. La question n’est pas de savoir si la Russie peut gagner cette guerre. La question est de savoir combien de temps elle peut continuer à la perdre avant de s’effondrer.
Quand je vois ces chiffres — 11 526 chars, 35 892 systèmes d’artillerie, 434 avions — je me dis que la Russie est en train de se détruire elle-même. Elle sacrifie son armée, son économie, son avenir pour une guerre qu’elle ne peut pas gagner. Poutine peut continuer à envoyer des hommes mourir, mais il ne peut pas remplacer les équipements perdus. Pas à ce rythme. Pas avec les sanctions. Pas avec l’isolement international. La Russie est en train de se vider de sa substance. Et pour quoi ? Pour 0,8 % de territoire ukrainien. C’est du suicide national.
L'impact sur la société russe : une génération sacrifiée
Les villages vidés de leurs hommes
Les pertes russes ne sont pas uniformément réparties. Ce sont les régions pauvres, les minorités ethniques, les villages reculés qui paient le prix le plus lourd. En Bouriatie, au Daghestan, en Yakoutie, des villages entiers ont perdu la majorité de leurs hommes en âge de combattre. Les cimetières se remplissent de tombes fraîches. Les femmes pleurent leurs maris, leurs fils, leurs frères. Les enfants grandissent sans père. Les écoles manquent d’enseignants masculins. Les usines manquent d’ouvriers. C’est une catastrophe démographique en cours, dont les conséquences se feront sentir pendant des décennies.
À Moscou et Saint-Pétersbourg, les grandes villes, la guerre semble lointaine. Les cafés sont pleins, les magasins ouverts, la vie continue. Mais dans les régions, c’est une autre histoire. Les familles reçoivent des cercueils scellés, interdites de les ouvrir. Elles reçoivent des compensations financières — quelques millions de roubles pour une vie humaine. Elles sont sommées de se taire, de ne pas protester, de ne pas questionner. Celles qui osent parler sont menacées, arrêtées, emprisonnées. Le régime de Poutine ne tolère aucune dissidence, surtout pas sur la guerre.
Le silence imposé : pas de deuil, pas de questions
En Russie, il est interdit de critiquer la « opération militaire spéciale » — le terme officiel pour désigner la guerre. Appeler ça une guerre peut vous valoir jusqu’à 15 ans de prison. Manifester contre la guerre ? Prison. Publier des informations sur les pertes russes ? Prison. Le régime a verrouillé l’espace public. Les médias indépendants ont été fermés ou contraints à l’exil. Les réseaux sociaux sont censurés. Les opposants sont traqués, arrêtés, torturés. La Russie est devenue un État policier où le simple fait de dire la vérité est un crime.
Et pourtant, la vérité finit toujours par émerger. Les cimetières ne mentent pas. Les faire-part de décès ne mentent pas. Les mères qui pleurent ne mentent pas. La BBC et Mediazona ont réussi à confirmer les noms de 160 000 soldats russes tués en scrutant les avis de décès, les réseaux sociaux, les nouveaux monuments aux morts, les tombes fraîches. C’est un travail titanesque, minutieux, dangereux. Mais c’est nécessaire. Parce que ces hommes méritent d’être comptés. Parce que leurs familles méritent de savoir. Parce que le monde mérite de connaître le véritable coût de cette guerre.
Ce qui me brise le cœur, c’est le silence. Ces familles qui pleurent en silence, interdites de parler, interdites de protester. Ces mères qui reçoivent un cercueil scellé et quelques millions de roubles en échange de leur fils. Ces villages qui se vident, ces vies qui s’éteignent, et personne ne peut rien dire. Poutine a transformé la Russie en prison à ciel ouvert. Et le pire, c’est que ça marche. Les gens ont peur. Ils se taisent. Ils acceptent. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Mais un jour, ce silence se brisera. Et ce jour-là, Poutine devra répondre de ses crimes.
Les attaques russes sur les villes ukrainiennes : la terreur comme stratégie
Plus de 1 000 drones et 33 missiles en une semaine
Pendant que les soldats russes meurent par milliers au front, l’aviation russe continue de terroriser les civils ukrainiens. Durant la dernière semaine de 2025, la Russie a lancé plus de 1 000 drones et 33 missiles sur les villes ukrainiennes. Des frappes délibérées contre des infrastructures civiles : centrales électriques, réseaux de chauffage, immeubles résidentiels, hôpitaux, écoles. L’objectif est clair : briser le moral de la population ukrainienne, la plonger dans le froid et l’obscurité, la forcer à capituler. Mais ça ne marche pas. Les Ukrainiens tiennent. Ils réparent, ils reconstruisent, ils résistent.
La défense aérienne ukrainienne a intercepté 86 % des drones et 30 des 33 missiles. C’est un taux d’interception impressionnant, qui témoigne de l’efficacité des systèmes de défense occidentaux fournis à l’Ukraine. Mais les 14 % de drones qui passent suffisent à causer des dégâts considérables. Chaque drone qui atteint sa cible tue des civils, détruit des maisons, coupe l’électricité à des milliers de personnes. Et les trois missiles qui ont échappé à la défense aérienne ont causé des ravages. Des immeubles effondrés, des familles ensevelies, des vies brisées. C’est la réalité quotidienne de la guerre en Ukraine.
La stratégie de la terreur : cibler les civils pour briser la résistance
Ces attaques ne sont pas des « dommages collatéraux ». Ce sont des crimes de guerre délibérés. La Russie cible intentionnellement les infrastructures civiles pour maximiser la souffrance de la population. En plein hiver, couper l’électricité et le chauffage, c’est condamner des millions de personnes au froid, à l’obscurité, à la peur. C’est une forme de torture collective. Et c’est interdit par le droit international. Mais Poutine s’en fiche. Il a déjà été accusé de crimes de guerre par la Cour pénale internationale. Un mandat d’arrêt a été émis contre lui. Mais tant qu’il reste au pouvoir en Russie, il est intouchable.
L’Ukraine riposte. Elle frappe des dépôts de carburant en Crimée, des entrepôts de munitions dans le Donbass, des raffineries en Russie. Le 31 décembre, un dépôt pétrolier à Rybinsk a été détruit par des drones ukrainiens. Une semaine plus tôt, la raffinerie de Novoshakhtinsk dans la région de Rostov avait été frappée. Ces attaques sont documentées, vérifiées, prouvées. Contrairement aux allégations russes sur l’attaque de Valdai, les frappes ukrainiennes sont réelles. Elles visent des cibles militaires et économiques légitimes. Elles affaiblissent la capacité de la Russie à mener la guerre. Et elles montrent que l’Ukraine n’est pas une victime passive. Elle frappe. Elle résiste. Elle se bat.
Quand je vois ces images de villes ukrainiennes bombardées, d’immeubles effondrés, de familles qui pleurent leurs morts, je ressens une rage froide. Poutine ne se contente pas de faire la guerre. Il terrorise des civils. Il tue des enfants. Il détruit des maisons. Et il appelle ça une « opération militaire spéciale ». C’est obscène. C’est criminel. Et le monde regarde, impuissant ou indifférent. Oui, l’Ukraine reçoit des armes. Oui, elle reçoit de l’aide. Mais est-ce suffisant ? Combien de temps encore devra-t-elle endurer cette terreur avant que le monde dise : ça suffit ?
Conclusion : une guerre sans fin, un prix insoutenable
Mille quatre cent seize jours. Plus de trois ans de guerre. 1 216 930 soldats russes éliminés. 11 526 chars détruits. 35 892 systèmes d’artillerie anéantis. 102 761 drones abattus. Et pour quoi ? Pour 0,8 % du territoire ukrainien conquis en 2025. Pour quelques kilomètres carrés de terre gelée, de villages en ruines, de champs de mines. Le calcul est simple et terrifiant : 84 soldats russes morts par kilomètre carré conquis. C’est le prix de l’ambition de Poutine. C’est le prix de son refus de négocier. C’est le prix de sa folie meurtrière.
Et ce prix, ce sont les Russes qui le paient. Les jeunes hommes de Bouriatie, du Daghestan, de Yakoutie. Les prisonniers piégés dans des contrats dont ils ne peuvent pas sortir. Les « volontaires » attirés par des promesses d’argent et envoyés mourir dans des tranchées boueuses. Les conscrits forcés de signer. Les activistes comme Murat Mukashev, broyés par le système. Tous ces hommes, toutes ces vies, tous ces avenirs — sacrifiés sur l’autel de l’ego d’un seul homme. Et pendant ce temps, Poutine dort bien la nuit. Il organise des mises en scène pour torpiller les négociations. Il ordonne de nouvelles offensives. Il envoie de nouveaux hommes mourir. Sans remords. Sans pitié. Sans fin.
L’Ukraine, elle, tient. Malgré les pertes, malgré la fatigue, malgré l’incertitude. Elle tient parce qu’elle n’a pas le choix. Parce que l’alternative, c’est la disparition. Et elle tient parce que le monde la soutient. Pas assez, peut-être. Pas assez vite, certainement. Mais elle tient. Et chaque jour qu’elle tient, c’est une victoire. Chaque soldat russe qui tombe, c’est un pas de plus vers la défaite de Poutine. Chaque char détruit, c’est un affaiblissement de l’armée russe. Chaque drone abattu, c’est une vie ukrainienne sauvée. La guerre est loin d’être finie. Mais une chose est certaine : la Russie ne peut pas gagner. Elle peut seulement continuer à perdre. Jusqu’à ce qu’elle s’effondre. Ou jusqu’à ce que Poutine tombe.
Je termine cet article avec un sentiment de colère et d’impuissance. Colère contre Poutine, contre sa guerre, contre son mépris total de la vie humaine. Impuissance face à l’ampleur du désastre, face aux milliers de morts, face à la souffrance infinie. Mais aussi espoir. Espoir que l’Ukraine tiendra. Espoir que le monde ne l’abandonnera pas. Espoir que justice sera faite, un jour. Parce que ces 1,2 million de soldats russes sacrifiés, ces dizaines de milliers d’Ukrainiens tués, ces familles brisées — ils méritent justice. Ils méritent que le monde se souvienne. Ils méritent que Poutine paie pour ses crimes. Et un jour, je l’espère, il paiera.
Sources
Defense Express – « 1416 Days of russia-Ukraine War – russian Casualties in Ukraine » – 9 janvier 2026 – daysofrussiaukrainewarrussiancasualtiesinukraine-17098.html »>https://en.defence-ua.com/news/1416daysofrussiaukrainewarrussiancasualtiesinukraine-17098.html
Al Jazeera – « Over 400,000 Russians killed, wounded for 0.8 percent of Ukraine in 2025 » par John T Psaropoulos – 2 janvier 2026 – https://www.aljazeera.com/news/2026/1/2/over-400000-russians-killed-wounded-for-0-8-percent-of-ukraine-in-2025
BBC News – « Russia’s losses in Ukraine rise faster than ever as US pushes for peace deal » par Olga Ivshina – 30 décembre 2025 – https://www.bbc.com/news/articles/c62n922dnw7o
État-major des Forces armées ukrainiennes – Rapport quotidien sur les pertes russes – 9 janvier 2026
Institute for the Study of War (ISW) – Analyses et évaluations de la campagne offensive russe – Décembre 2025
Mediazona (en collaboration avec BBC News Russian) – Décompte des pertes militaires russes confirmées – Données mises à jour en continu depuis février 2022
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