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Kyiv dans le noir à -20°C : 600 000 personnes fuient pendant que le monde parle de paix à Davos
Crédit: Adobe Stock

Des vies fauchées dans l’obscurité

Les frappes de cette nuit du 20 au 21 janvier n’ont pas seulement détruit des infrastructures. Elles ont tué. Au moins trois personnes ont perdu la vie à Zaporizhzhia, dans le sud-est de l’Ukraine, après des frappes russes sur cette ville déjà meurtrie par près de quatre ans de guerre. Le gouverneur Ivan Fedorov a annoncé la nouvelle sur Telegram, précisant que les frappes avaient également détruit plusieurs maisons privées et voitures, laissant près de 1 500 foyers sans électricité. Une autre personne a été tuée dans la région de Kyiv, victime des drones et missiles qui ont visé la capitale. Quatre morts confirmés. Mais combien de personnes âgées succomberont dans les prochains jours au froid dans leurs appartements non chauffés ? Combien d’urgences médicales tourneront mal parce que les hôpitaux fonctionnent sur générateurs ? Ces morts-là, personne ne les comptera comme victimes des frappes.

Le président Volodymyr Zelensky, dans son allocution vidéo nocturne, a dressé un tableau glaçant de la situation. Plus d’un million de résidents de Kyiv sans électricité. Plus de 4 000 immeubles sans chauffage. Et ce n’est que la capitale. À travers tout le pays, huit régions ont été frappées simultanément. Vinnytsia, où se trouve le quartier général de l’armée de l’air ukrainienne, a vu une installation d’infrastructure critique touchée. Odesa, sur la mer Noire, a subi des dommages à ses installations énergétiques. À Chornomorsk, un drone a frappé un immeuble résidentiel de plusieurs étages — le bilan des victimes n’était pas encore connu au moment de la rédaction de cet article. La Russie frappe partout, tout le temps, sans distinction entre cibles militaires et civiles. Car il n’y a plus de distinction. Depuis longtemps.

Marina Sergienko a 51 ans. Elle est comptable. Ce matin, je l’ai trouvée — à travers les dépêches de l’AFP — dans une station de métro du centre de Kyiv, emmitouflée dans son manteau et son bonnet comme des dizaines d’autres habitants venus chercher refuge. Elle ne pleure pas. Elle attend. Et quand on lui demande ce qu’elle pense de ces frappes répétées qui plongent des millions de personnes dans le froid et le noir, elle répond avec une lucidité qui me serre le cœur : « Épuiser les gens, pousser les choses jusqu’à un point critique où il ne reste plus de force, briser notre résistance. » Elle a compris. Ils ont tous compris. C’est exactement ce que veut Poutine.

L’ombre nucléaire plane sur Tchernobyl

Mais le plus inquiétant dans cette nuit de frappes se trouve peut-être dans un communiqué de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Les attaques ont affecté plusieurs sous-stations électriques critiques pour la sécurité nucléaire. Des lignes électriques alimentant certaines centrales nucléaires ont été endommagées. Et Tchernobyl — oui, Tchernobyl, le site de la pire catastrophe nucléaire civile de l’histoire — a perdu toute son alimentation électrique externe après une frappe russe. Le mot « Tchernobyl » devrait faire frissonner n’importe quel dirigeant responsable sur cette planète. Ce site nécessite une alimentation électrique constante pour maintenir les systèmes de refroidissement et de confinement. Kyiv a annoncé plus tard que la centrale avait été reconnectée, mais le simple fait que cette situation ait pu se produire est terrifiant. La Russie joue avec le feu nucléaire, littéralement.

Le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Andrii Sybiha, n’a pas mâché ses mots : Moscou utilise « le risque de catastrophe nucléaire comme outil de coercition ». C’est du chantage atomique à l’échelle d’un continent. Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit « outré » par ces attaques « cruelles » sur l’infrastructure énergétique ukrainienne, soulignant que ce sont les civils qui « paient le prix fort ». Mais l’indignation ne réchauffe pas les appartements. L’indignation ne rallume pas les lumières. L’indignation ne ramène pas les morts. Ce qu’il faut, ce sont des actes. Et pendant que Kyiv gèle, le monde se réunit dans les salons feutrés de Davos pour parler d’économie et — accessoirement — de paix en Ukraine.

Sources

Sources primaires

Al Jazeera – Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,427 – 21 janvier 2026
Reuters/AFP – Dépêches sur les frappes russes et l’évacuation de Kyiv – 20-21 janvier 2026
UN News – Ukraine: Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis – 13 janvier 2026
AIEA – Communiqué sur les risques nucléaires liés aux frappes – 21 janvier 2026

Sources secondaires

Euronews – Almost half of Kyiv without heat and power as Russia batters Ukraine’s energy grid – 20 janvier 2026
CNN – Hundreds of thousands of households in Kyiv are without power after Russian strikes – 13 janvier 2026
NBC News – Russia batters Ukraine’s power grid again as officials seek momentum in peace talks – 20 janvier 2026
France 24 – Kyiv mayor calls for temporary evacuation after Russian strikes cause power outages – 9 janvier 2026
Kyiv Independent – US-Ukraine peace talks to continue in Davos – 19 janvier 2026
Japan Today/Reuters – Trump and Putin envoys say Davos meeting on Ukraine was ‘very positive’ – 21 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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