La réunion détournée
La réunion des conseillers en sécurité nationale des pays occidentaux à Davos devait initialement porter sur l’Ukraine. C’était prévu. C’était l’ordre du jour. Mais les leaders européens ont décidé de changer le sujet. La réunion a finalement été consacrée au Groenland.
Mieux encore: un sommet extraordinaire de l’Union européenne a été convoqué pour jeudi. Sujet principal? Le Groenland. Pas l’Ukraine. Pas les 256 frappes russes sur les infrastructures énergétiques depuis octobre. Pas les millions de personnes privées d’électricité et de chauffage.
Le Groenland.
Ce que disent les officiels européens
Un diplomate cité par le Financial Times a été encore plus explicite: « Il est impossible de négocier des garanties de sécurité pour l’Ukraine avec Trump en raison d’un manque de confiance. »
Impossible de négocier. Manque de confiance. Et donc? Donc on ne fait rien. On attend. On reporte. On laisse l’Ukraine se débrouiller avec ses -20 degrés et ses missiles qui tombent chaque nuit.
Tu sais ce qui me frappe le plus dans cette histoire? Ce n’est pas la lâcheté. La lâcheté, on s’y habitue. C’est l’hypocrisie tranquille. Ces mêmes leaders qui, pendant quatre ans, ont juré qu’ils seraient là « jusqu’au bout », qu’ils ne laisseraient jamais tomber l’Ukraine. Ces mêmes voix qui tonnaient contre Poutine. Ces mêmes poignées de main solennelles. Et maintenant? « On n’est pas d’humeur. » J’aimerais bien voir leurs têtes s’ils devaient dire ça en face à une mère ukrainienne qui allume des bougies pour chauffer les mains de ses enfants.
Pendant ce temps, en Ukraine: l'enfer du froid
Les chiffres de l’horreur énergétique
Le 20 janvier 2026, la Russie a lancé une nouvelle attaque massive. Plus de 300 drones et missiles. Balistiques. De croisière. Tous dirigés vers les infrastructures énergétiques.
Résultat immédiat à Kiev: 5 600 immeubles privés de chauffage. Et ce n’est pas la première fois. Ces mêmes immeubles venaient à peine de retrouver le chauffage après l’attaque du 9 janvier, qui avait plongé des milliers de personnes dans le noir pendant des jours.
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a été clair: « C’est la première fois dans l’histoire de notre ville que, par des froids aussi sévères, la plupart de la ville s’est retrouvée sans chauffage et avec une énorme pénurie d’électricité. »
La capacité de production effondrée
Les chiffres sont brutaux. Avant l’invasion de février 2022, l’Ukraine disposait d’une capacité de production électrique de 33,7 gigawatts. En janvier 2026? Il n’en reste que 14 gigawatts. Moins de la moitié. Détruit. Bombardé. Réduit en cendres.
Le nouveau ministre de l’Énergie ukrainien, Denys Shmyhal, l’a dit devant le parlement: « Il ne reste pas une seule centrale électrique en Ukraine que l’ennemi n’a pas attaquée. »
Pas une seule.
Des visages derrière les statistiques
À Kiev, Evgenia et son mari Pavlo cuisinent à la lueur de leur téléphone. Elle a commandé une couverture électrique et deux bouillottes dans un moment de désespoir. Elle a fabriqué un petit radiateur avec un pot en terre cuite et des bougies chauffe-plat. « Ça ne chauffe pas vraiment la pièce », dit-elle, « mais si tu t’assieds à côté, ça réchauffe un peu les mains. »
Son chat, Pushok — un sphynx sans poils, ironie du sort — s’est mis à manger de la soupe. Peut-être parce que c’est chaud.
À Dnipro, le maire Boris Filatov décrit la situation comme « la plus difficile » parmi toutes les villes ukrainiennes. Les hôpitaux fonctionnent partiellement sur générateur. Le métro est à l’arrêt. Les écoles sont fermées parce qu’on ne peut pas chauffer les classes.
La Russie frappe délibérément: ce que disent les experts
Une stratégie de destruction civile
Le Service de sécurité ukrainien (SBU) a publié des données accablantes: depuis le début de la saison de chauffage en octobre, la Russie a mené au moins 256 frappes aériennes sur les installations énergétiques et les systèmes de chauffage.
Leur conclusion: ces frappes « visent à détruire le peuple ukrainien et constituent des crimes contre l’humanité. »
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a qualifié ces attaques de « cruelles ». « Elles doivent cesser », a-t-il déclaré. « Cibler des civils et des infrastructures civiles est une violation claire des règles de la guerre. »
Les paroles de Zelensky
Zelensky a été direct: « Il n’y a absolument aucune justification militaire dans de telles frappes sur le secteur énergétique et les infrastructures qui laissent les gens sans électricité et sans chauffage en plein hiver. »
Il a appelé les alliés à « répondre à cette torture délibérée de notre peuple par la Russie. »
La réponse? Un plan de 800 milliards reporté parce que l’Europe préfère parler du Groenland.
Il y a des moments où ce métier pèse. Où tu te demandes à quoi ça sert d’écrire, de documenter, de crier dans le vide. Et puis tu penses à Evgenia et son pot de terre cuite. À son chat qui mange de la soupe pour se réchauffer. Et tu te dis: quelqu’un doit le raconter. Quelqu’un doit dire que pendant que nos leaders jouaient aux échecs géopolitiques avec le Groenland, des gens ordinaires inventaient des façons de survivre à -20 degrés. Parce que si personne ne le dit, ça n’existe pas. Et s’ils n’existent pas, on peut les abandonner sans remords.
L'avertissement de Rutte: une voix solitaire dans le désert
Ce qu’a dit le secrétaire général de l’OTAN
Au milieu de ce chaos diplomatique, une voix s’est élevée. Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, a averti ses alliés de ne pas laisser les tensions autour du Groenland les distraire de la nécessité de défendre l’Ukraine.
Ses mots, prononcés lors d’une discussion à Davos mercredi, méritent d’être gravés: « L’attention sur l’Ukraine devrait être la priorité numéro un. C’est crucial pour la sécurité européenne et américaine. »
Et il a ajouté, avec une inquiétude palpable: « Je suis vraiment inquiet que nous perdions de vue [l’Ukraine] et qu’entre-temps, les Ukrainiens n’aient pas assez d’intercepteurs pour se défendre. »
Une mise en garde ignorée
Pas assez d’intercepteurs. Zelensky l’a confirmé: certains systèmes de défense aérienne ont récemment épuisé leurs munitions avant l’arrivée d’un nouveau chargement.
Imaginez. Un pays bombardé chaque nuit. Des systèmes de défense à sec. Et l’Europe qui débat du Groenland.
Pourquoi l'Ukraine est liée à la survie de l'Europe
Le mur de l’Est
Ce que beaucoup semblent oublier — ou choisissent d’ignorer — c’est que l’Ukraine n’est pas un problème lointain. L’Ukraine est le mur. Le rempart. La ligne qui sépare l’Europe de l’expansion russe.
Si l’Ukraine tombe, si elle n’est pas aidée, encadrée, secourue, c’est le sort que Moscou réserve à l’Europe tout entière. Pas demain. Pas dans dix ans. Maintenant.
Les pays baltes le savent. La Pologne le sait. Même l’Allemagne, dans ses moments de lucidité, le reconnaît. Mais quand vient le moment d’agir? Silence.
Les ressources stratégiques ukrainiennes
L’Ukraine possède des ressources naturelles évaluées à 26 000 milliards de dollars. C’est l’équivalent de la richesse minérale du Canada ou de l’Australie. Le pays détient un tiers des réserves de lithium prouvées en Europe. Ses réserves de gaz sont les deuxièmes plus importantes du continent, après la Norvège.
L’Ukraine n’est pas un fardeau. C’est un trésor. Un trésor que Poutine veut s’approprier. Et si la Russie met la main dessus, elle ne s’arrêtera pas là.
Le signal envoyé à Moscou
Chaque hésitation européenne envoie un message à Moscou: continuez. Chaque report d’accord dit à Poutine: l’Occident se fatigue. Chaque dispute sur le Groenland confirme ce que le Kremlin espère depuis le début: l’alliance transatlantique est fragile, et il suffit de pousser un peu pour qu’elle s’effrite.
L’émissaire de Poutine, Kirill Dmitriev, s’est pointé à Davos sans même être invité. Il a rencontré les envoyés de Trump — Steve Witkoff et Jared Kushner — pendant plus de deux heures. Witkoff a qualifié les discussions de « très positives ».
Très positives. Pour qui?
Et nous, on fait quoi? On regarde? On commente? On s’indigne sur les réseaux sociaux avant de passer à autre chose? Je me pose la question sincèrement. Parce que si l’Europe abandonne l’Ukraine, ce n’est pas seulement l’Ukraine qu’elle abandonne. C’est elle-même. C’est l’idée que les valeurs qu’on proclame signifient quelque chose. C’est la promesse qu’on ne laisse pas tomber ceux qui se battent pour leur liberté. Si cette promesse ne vaut rien, alors on ne vaut pas grand-chose non plus.
Les chiffres de la reconstruction: ce qui était sur la table
Le plan de prospérité de 800 milliards
Le plan de reconstruction présenté par Zelensky en décembre 2025 prévoyait 800 milliards de dollars sur dix ans. L’objectif: relancer l’économie ukrainienne, recréer des emplois, ramener la vie dans les régions dévastées.
Selon la Banque mondiale, les besoins de reconstruction et de relance de l’Ukraine s’élèvent à 486 milliards de dollars. L’École d’économie de Kiev estime les pertes financières indirectes à plus de 1 200 milliards de dollars en revenus perdus.
Les experts s’accordent sur un point: l’opportunité de reconstruction dépasse largement les 1 000 milliards de dollars. C’est le plus grand projet d’investissement des vingt prochaines années.
L’engagement européen… sur papier
L’Union européenne avait prévu une allocation budgétaire de 100 milliards d’euros pour l’Ukraine. Ce montant pouvait être augmenté de plusieurs centaines de milliards supplémentaires. La Commission européenne proposait de générer ces fonds en réduisant les subventions agricoles et les fonds de cohésion d’au moins 20%.
En tout, la part réelle de l’Ukraine dans le prochain budget européen pourrait atteindre 360 milliards d’euros.
Mais tout ça, c’était avant le Groenland.
La rencontre Trump-Poutine qui se profile
Ce qui s’est passé à Davos
Pendant que l’Europe tergiversait, les émissaires américains et russes se parlaient. Witkoff et Kushner ont prévu de rencontrer Vladimir Poutine et la délégation ukrainienne jeudi.
Le Kremlin a confirmé que la rencontre avec Poutine était à l’agenda de Moscou.
Et l’Europe? L’Europe n’était pas dans la pièce.
Les implications pour l’Ukraine
Le Guardian britannique a averti que le consentement tacite de l’Europe à l’acquisition forcée du Groenland par Washington enverrait un « signal désastreux » sur la crédibilité géopolitique de l’UE et son engagement envers l’Ukraine.
Un signal désastreux. C’est exactement ça. Quand tu laisses Trump menacer un allié de l’OTAN pour une île, et que tu ne fais rien, tu dis à Poutine qu’il peut continuer à bombarder des civils. Parce que personne n’osera vraiment s’opposer à lui.
L'appel humanitaire de l'ONU: 2,31 milliards pour 2026
Les besoins immédiats
L’ONU et ses partenaires ont lancé un appel humanitaire de 2,31 milliards de dollars pour 2026. L’objectif: soutenir 4,12 millions de personnes confrontées aux besoins les plus sévères.
Rosemary DiCarlo, sous-secrétaire générale des Nations Unies aux affaires politiques, a été directe devant le Conseil de sécurité: « Le début de 2026 n’a apporté ni paix ni répit à l’Ukraine, mais des combats renouvelés et de la dévastation. »
Les victimes les plus vulnérables
L’impact des frappes russes frappe le plus durement les plus vulnérables: les personnes âgées, les enfants, les personnes à mobilité réduite. Ce sont eux qui souffrent le plus quand le chauffage s’éteint à -20 degrés.
Ramesh Rajasingham, directeur du secteur humanitaire à l’OCHA, a lancé un appel direct: « Les civils qui endurent ces attaques ont besoin de plus que des déclarations de préoccupation de ce conseil. Ils ont besoin d’actions concrètes. »
Des actions concrètes. Pas des disputes sur le Groenland.
Tu veux savoir ce qui me reste de cette semaine? Un détail. Un seul. Cette image d’une mère ukrainienne qui souffle sur les mains de sa fille de trois ans pour les réchauffer. Captée par un photographe de Reuters à Kiev, le 14 janvier. Elle souffle. Encore et encore. Parce qu’il n’y a plus de chauffage. Parce qu’il n’y a plus d’électricité. Parce que les puissants de ce monde, réunis dans leurs salons feutrés de Davos, ont décidé que le Groenland était plus important. Je n’oublierai pas cette image. Et j’espère que toi non plus.
Ce que Zelensky a dit sur l'économie ukrainienne
Une résilience remarquable
Malgré tout, l’économie ukrainienne résiste. Le PIB nominal, qui était tombé de 200 milliards à 160 milliards de dollars en 2022, a rebondi à environ 185 milliards en 2024 et devrait dépasser les niveaux d’avant l’invasion en 2025.
Cette résilience est alimentée par les exportations agricoles, la métallurgie, l’informatique, et environ 35 milliards de dollars par an de soutien financier des partenaires occidentaux.
Zelensky l’a dit clairement: « Trump est concentré sur la relance économique de l’Ukraine. Il croit que c’est la tâche numéro un: créer des emplois en Ukraine. »
Les négociations commerciales
Dans une interview à Bloomberg le 9 janvier, Zelensky a révélé que des discussions étaient en cours sur un potentiel accord de libre-échange avec les États-Unis. L’accord comprendrait des tarifs zéro et s’appliquerait à certaines régions industrielles de l’Ukraine, offrant au pays « des avantages très sérieux » par rapport à ses voisins.
Tout cela était possible. Tout cela était à portée de main. Et puis le Groenland.
La question qui hante: jusqu'à quand?
La fatigue de l’Occident
Quatre ans. Presque quatre ans de guerre totale. Et l’Occident montre des signes de fatigue. Les priorités changent. Les crises s’accumulent. L’attention se disperse.
Mais la Russie, elle, ne se fatigue pas. Elle continue de bombarder. Chaque nuit. 242 drones et 36 missiles dans la nuit du 8 au 9 janvier. 293 drones et 18 missiles le 13 janvier. Plus de 300 drones et missiles le 20 janvier.
La Russie ne négocie pas. Elle détruit.
Les Ukrainiens tiennent
Et les Ukrainiens? Ils tiennent. Un sondage cité par Russia Matters indique que 72% des Ukrainiens approuveraient un plan de paix gelant les lignes de front avec des garanties de sécurité, sans reconnaître les territoires occupés comme russes.
Ils sont prêts à endurer. Mais combien de temps encore sans aide suffisante? Combien d’hivers à -20 degrés? Combien de nuits sous les missiles?
Le verdict: une trahison en costume trois-pièces
Ce que l’Europe a fait
L’Europe a choisi le Groenland. Elle a détourné le regard de l’Ukraine au moment précis où l’Ukraine en avait le plus besoin. Elle a reporté un plan vital, abandonné des discussions cruciales, laissé Moscou rire sous cape.
Ce n’est pas une erreur stratégique. C’est une trahison morale. Une trahison en costume trois-pièces, avec des poignées de main polies et des communiqués vides.
Ce que ça signifie pour demain
Si l’Ukraine tombe, l’Europe suivra. Pas militairement, peut-être. Mais moralement. Politiquement. Stratégiquement. Le message aura été envoyé: l’Occident abandonne ceux qui se battent pour ses valeurs quand ça devient inconfortable.
Et une fois ce message reçu, qui nous croira encore?
Je termine ce texte avec une boule dans la gorge. Pas de tristesse. De rage contenue. Parce que je sais que demain, il y aura une autre attaque russe. D’autres civils dans le froid. D’autres promesses non tenues. Et quelque part, dans un salon chauffé de Bruxelles ou de Berlin, quelqu’un dira encore qu’il faut « rester prudent » et « ne pas précipiter les choses ». Pendant ce temps, à Kiev, une petite fille attend que sa mère lui souffle sur les doigts. C’est ça, l’Europe de 2026. Et j’ai honte.
Sources:
Al Jazeera, « US, Russia envoys meet in Davos as Ukraine reconstruction plan postponed », 21 janvier 2026
Financial Times, rapports sur le report du plan de reconstruction, janvier 2026
CNN, « Russian strikes and the coldest winter in years leave Ukrainians out in the cold », 17 janvier 2026
NBC News, « Russia batters Ukraine’s power grid again », 20 janvier 2026
UN News, « Ukraine: Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis », 14 janvier 2026
Euronews, « Russian attacks leave 1 million people in Ukraine without electricity and water », 8 janvier 2026
Kyiv Independent, « US and Ukraine plan to sign $800bn deal at Davos », 9 janvier 2026
The Telegraph, rapports sur l’accord Zelensky-Trump, janvier 2026
Meduza, « How Russia’s winter attack campaign threatens to fracture Ukraine’s power grid », 19 janvier 2026
Ukraine House Davos, documentation officielle 2025-2026
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