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ÉDITORIAL : L’ombre d’Epstein s’étend sur Trump, Clinton et les puissants — jusqu’où ira l’impunité ?
Crédit: Adobe Stock

L’histoire de « Katie Johnson » : une mineure, un président, et un système qui a échoué

Parmi les documents publiés, une plainte se distingue par son horreur. Celle d’une jeune fille, 13 ou 14 ans, qui aurait été contrainte de pratiquer une fellation sur Donald Trump dans le New Jersey, il y a 35 ans. Selon le témoignage recueilli par le FBI, la jeune fille aurait mordu Trump pendant l’agresson, avant de recevoir un coup au visage. Elle aurait ri. Lui, aurait réagi avec violence. Le ministère de la Justice a reconnu que certaines allégations provenaient d’appels anonymes ou d’informations non vérifiées. Mais est-ce une raison pour les ignorer ? Est-ce une excuse pour ne pas enquêter ? Pour ne pas donner la parole à celles qui ont souffert ?

 

Cette jeune fille, aujourd’hui une femme, porte un nom dans les documents : Katie Johnson. Mais derrière ce nom, il y a des dizaines, des centaines d’autres. Des filles, des adolescentes, des femmes, dont les vies ont été détruites par un homme et par ceux qui l’ont protégé. Ghislaine Maxwell, complice d’Epstein, purge une peine de 20 ans de prison. Epstein, lui, s’est suicidé en prison avant de pouvoir être jugé. Mais les autres ? Ceux qui ont profité de son réseau, ceux qui ont fermé les yeux, ceux qui ont détourné le regard ? Où sont-ils ? Pourquoi ne paient-ils pas ? Pourquoi, quand une victime ose parler, doit-elle affronter le doute, les menaces, le mépris, tandis que ses agresseurs continuent de vivre leur vie, impunément ?


Je ne peux m’empêcher de penser à ces femmes. À ces filles. À celles qui ont osé parler, et à celles qui n’ont jamais pu le faire. Je pense à leur courage. À leur solitude. À leur colère, aussi. Parce que, au fond, ce qui est le plus insupportable, ce n’est pas seulement ce qu’elles ont subi. C’est le fait que, aujourd’hui encore, on puisse douter d’elles. Qu’on puisse préférer croire les démentis des puissants plutôt que leurs témoignages. Qu’on puisse continuer à vivre comme si de rien n’était, alors qu’elles, elles portent ces cicatrices à vie. Et je me demande : si c’était ma fille, ma sœur, ma mère, est-ce que j’accepterais qu’on ferme les yeux ? Est-ce que je me tairais ? Ou est-ce que je hurlerais jusqu’à ce que justice soit faite ?

Le silence des institutions : quand la justice devient complice

Ce qui frappe, dans cette affaire, c’est l’omerta. Le silence. L’incapacité — ou le refus — des institutions de protéger les victimes. Le FBI a reçu des signalements. Le ministère de la Justice a ouvert des enquêtes. Les médias ont relayé les informations. Pourtant, aujourd’hui, aucun nouveau procès n’est annoncé. Aucune inculpation n’est envisagée. Les documents publiés sont censurés, caviardés, expurgés. Les victimes dénoncent un dossier encore largement censuré. Elles réclament la vérité. Elles exigent des réponses. Mais qui les écoute ? Qui les entend ?

Le pire, c’est que cette histoire n’est pas nouvelle. Elle se répète, encore et toujours. Harvey Weinstein. R. Kelly. Epstein. À chaque fois, le même scénario : des années de silence, des victimes qui osent enfin parler, des puissants qui nient, des institutions qui tergiversent. Et au final, quelques têtes tombent, mais le système, lui, reste intact. Parce que le vrai problème, ce n’est pas Epstein. Ce n’est pas Maxwell. C’est nous. C’est notre société, qui préfère fermer les yeux plutôt que de regarder la vérité en face. Qui préfère croire que ces choses-là n’arrivent qu’aux autres. Qui préfère penser que, de toute façon, on ne peut rien y faire.

Trump, Clinton et les autres : l’impunité des intouchables

Donald Trump : entre dénis et mensonges

 

Donald Trump a toujours nié toute implication dans les agissements d’Epstein. Pourtant, les documents montrent qu’il a voyagé à bord de son avion privé, le fameux « Lolita Express ». Qu’il a fréquenté ses cercles. Qu’il a été cité dans des témoignages. La Maison Blanche a qualifié les accusations de « mensongères et sensationnalistes ». Mais comment croire un homme qui a été accusé à plusieurs reprises d’agressons sexuelles, qui a été filmé en train de se vanter de « saisir les femmes par la ch*tte », qui a été condamné pour fraude fiscale et obstruction à la justice ? Comment croire un système qui, une fois de plus, semble prêt à tout pour protéger les siens ?

Et puis, il y a cette phrase, dans les documents : « Certains des documents contiennent des allégations mensongères et sensationnalistes à l’encontre du président Trump ». Mensongères ? Peut-être. Mais alors, pourquoi ne pas enquêter ? Pourquoi ne pas donner la parole aux victimes ? Pourquoi ne pas faire toute la lumière ? Parce que la vérité, c’est que Trump n’est pas le seul. Il n’est qu’un nom parmi d’autres. Un symbole. Celui d’un système où les puissants peuvent tout se permettre, tant qu’ils ont assez d’argent, assez d’influence, assez de complices.

Je me souviens d’une phrase de Trump, en 2016, quand on lui a demandé s’il connaissait Epstein : « Je le connaissais comme tout le monde à Palm Beach. C’était un type très populaire. » Popularité. Réseau. Influence. Voilà les mots qui comptent. Pas justice. Pas vérité. Pas réparation. Et ça, c’est ce qui me révolte le plus. Parce que, au fond, ce que ces documents révèlent, ce n’est pas seulement l’horreur des actes commis. C’est l’horreur d’un monde où l’on peut être accusé d’avoir abusé d’une mineure, où l’on peut être cité dans des enquêtes pour violences sexuelles, et où l’on peut quand même devenir président. Où l’on peut continuer à donner des conférences, à signer des contrats, à influencer des millions de personnes. Où l’on peut, en somme, échapper à tout. Même à la honte.

Bill Clinton : l’ami d’Epstein qui ne savait « rien »

Bill Clinton, lui aussi, a nié toute implication. Il a toujours affirmé ne pas avoir connu les activités criminelles d’Epstein. Pourtant, les documents montrent qu’il a voyagé avec lui. Qu’il a séjourné sur ses îles. Qu’il a été photographié en sa compagnie. Le FBI a enquêté sur ses liens avec Epstein. Certaines allégations ont été jugées « non crédibles ». D’autres restent en suspens. Mais une fois de plus, aucune suite judiciaire. Aucun procès. Juste des démentis. Des communiqués. Des silences.

Et puis, il y a cette photo. Celle de Clinton, souriante, dans un jacuzzi, sur une île d’Epstein. Une photo qui a fait le tour du monde. Une photo qui pose une question simple : comment peut-on ignorer ce qui se passe autour de soi ? Comment peut-on fermer les yeux sur l’indicible ? Les victimes, elles, n’ont pas eu ce luxe. Elles ont dû ouvrir les yeux. Elles ont dû vivre l’enfer. Elles ont dû porter le poids de ces souvenirs toute leur vie. Alors, quand un homme comme Clinton affirme ne « rien savoir », je me demande : est-ce qu’il ment ? Est-ce qu’il a vraiment fermé les yeux ? Ou est-ce que, tout simplement, il s’en fichait ?

Sources

Sources primaires

Selon des documents du FBI, Trump accusé d’abus sur mineure – Kapitalis – 2 février 2026

Donald Trump, Elon Musk, l’ex-prince Andrew… Quels noms apparaissent dans les nouveaux documents de l’affaire Epstein ? – Franceinfo – 31 janvier 2026

Retour sur les personnalités citées dans les derniers documents de l’affaire Epstein – Le Devoir – 1er février 2026

Sources secondaires

Voici les personnalités citées dans les derniers documents de l’affaire Epstein – TVA Nouvelles – 30 janvier 2026

Affaire Epstein: que révèlent les nouveaux documents publiés par le ministère américain de la Justice? – TV5Monde – 31 janvier 2026

Affaire Epstein | Les hommes puissants qui apparaissent dans les nouveaux documents – La Presse – 1er février 2026

Affaire Epstein : ce que révèlent les nouveaux (et derniers ?) documents publiés par le ministère de la Justice – RTBF – 31 janvier 2026

Trois millions de pages sur l’affaire Epstein publiées dans un ultime volet – RTS – 31 janvier 2026

US Justice Department releases 3 million pages of Jeffrey Epstein files – Euronews – 30 janvier 2026

Affaire Epstein : plus de trois millions de nouveaux documents publiés, Bill Gates, Donald Trump et l’ex-prince Andrew cités – TF1 Info – 31 janvier 2026

Affaire Epstein : 3 millions de nouveaux documents publiés par la justice américaine – Radio-Canada – 30 janvier 2026

Trump, Musk, Jack Lang, Le Maire : ce que révèlent les nouveaux documents de l’affaire Epstein – Sud Radio – 2 février 2026

Massive trove of Epstein files released by DOJ, including 3 million documents and photos – CBS News – 2 février 2026

Relationship of Bill Clinton and Jeffrey Epstein – Wikipedia – 2 février 2026

Scandale Epstein: trois millions de pages publiées et de nouvelles accusations – RFI – 31 janvier 2026

Dossier Epstein | Plus de trois millions de nouvelles pages publiées – La Presse – 30 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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