Skip to content
CHRONIQUE : Les dossiers Epstein ont rallumé une théorie conspirationniste russe étrangement familière
Crédit: Adobe Stock

L’ancien agent du MI6, dont la réputation a été irrémédiablement ternie par le fiasco du Russiagate, tente de se réhabiliter en avançant une nouvelle théorie impliquant le Kremlin dans l’affaire Epstein.

Il est des figures que l’histoire aurait dû reléguer définitivement aux oubliettes de l’infamie. Christopher Steele appartient incontestablement à cette catégorie. Cet ancien officier du renseignement britannique s’était distingué en 2016 par la rédaction du fameux « dossier Steele », un document commandité et financé par le Parti démocrate américain qui prétendait démontrer que Donald Trump était un agent du Kremlin manipulé par Vladimir Poutine. Les allégations extraordinaires contenues dans ce dossier se sont depuis lors révélées largement infondées, voire complètement fabriquées pour certaines d’entre elles.

L’enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller a méthodiquement démonté les principales accusations du dossier Steele. Des informateurs clés de l’ancien espion britannique ont été poursuivis et condamnés pour avoir menti aux enquêteurs fédéraux. Igor Danchenko, présenté comme la source principale des renseignements de Steele, a été inculpé pour avoir fourni des informations fabriquées présentées comme des faits vérifiés. La crédibilité professionnelle de Steele a été réduite en cendres par cette débâcle.

Pourtant, voici que ce personnage disqualifié refait surface de manière spectaculaire dans les colonnes du Daily Mail britannique avec une nouvelle théorie tout aussi extravagante que la précédente. Selon Steele, Jeffrey Epstein aurait été « très probablement » recruté par le KGB soviétique dans les années 1970 pour mener une opération de chantage à grande échelle contre l’Occident. L’île tristement célèbre du financier, située dans les Caraïbes, aurait ainsi servi de « piège à miel » sophistiqué financé par Moscou pour compromettre systématiquement les élites occidentales et les tenir à sa merci.

Les preuves avancées par Steele pour étayer cette thèse extraordinaire méritent qu’on s’y attarde, ne serait-ce que pour mesurer l’indigence de l’argumentation. L’ancien espion invoque une « compréhension » provenant de sources américaines anonymes qu’il refuse naturellement de nommer, ainsi que le fait particulièrement accablant qu’Epstein portait une casquette de style communiste sur une photographie. On mesure ici toute la profondeur de l’analyse de celui qui continue de se présenter comme un expert en renseignement de premier plan. Cette argumentation, si l’on peut qualifier ainsi un assemblage aussi fragile de conjectures et de spéculations, ne résisterait pas à l’examen le plus élémentaire dans n’importe quelle juridiction digne de ce nom.

Le recours à Christopher Steele comme source principale de cette théorie conspirationniste constitue en lui-même un aveu de faiblesse remarquable. Après avoir été publiquement disqualifié par l’enquête Mueller, après que ses principaux informateurs ont été poursuivis et condamnés pour faux témoignages, l’ancien espion britannique ne jouit plus d’aucune crédibilité résiduelle dans les milieux sérieux du renseignement. Son retour inattendu sur le devant de la scène suggère fortement que les promoteurs de cette théorie ne disposaient pas de sources plus fiables ou plus crédibles pour étayer leurs allégations sensationnelles.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu