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ANALYSE : 1 500 kilomètres dans le ventre de la Russie — quand un drone ukrainien frappe plus loin que la peur
Crédit: Adobe Stock

Quand le Bachkortostan entre dans la guerre

Sterlitamak est une ville de 276 000 habitants, nichée entre l’Oural et les steppes bachkires, à 1 200 kilomètres à l’est de Moscou. Pour les Russes qui y vivent, la guerre était un écran de télévision. Un défilé de cercueils qu’on ne comptait plus, certes, mais lointain. Abstrait. La détonation de cette nuit vient de rendre la guerre concrète — dans l’odeur, dans le souffle, dans le tremblement des vitres.

Le Bachkortostan est la septième république la plus peuplée de Russie. C’est aussi l’une des régions qui a fourni le plus de soldats contractuels à l’armée russe, recrutés dans les villages pauvres de l’Oural méridional. Ildar, 22 ans, de Salavat, à 30 kilomètres de Sterlitamak, est parti signer un contrat en septembre 2024 pour 195 000 roubles par mois. Sa mère n’a reçu qu’un certificat de décès, daté du 14 janvier 2025, sans lieu de mort indiqué. Ce soir, la guerre est revenue frapper à la porte de sa ville voisine.

On envoie les fils du Bachkortostan mourir en Ukraine. Et les drones ukrainiens viennent brûler les usines du Bachkortostan. Il y a une symétrie là-dedans qui devrait empêcher de dormir quiconque a signé un ordre de mobilisation dans cette république.

1 500 kilomètres : la nouvelle portée stratégique

En février 2024, la portée maximale confirmée des drones ukrainiens était d’environ 800 kilomètres. En janvier 2025, les frappes sur la raffinerie de Riazan avaient repoussé la limite à 1 000 kilomètres. La frappe sur Tcherepovets, annoncée quelques jours avant celle-ci, atteignait 1 100 kilomètres. Sterlitamak, c’est 1 500. La courbe est exponentielle. Et elle n’a aucune raison de s’arrêter.

Chaque centaine de kilomètres supplémentaire multiplie le nombre de cibles accessibles de façon géométrique. À 1 500 kilomètres, l’Ukraine peut théoriquement atteindre la quasi-totalité de la Russie européenne, y compris des installations que le Kremlin croyait hors de portée. Les raffineries de Tcheliabinsk. Les dépôts de munitions de Perm. Les usines d’armement de Nijni Taguil. La carte de la vulnérabilité russe vient d’être redessinée — par un drone qui coûte une fraction du prix d’un missile de croisière.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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