Skip to content
ANALYSE : JD Vance relance le Pizzagate — quand le vice-président des États-Unis légitime une théorie du complot pour protéger son patron
Crédit: Adobe Stock

Un président cité plus d’un million de fois dans les fichiers

Donald Trump est mentionné plus d’un million de fois dans les fichiers Epstein déclassifiés. C’est un fait. Pas une accusation — un fait. Être nommé dans ces documents ne constitue pas une preuve de culpabilité, comme l’administration le rappelle avec raison pour Trump, pour Bill Clinton, pour Michael Jackson. Mais quand Vance se lève pour parler de Pizzagate, il ne parle pas de justice. Il construit un périmètre de défense. La logique est limpide : si tout le monde est suspect, personne ne l’est vraiment. Si le mot « pizza » suffit à rouvrir une enquête, alors le million de mentions de Trump se noie dans le bruit.

Vance a d’ailleurs pris soin de raconter que les courriels montreraient qu’Epstein « détestait » Trump. Que Trump lui rendait cette détestation. « Le fait que Jeffrey Epstein déteste Donald J. Trump est une plutôt bonne chose pour Donald J. Trump », a conclu le vice-président, avec le sourire d’un avocat qui vient de plaider la relaxe. Et pourtant, il existe un entretien de 2002 accordé au New York Magazine dans lequel Trump qualifiait Epstein de « type formidable » en précisant : « On dit même qu’il aime les belles femmes autant que moi, et beaucoup d’entre elles sont du côté jeune. » Cette citation n’a pas été mentionnée dans l’amphithéâtre de Géorgie.

On ne protège pas quelqu’un en disant la vérité. On le protège en choisissant quelle vérité dire, à quel moment, et à quel public. Vance ne ment pas — il sélectionne. C’est plus efficace.

L’ancienne procureure générale, le nouveau procureur, et le mur du silence

L’ancienne procureure générale Pam Bondi a été sous le feu des critiques pour sa gestion des fichiers Epstein avant d’être remplacée. Le procureur général par intérim Todd Blanche a déclaré qu’il n’y avait « rien » de plus à publier sur Epstein. Le Département de la Justice américain, sous administration Trump, freine la déclassification complète. Le même Département que Vance prétend vouloir contourner en demandant des enquêtes. La contradiction est si visible qu’elle en devient un aveu : Vance ne demande pas une enquête sur Epstein. Il demande une enquête sur les ennemis de Trump qui apparaissent dans les fichiers Epstein. La nuance est un gouffre.

Un étudiant a posé la question frontale : « Si des responsables gouvernementaux compromis figurent dans ces fichiers, comment le public peut-il faire confiance à cette administration pour demander des comptes quand son propre Département de la Justice bloque activement l’enquête ? » Vance n’a pas répondu à cette question. Il a parlé de pizza.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu