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ANALYSE : Le nucléaire dans l’espace — quand l’Amérique mise sur la fission pour coloniser la Lune
Crédit: Adobe Stock

Quatorze jours sans soleil au pôle Sud

Le site d’atterrissage prévu pour Artemis III se trouve dans la région du pôle Sud lunaire, près du cratère Shackleton. Les scientifiques y cherchent de la glace d’eau piégée dans des cratères en ombre permanente — des zones qui n’ont pas vu la lumière du soleil depuis des milliards d’années. L’ironie est brutale : les ressources les plus précieuses de la Lune se trouvent exactement là où l’énergie solaire est la plus rare. Forer dans l’obscurité perpétuelle exige une source d’énergie qui ne dépend pas du ciel.

Lors des missions Apollo, entre 1969 et 1972, les astronautes restaient quelques jours. Leurs besoins énergétiques tenaient dans des piles à combustible. Le programme Artemis vise des séjours de plusieurs semaines, puis de plusieurs mois. Il faut chauffer les habitats quand la température descend à moins 173 degrés Celsius pendant la nuit lunaire. Il faut faire fonctionner des électrolyseurs pour extraire l’oxygène du régolithe. Il faut alimenter des rovers, des foreuses, des serres expérimentales. Aucune batterie existante ne tient ce rythme.

La Lune n’est pas hostile par accident. Elle est hostile par conception. Et la seule réponse humaine à une hostilité de cette magnitude, c’est la même énergie qui alimente des sous-marins et des porte-avions depuis soixante ans : l’atome fendu.

Le solaire, insuffisant par nature

Les panneaux solaires fonctionnent remarquablement bien en orbite terrestre basse. Sur la Lune, les contraintes changent radicalement. La poussière lunaire — le régolithe — est électrostatique. Elle adhère à toute surface. Les expériences d’Apollo ont montré que cette poussière fine comme du talc, mais abrasive comme du verre pilé, recouvrait les équipements en quelques heures. Eugene Cernan, commandant d’Apollo 17 en décembre 1972, avait décrit la poussière comme le problème opérationnel numéro un de la surface lunaire.

Même en supposant des panneaux solaires auto-nettoyants — technologie qui n’existe pas encore à cette échelle — reste le problème fondamental de la nuit. Stocker 14 jours d’énergie solaire dans des batteries impliquerait des masses de stockage que même le Space Launch System de la NASA ne pourrait acheminer en un seul vol. Le calcul est impitoyable. Et pourtant, il a fallu des décennies pour que le nucléaire spatial passe du statut de fantasme à celui de programme budgété.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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