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ANALYSE : La Russie et la Chine abandonnent le dollar — et l’Occident regarde ses pieds
Crédit: Adobe Stock

Le privilège exorbitant né dans un hôtel du New Hampshire

En juillet 1944, dans l’hôtel Mount Washington à Bretton Woods, 44 nations ont décidé que le dollar américain serait la colonne vertébrale du système monétaire international. L’idée était simple : le dollar est adossé à l’or, toutes les autres monnaies sont adossées au dollar. Richard Nixon a rompu ce lien en 1971, mais le dollar est resté. Il est resté parce que le pétrole se vendait en dollars — les fameux pétrodollars — et parce que la puissance militaire américaine garantissait la stabilité du système.

Valéry Giscard d’Estaing avait trouvé la formule exacte dans les années 1960 : « un privilège exorbitant ». Les États-Unis pouvaient imprimer la monnaie que le monde entier était obligé d’utiliser. Chaque transaction en dollars, partout sur la planète, passait par une banque américaine. Chaque banque américaine répondait au Trésor américain. Chaque transaction en dollars donnait donc à Washington un droit de regard — et un droit de veto. Les sanctions contre l’Iran, contre la Corée du Nord, contre la Russie : toutes reposaient sur ce mécanisme. Couper un pays du dollar, c’était le couper de l’oxygène économique mondial.

On ne mesure pas un empire à ses soldats. On le mesure à sa monnaie. Et un empire dont la monnaie est contournée est un empire qui se fissure par le sous-sol.

Le système Swift comme arme de destruction massive

Quand l’Union européenne et les États-Unis ont déconnecté sept banques russes du réseau Swift le 26 février 2022 — deux jours après l’invasion totale de l’Ukraine — l’objectif était clair : asphyxier l’économie russe. Bruno Le Maire, alors ministre français de l’Économie, avait parlé d’une « arme nucléaire financière ». L’expression était à peine exagérée. Swift traite plus de 42 millions de messages financiers par jour, entre 11 000 institutions dans 200 pays. En être exclu, c’est disparaître du commerce mondial.

Mais la Russie n’a pas disparu. Elle a pivoté. Le système alternatif russe SPFS comptait 556 utilisateurs en 2023. Le système chinois CIPS en comptait 1 427 en mars 2024. Aucun des deux ne remplace Swift en volume ou en couverture — pas encore. Mais leur existence même prouve que l’arme nucléaire financière n’est plus nucléaire quand la cible a construit un bunker. Et le bunker est sino-russe.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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