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REPORTAGE : l’Ukraine veut remplacer des soldats de première ligne par 25 000 robots terrestres
Crédit: Adobe Stock

À l’heure où 25 000 robots gagnent la ligne de front, personne ne compte les cafés froids sur les caisses de munitions, personne ne voit les doigts qui tremblent avant de fermer un gilet trop lourd. Pourtant, derrière la rhétorique propre, il reste la même vérité brute : Kyiv ne déplace pas seulement des machines, il déplace 25 000 places d’hommes, 25 000 absences possibles, 25 000 vies traitées comme des unités remplaçables. Et dans cette arithmétique sans visage, un prénom finit par peser moins qu’un numéro frappé sur l’acier.

À 4h23, le dernier soldat a posé son gobelet de café froid

C’est une trahison. Le café fumait encore à peine quand l’ordre est tombé : remplacer la chair par le métal, les prénoms par des matricules, les mères par des bons de commande.

C’est un scandale. Le ministre parle d’« augmentation du soutien robotique » comme on parlerait d’une simple mise à jour. Comme si les corps broyés n’étaient plus que des chiffres à corriger.

C’est une honte. Chaque robot reçoit un numéro, jamais un prénom. Chaque machine prétend sauver une vie, mais elle déplace aussi le deuil, elle le repousse, elle le maquille.

C’est une lâcheté. Quarante-sept secondes pour repérer une cible. Quarante-sept secondes pour décider si ce sera un homme ou une machine. Le choix, lui, semble déjà fait. Et les soldats, encore une fois, n’ont pas voix au chapitre.

Ils appellent cela la résilience. J’y vois un effacement organisé. On ne protège pas des vies en les rayant peu à peu du premier rang ; on installe l’impunité du calcul à la place du courage.

Et le plus glaçant reste là : presque personne ne crie. À peine un souffle. À peine une indignation.

À 3h17, le ministre a parlé des robots comme d’autres parlent du pain

On n’« augmente » pas des vies. On n’« optimise » pas des enterrements. On ne transforme pas l’agonie en procédure propre.

Des machines à la place des poitrines. Le calcul est froid, le sourire est tranquille, et la guerre prend la forme d’un tableau où les pertes deviennent des cases, les hommes des lignes, les morts une variable.

Ils appellent cela du soutien logistique. J’y vois plutôt un drap tiré sur des yeux encore ouverts, une ardoise qu’on nettoie pour ne plus compter ce qui manque.

Cent pour cent de logistique au front. Cent pour cent de métal ajouté. Cent pour cent d’humanité repoussée vers l’arrière. Zéro remords. Zéro rougeur.

Regardez bien : quand la machine apporte les munitions, c’est un soldat qu’on retire du chemin. Quand le robot avance, c’est un père qu’on garde derrière. Quand le matricule s’allume, c’est un prénom qui pâlit.

Le mot de « doublement » sonne comme une outrageuse formule de gestion. On double la commande de métal, on réduit le nombre de cercueils visibles, on augmente l’indifférence jusqu’à la rage.

Ils ont parlé de réunions avec les industriels. Moi, je vois des ateliers qui tournent jour et nuit pour produire des remplaçants d’acier, propres, dociles, comptables.

Le ministre a souri à la caméra. Un sourire net, sans poussière. Un sourire pour les marchés, pas pour les mères.

La résilience n’est plus ici une stratégie. C’est l’aveu nu, l’aveu brutal : il manque des vivants pour tenir la ligne, alors on envoie des machines combler le vide et faire taire l’outrage.

Et nous, de loin, nous applaudissons parfois, parce que la nouveauté rassure, parce que la technique console, parce qu’il est plus commode de regarder un écran que des visages.

La guerre, alors, n’exige plus des héros. Elle réclame des pièces, des pneus, des batteries, des bordereaux.

Ce n’est pas une avancée. C’est une mise en bière industrielle, propre, lisse, sans une tache visible, avec la commodité glacée des temps modernes.

Le vrai scandale est là : nous avons accepté que la mort devienne un réglage. Et quand le dernier prénom aura cédé devant le dernier numéro, il ne restera même plus assez de silence pour cacher notre indignation.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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