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CHRONIQUE : Trump promettait l’essence à 2 dollars. Les Américains paient le double et savent exactement qui blâmer
Crédit: Adobe Stock

Les tarifs douaniers, cette taxe invisible qui étrangle

Les économistes le répètent depuis un an, mais leur voix s’est noyée dans le vacarme politique. Les tarifs douaniers imposés par Trump sur les importations canadiennes et mexicaines ont directement renchéri le pétrole brut qui alimente les raffineries américaines. Le Canada fournit à lui seul 52 % des importations pétrolières des États-Unis. Taxer cette source à 25 %, comme l’a fait l’administration en février 2025, c’est taxer chaque automobiliste américain sans le lui dire.

L’American Petroleum Institute, organisme pourtant aligné historiquement avec les républicains, a publié en février 2026 un rapport technique qui estimait le surcoût à environ 0,35 dollar par gallon uniquement dû aux tarifs. Le document a circulé discrètement dans les couloirs du Congrès. Il n’a pas fait la une de Fox News. Il n’a pas été relayé par les porte-voix MAGA. Il a été étouffé par ceux-là mêmes qui, il y a six mois, promettaient la transparence énergétique.

Les sanctions croisées et le chaos énergétique mondial

L’administration a multiplié les sanctions contre le Venezuela (production réduite de 28 %), l’Iran (exportations bloquées à 40 %), et plusieurs intermédiaires russes qui alimentaient encore discrètement le marché mondial. Chaque décision, prise isolément, semblait cohérente avec une doctrine de fermeté. Prises ensemble, elles ont resserré l’offre mondiale et fait grimper le Brent de 18 % en quatre mois.

Le paradoxe est cruel : l’Amérique qui voulait dominer l’énergie mondiale s’est retrouvée à payer plus cher son propre carburant, parce qu’elle a simultanément coupé les robinets qu’elle dénonçait et refusé de réouvrir les siens à grande échelle.

Le mirage du « Drill, baby, drill »

La vérité que personne à la Maison-Blanche ne veut prononcer à voix haute : les compagnies pétrolières américaines n’augmentent pas significativement leur production parce que leurs actionnaires exigent des dividendes, pas des forages. ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips ont annoncé en février 2026 des plans de rachats d’actions records totalisant 87 milliards de dollars, pas d’investissements massifs dans de nouveaux puits.

Les dirigeants de ces entreprises, discrètement interrogés par Bloomberg en mars, l’ont concédé sans détour : « Les prix actuels sont excellents pour nos marges. Pourquoi inonderions-nous le marché et ferions-nous chuter le baril à 50 dollars ? » La logique capitaliste écrase la promesse politique. Elle l’a toujours fait.

La raffinerie, ce goulot d’étranglement oublié

Les États-Unis ont fermé douze raffineries depuis 2019 sans en construire une seule nouvelle. La capacité de raffinage nationale a baissé de 6 % sur cinq ans. Même si l’on extrayait davantage de pétrole brut, on ne pourrait pas le transformer en essence au rythme nécessaire pour faire baisser les prix. Cette réalité technique, les stratèges de campagne Trump l’ont ignorée en 2024. Ils la paient aujourd’hui.

Encadré de transparence

Méthodologie

Cette chronique s’appuie sur le sondage Reuters/Ipsos publié le 12 mars 2026, mené auprès de 4 213 adultes américains entre le 6 et le 10 mars 2026, avec une marge d’erreur de ±1,8 point. Les données économiques proviennent de l’Energy Information Administration (EIA), de l’American Petroleum Institute, de la Federal Reserve de St. Louis (FRED), et de Feeding America. Les analyses électorales sont tirées des modèles prédictifs de la Brookings Institution, du Cook Political Report et du Sabato’s Crystal Ball de l’université de Virginie.

Interprétation et analyse

Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques politiques, économiques et énergétiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent la présidence Trump deuxième acte. Les témoignages individuels cités (Marcus Williams, Linda Hoffmann, Jamal Carter, Patricia et Greg Donovan) sont des illustrations composites basées sur des reportages documentés de terrain menés en Ohio, Pennsylvanie, Arizona et Missouri entre février et mars 2026, ainsi que sur les focus groups publiés par l’université du Michigan et l’université du Texas.

Mises à jour

Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée. Les lecteurs sont invités à consulter les sources primaires citées pour vérifier les chiffres les plus récents.

Sources

Sources primaires

The Independent — More than half of voters say they blame Trump ‘a lot’ for gas prices spiking — 12 mars 2026

Reuters/Ipsos Poll — Sondage sur la gestion économique de l’administration Trump — mars 2026

U.S. Energy Information Administration — Gasoline and Diesel Fuel Update — mars 2026

Ipsos Public Affairs — Méthodologie et données complètes du sondage — mars 2026

Sources secondaires

American Petroleum Institute — Rapports sectoriels trimestriels sur les tarifs douaniers — février 2026

Federal Reserve Economic Data (FRED) — U.S. Regular All Formulations Gas Price — mars 2026

Brookings Institution — Midterm election economic models and projections — 2026

Politico — Republican internal polling in swing states — mars 2026

Feeding America — Rapport sur la hausse de la fréquentation des banques alimentaires — mars 2026

Sabato’s Crystal Ball — University of Virginia — Prévisions midterms 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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