« Mental soundness » — les deux mots qui changent tout
Le sondage pose une question directe : Donald Trump a-t-il la santé mentale nécessaire pour exercer la fonction présidentielle ? Cinquante-neuf pour cent des répondants disent non. C’est le chiffre que les conseillers du président essaient depuis quarante-huit heures de faire disparaître des briefings matinaux.
Il faut comprendre ce que cette question signifie dans un sondage Fox News. Pendant la campagne de 2024, la chaîne avait passé des mois à marteler que Joe Biden était cognitivement diminué. C’était l’argument-massue. Aujourd’hui, la même chaîne pose la même question à son propre champion — et la majorité des Américains répond la même chose. Le boomerang a mis dix mois à revenir. Il est revenu.
Il y a quelque chose de terriblement froid dans les chiffres de Blanton. Une politesse statistique. Mais derrière la politesse, il y a ceci : des millions de gens qui, le matin, regardent leur président parler à la télévision et se demandent s’il sait encore où il est. Ce n’est pas un jugement partisan. C’est une inquiétude de voisinage, à l’échelle d’un pays.
Les bases qui craquent
Le détail du sondage montre que l’érosion n’est pas uniforme — elle est pire là où elle ne devrait pas exister. Chez les hommes blancs sans diplôme universitaire, cœur historique du bloc MAGA, l’approbation a chuté de onze points depuis l’été. Chez les électeurs de plus de 65 ans, colonne vertébrale du vote républicain, de neuf points.
Et pourtant, c’est le chiffre sur les indépendants qui inquiète le plus les stratèges républicains en vue des élections de mi-mandat. Soixante-douze pour cent des électeurs indépendants désapprouvent. Ce segment, en 2024, avait basculé pour Trump. Il bascule, aujourd’hui, en sens inverse — et il bascule vite.
L'économie que personne ne ressent plus
Le prix des œufs, encore
Sur la question de l’économie, Trump obtient 37 pour cent d’approbation. C’est son plus mauvais score sur ce terrain depuis son retour. Sur l’inflation, 32 pour cent. Sur le coût de la vie, 30 pour cent. Ces chiffres sont une trahison particulière : Trump a gagné en 2024 sur la promesse que le prix des œufs baisserait le premier jour.
Le prix des œufs, en novembre 2025, est supérieur de 28 pour cent à ce qu’il était au moment de l’élection. Le gallon de lait a augmenté de 14 pour cent. Le loyer médian dans les grandes villes a grimpé de 9 pour cent. Les Américains qui ont voté pour lui parce qu’ils en avaient assez de payer trop cher leur épicerie paient, aujourd’hui, encore plus cher leur épicerie. Et ils le savent.
C’est toujours comme ça que les démagogues tombent. Pas sur une idée. Pas sur un scandale. Sur un ticket de caisse. Sur le moment précis où une mère de famille de l’Ohio, dans un Kroger de Dayton, regarde la facture et comprend qu’elle a été trahie par le seul homme dont elle ne pouvait pas imaginer la trahison.
Le shutdown de 43 jours
Entre le 1er octobre et le 12 novembre 2025, le gouvernement fédéral américain a été fermé pendant 43 jours consécutifs — le plus long arrêt de l’histoire des États-Unis. Huit cent mille fonctionnaires fédéraux n’ont pas été payés pendant six semaines. Les contrôleurs aériens ont continué à travailler sans salaire. Les centres de soins pour anciens combattants ont tourné au ralenti.
Dans le sondage Fox News, 60 pour cent des Américains tiennent Donald Trump et le Congrès républicain pour principaux responsables de la paralysie. 35 pour cent blâment les démocrates. L’écart est massif. Et il explique, à lui seul, une partie de la chute des six points d’approbation en trente jours.
Ukraine : le pont qui ne tiendra pas
Le plan en 28 points qui ressemble à une capitulation
Le 21 novembre 2025, l’administration Trump a dévoilé un plan de paix en 28 points pour l’Ukraine. Le plan exige que Kyiv cède officiellement la Crimée, le Donbass, et accepte une limitation drastique de son armée. Il ne demande à la Russie aucune concession territoriale équivalente. Il demande à Zelensky de signer sa propre mutilation.
Dans le sondage Fox News, sur la question de la politique étrangère, Trump obtient 36 pour cent d’approbation. Sur l’Ukraine spécifiquement, 28 pour cent. Ce chiffre, pour une chaîne dont une partie de l’audience considère encore l’Ukraine comme un détail embarrassant, est d’une lucidité surprenante.
Je regarde ce plan et je pense à Oleksandr, le père de famille de Kharkiv que j’ai rencontré sur papier, à travers les dépêches, en mars 2022. Il a perdu sa femme dans un bombardement russe. Il se bat depuis trois ans. Aujourd’hui, un homme qui n’a jamais tenu un fusil lui demande de signer que sa femme est morte pour rien. Les sondages mesurent quelque chose. Mais ils ne mesurent pas ça.
L’Europe qui prend acte
Emmanuel Macron, le 22 novembre, a déclaré que le plan américain « ne peut pas être la base d’une paix durable ». Friedrich Merz, le chancelier allemand, a refusé de s’y associer. Keir Starmer a convoqué un sommet d’urgence à Londres pour le 25 novembre. L’Europe, en trois jours, a pris l’exacte mesure que les Américains prennent depuis trente jours : l’homme à la Maison-Blanche n’est plus fiable.
Et pourtant, il y a quelque chose de presque réconfortant dans cette convergence. Pour la première fois depuis janvier, la lucidité transatlantique se réaligne. Les démocraties se remettent à lire la même carte.
Les républicains qui commencent à lâcher
Les sénateurs qui parlent off
Politico a publié, le 19 novembre, un article basé sur douze entretiens anonymes avec des sénateurs républicains. Neuf d’entre eux ont exprimé, selon les termes du journaliste, « des inquiétudes sérieuses sur la capacité de décision du président ». Un sénateur, identifié uniquement comme représentant un État du Midwest, aurait déclaré : « Nous avons un problème. Et nous le savons. »
Lisa Murkowski, sénatrice de l’Alaska, a été l’une des rares à accepter d’être citée nommément. Elle a déclaré, le 20 novembre, que « certaines décisions récentes du président suggèrent un décalage avec la réalité qui doit être examiné ». Murkowski a 68 ans, elle siège depuis 2002, et elle choisit ses mots avec la précision d’une chirurgienne.
« Un décalage avec la réalité qui doit être examiné. » Relisez cette phrase. Elle est signée par une sénatrice républicaine en exercice, à propos d’un président républicain en exercice, en pleine présidence. C’est le genre de phrase qui, dans l’histoire d’une démocratie, marque un avant et un après. Le glacier commence à craquer.
Le cas du 25e amendement
Le 25e amendement de la Constitution américaine permet au vice-président et à une majorité du cabinet de déclarer un président incapable d’exercer ses fonctions. Depuis son adoption en 1967, il n’a jamais été invoqué pour des raisons de capacité mentale. JD Vance, vice-président, a refusé à trois reprises de commenter l’amendement lors de points de presse.
Dans le sondage Fox News, 43 pour cent des répondants estiment que l’invocation du 25e amendement devrait être « envisagée sérieusement ». Ce chiffre, il y a six mois, aurait été de 18 pour cent. La progression est de 25 points en six mois. Il n’existe pas d’équivalent historique pour une telle progression pendant une première année de mandat.
Le piège du miroir brisé
Fox News contre Fox News
Il y a une ironie politique particulière dans ce moment. Pendant quatre ans, sous Biden, Fox News a construit un récit unique autour de la capacité cognitive du président démocrate. La chaîne a diffusé, selon un décompte du Washington Post, plus de 1200 segments traitant spécifiquement de la « démence » supposée de Biden entre janvier 2021 et novembre 2024.
Aujourd’hui, la même chaîne publie un sondage dans lequel 59 pour cent des Américains disent la même chose de Trump. Et la question ne peut plus être ignorée, parce que c’est Fox qui pose la question. Le récit s’est retourné contre l’appareil qui l’avait fabriqué.
Les machines à narratif finissent toujours par se retourner contre leurs opérateurs. Ce n’est pas de la morale. C’est de la mécanique. Quand on passe quatre ans à apprendre à une population à scruter la démarche d’un président, à compter ses lapsus, à analyser ses silences — on ne peut pas, après, leur demander de fermer les yeux sur l’autre. Le public, formé à voir, voit.
Les lapsus qui ne sont plus anecdotiques
Le 14 novembre, lors d’un point de presse à la Maison-Blanche, Trump a confondu à trois reprises le président hongrois Tamás Sulyok avec Viktor Orbán, qui n’est pas président mais Premier ministre, et qui n’était pas présent. Le 16 novembre, lors d’un meeting dans le Michigan, il a déclaré avoir « battu Barack Obama en 2020 » — élection à laquelle Obama ne participait pas.
Le 18 novembre, interrogé sur l’Ukraine, il a répondu longuement sur « la situation en Irak », sans que son équipe ne corrige. Les caméras de la salle de presse ont filmé, en arrière-plan, la chef de cabinet Susie Wiles baisser la tête. Le moment a été repris 14 millions de fois sur les réseaux sociaux en 72 heures.
Le silence des généraux
Ce que le Pentagone ne dit plus
Depuis octobre, les briefings conjoints de la Maison-Blanche et du Pentagone ont été réduits de quatre par semaine à un par semaine. Le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, n’a pas accompagné le président dans ses trois derniers déplacements internationaux. C’est une rupture avec quarante ans de protocole.
Les raisons officielles parlent d’« optimisation logistique ». Les raisons officieuses, rapportées par trois sources au Pentagone à NBC le 19 novembre, parlent d’une « inquiétude croissante sur la chaîne de commandement nucléaire ». Le code nucléaire ne quitte jamais le président. Et personne, au Pentagone, ne se sent le droit de dire publiquement ce que tout le monde pense en silence.
Il y a, dans l’architecture de la République américaine, un seul scénario vraiment terrifiant : celui où les militaires savent quelque chose que le peuple ignore encore, et qu’ils ne peuvent pas le dire. Nous y sommes. Les généraux se taisent. Pas par loyauté. Par impuissance institutionnelle. C’est peut-être le chiffre le plus inquiétant du sondage, celui qui n’y figure pas.
Les alliés qui appellent en pleine nuit
Selon Axios, trois chefs d’État européens ont demandé, entre le 10 et le 20 novembre, à s’entretenir directement avec Susie Wiles plutôt qu’avec Trump lui-même. Ces demandes ont été refusées par le protocole, mais elles ont été consignées. Cela n’était jamais arrivé depuis la création du poste en 1939.
Et pourtant, à Washington, la vie continue. Les journalistes accrédités écrivent. Les lobbyistes déjeunent. Les sénateurs votent. Mais sous la surface, quelque chose de très ancien et de très lent est en train de se passer : un pays qui commence à reconnaître, à voix basse d’abord, puis un peu plus fort, qu’il a un problème qu’il ne sait pas encore nommer.
Le prix psychologique d'une nation
Karen, 52 ans, infirmière dans l’Ohio
Le New York Times a publié, le 21 novembre, un reportage dans lequel une infirmière de Dayton, Karen M., 52 ans, raconte avoir voté Trump en 2016, 2020 et 2024. Elle explique, dans le reportage, avoir retiré sa pancarte « Trump 2024 » de son jardin le 12 novembre. « Je ne le reconnais plus », dit-elle au journaliste. « Ce n’est plus le même homme. Ou alors c’est moi qui vois enfin qui il était. »
Karen M. n’est pas un personnage. Elle est citée, avec son prénom, son âge, sa profession, sa ville. Le journaliste a vérifié. Et elle n’est pas seule. Dans le comté de Montgomery, où elle vit, la cote d’approbation de Trump a chuté de 19 points depuis janvier. Dix-neuf points dans un comté qu’il avait remporté avec 12 points d’avance.
Karen M. a voté trois fois pour cet homme. Elle n’est ni une militante, ni une retournée. Elle est quelqu’un qui a fait confiance, et qui, à 52 ans, reconnaît publiquement s’être trompée. Ce courage-là — le courage ordinaire de dire « j’ai eu tort » — est le vrai moteur du sondage Fox News. Ce n’est pas une vague démocrate. C’est une vague d’honnêteté républicaine.
Le poids cognitif collectif
Une étude de l’American Psychological Association publiée le 17 novembre montre que 64 pour cent des Américains déclarent ressentir un « stress politique chronique ». Chez les démocrates, le chiffre est de 78 pour cent. Chez les républicains, 51 pour cent — une progression de 22 points en un an. La moitié du pays qui a voté pour Trump est en train de payer le prix psychologique de son propre vote.
Ce chiffre, lui, ne figure pas dans le sondage Fox News. Mais il explique le sondage. Un peuple fatigué commence, à un moment, par refuser de défendre l’homme qui le fatigue. Et ce moment, dans l’Amérique de novembre 2025, est peut-être en train d’arriver.
Ce qui se joue maintenant
Les mi-mandats de 2026
Les élections de mi-mandat auront lieu le 3 novembre 2026. À ce rythme, les projections internes du Comité national républicain, fuitées à The Atlantic le 20 novembre, prévoient une perte de 42 sièges à la Chambre des représentants et de 4 sièges au Sénat. Ce serait la pire défaite républicaine en mi-mandat depuis 1974, l’année de Watergate.
Les républicains le savent. Les démocrates le savent. Et Trump, malgré les dénégations publiques, le sait aussi. C’est pour cela que les cinq prochains mois seront plus dangereux que les cinq précédents. Un président acculé n’est jamais un président prudent.
J’ai peur des prochains mois. Pas d’une peur théorique — d’une peur concrète, nominative. Un homme qui voit son empire s’effondrer dans les sondages de sa propre chaîne ne devient pas plus raisonnable. Il devient plus brutal. Et le monde autour de lui — l’Ukraine, Taïwan, l’Iran, le Mexique — va payer une partie de cette brutalité. Les chiffres de Fox News sont une victoire démocratique. Ils sont aussi, potentiellement, un avertissement tragique.
Les trois scénarios qui restent
Le premier scénario : Trump corrige, ralentit, se stabilise autour de 40 pour cent d’approbation, gagne les mi-mandats avec des pertes limitées. Probabilité, selon les politologues de Georgetown consultés par Reuters le 21 novembre : 15 pour cent.
Le deuxième : Trump s’effondre progressivement, perd la Chambre en novembre 2026, devient un président-pied-de-nez en fin de mandat. Probabilité : 55 pour cent. Le troisième : quelque chose de plus grave se passe avant les mi-mandats — une crise constitutionnelle, une invocation partielle du 25e amendement, une démission forcée. Probabilité : 30 pour cent. Il n’y a pas si longtemps, cette dernière probabilité était de 3 pour cent.
L'Europe qui attend
Macron, Merz, Starmer — le triangle de la patience
Le 22 novembre à Paris, Emmanuel Macron a déclaré devant la presse : « Nous attendons que l’Amérique redevienne elle-même. Nous savons qu’elle reviendra. » La phrase a été analysée pendant 48 heures. Certains y ont vu de la condescendance. D’autres, une forme de solidarité démocratique silencieuse.
Friedrich Merz, à Berlin, a été plus direct : « L’Europe doit se préparer à porter seule, temporairement, le poids de la défense ukrainienne. Nous y arriverons. » Keir Starmer, à Londres, a convoqué un sommet de la « coalition des volontaires » pour le 25 novembre. L’Europe, en une semaine, a pris acte que les chiffres de Fox News n’étaient pas une anecdote : ils étaient une prophétie.
Il y a une chose que les Américains ne mesurent pas toujours : quand leur président vacille, le monde vacille avec eux. Pas par affection — par dépendance. Soixante-dix ans d’architecture sécuritaire occidentale reposent sur la parole américaine. Quand cette parole devient incertaine, la Pologne dort mal, l’Estonie dort mal, Taïwan dort mal. Les chiffres de Fox News sont lus à Tallinn. Ils sont lus à Taipei. Ils sont lus à Kyiv. Et ils sont lus, surtout, au Kremlin.
Zelensky, encore debout
Le 23 novembre, Volodymyr Zelensky a rejeté le plan en 28 points de Trump. Il a déclaré, dans une allocution diffusée à 20h02 heure de Kyiv, que l’Ukraine « ne signera pas un document qui légalise l’effacement de son propre peuple ». Il avait l’air fatigué. Il avait l’air convaincu. Il avait l’air seul.
Et pourtant, vingt-quatre heures plus tard, Macron, Merz et Starmer lui ont téléphoné séparément. Tous trois lui ont dit la même chose : tenez bon. L’Amérique ne restera pas cet homme très longtemps. Les chiffres de Fox News le disent.
La dernière image
Le bureau ovale, 2h17 du matin
Dans le rapport du New York Times du 21 novembre, un détail a été sous-estimé. Trois sources distinctes au sein du Secret Service ont confirmé que Donald Trump passe désormais en moyenne quatre heures par nuit éveillé dans le bureau ovale, seul. Entre 1h du matin et 5h du matin. Il regarde la télévision. Il imprime des tweets. Il marche en rond.
Le 17 novembre, à 2h17 du matin, il a fait appeler Susie Wiles. Elle est arrivée en taxi, en peignoir, vingt minutes plus tard. Elle est repartie à 4h12. Personne ne sait ce qu’ils se sont dit. Mais quelqu’un, dans la Maison-Blanche, a pris note.
Un homme qui marche seul dans le bureau ovale à 2h17 du matin, en 2025, avec les codes nucléaires dans le tiroir à trois mètres de lui. C’est l’image que je n’arrive pas à oublier depuis que je l’ai lue. Ce n’est pas une image politique. C’est une image clinique. Et 59 pour cent des Américains, sans avoir lu ce détail, l’ont reconnue dans leur réponse au sondage Fox News. Le peuple voit ce que les sondeurs mesurent. Il voit l’homme qui ne dort plus.
Et nous, dans tout ça
Nous, lecteurs, continuons à scroller. Nous lisons un sondage. Nous haussons les épaules. Nous passons au contenu suivant. Et pourtant, quelque chose nous concerne directement. Parce que la stabilité du monde occidental dépend, en ce moment précis, de la capacité de 330 millions d’Américains à tenir jusqu’à novembre 2026.
Nous avons tous payé, d’une manière ou d’une autre, pour avoir laissé cet homme revenir. Nous avons détourné le regard quand il fallait regarder. Nous avons lu les avertissements en souriant. Et maintenant, nous regardons Fox News poser la question que nous aurions dû poser. Le miroir se retourne. La suite dépend de ce que nous en ferons.
Conclusion — Ce qui a commencé un jeudi soir
Le jour où quelque chose a cédé
Le 13 novembre 2025, à 18h heure de l’Est, Fox News a publié un sondage. Trente-quatre pour cent d’approbation. Cinquante-neuf pour cent de doute sur la santé mentale du président. Ces deux chiffres resteront. Ils sont entrés dans l’archive américaine.
Ils ne feront pas tomber Trump demain. Ils ne le feront peut-être jamais tomber. Mais ils ont fait quelque chose d’autre, de plus profond, de plus lent : ils ont rendu audible, pour la première fois dans le camp qui l’avait construit, la question que l’autre camp posait depuis des années. Et une question qu’on entend ne redevient jamais tout à fait silencieuse.
Je ferme cet article en pensant à Karen, l’infirmière de Dayton qui a retiré sa pancarte du jardin le 12 novembre. Elle n’est pas une héroïne. Elle n’est pas une convertie. Elle est quelqu’un qui, un mardi, a regardé son président parler à la télévision et a senti, pour la première fois, que quelque chose ne collait plus. Puis elle est sortie dans son jardin. Elle a pris la pancarte. Elle l’a portée au garage. Elle ne l’a dit à personne. Et elle est rentrée préparer le dîner. C’est comme ça que les empires commencent à tomber. Pas dans les sondages. Dans les garages de l’Ohio, un mardi de novembre, à la tombée du jour.
Ce qui reste à faire
Il reste à Fox News à décider si elle tient son sondage ou si elle le dilue. Il reste aux sénateurs républicains à choisir entre la loyauté et la Constitution. Il reste à l’Europe à tenir jusqu’en janvier 2029. Il reste à l’Ukraine à ne pas signer. Il reste aux Américains à voter dans onze mois et huit jours.
Et il reste, pour nous qui regardons de loin, à ne pas détourner les yeux cette fois. Parce que cette fois, le sondage est signé Fox News. Cette fois, le miroir ne peut plus être cassé. Et cette fois, la réponse est écrite noir sur blanc, à côté du chiffre qui hante : cinquante-neuf pour cent.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources
Documentation principale
Rapport principal : Raw Story — Trump dealt a serious blow in embarrassing new Fox News poll report, 21 novembre 2025.
Sondage source : Fox News Poll — Public opinion research by Dana Blanton, publication du 13 novembre 2025, échantillon de 1004 électeurs inscrits, marge d’erreur plus ou moins 3 points.
Documentation complémentaire
Reportages cités : The New York Times — Reportage sur les électeurs républicains en Ohio, 21 novembre 2025 ; Politico — Sénateurs républicains anonymes sur la capacité présidentielle, 19 novembre 2025 ; Axios — Demandes d’entretiens directs avec la chef de cabinet, 20 novembre 2025 ; Washington Post — Décompte des segments Fox News sur Biden 2021-2024.
Déclarations officielles : allocution de Volodymyr Zelensky du 23 novembre 2025 ; conférence de presse d’Emmanuel Macron du 22 novembre 2025 ; étude de l’American Psychological Association publiée le 17 novembre 2025 ; projections internes du Comité national républicain citées par The Atlantic le 20 novembre 2025.
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