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ENQUÊTE : En Iran, la corde remplace la justice — chronique froide d’une machine à pendre
Crédit: Adobe Stock

Ce que les douze jours ont changé

Le 13 juin 2025, l’aviation israélienne a frappé Natanz, Fordo, Ispahan. Douze jours plus tard, un cessez-le-feu fragile. Le bilan militaire est ambigu. Le bilan intérieur, lui, est limpide : la République islamique a transformé l’humiliation extérieure en terreur intérieure méthodique. Dès le 24 juin, des vagues d’arrestations. Dès juillet, les premières exécutions pour « espionnage au profit de l’ennemi sioniste ».

Le vocabulaire a changé. Avant la guerre, on pendait pour « trafic de stupéfiants » dans 60 % des cas. Après la guerre, la catégorie moharebeh — « guerre contre Dieu » — et efsad-e fel-arz — « corruption sur terre » — explose. Ces qualifications sont élastiques. Elles permettent de pendre un manifestant, un Kurde, un Baloutche, un Afghan, un intellectuel, avec la même corde et le même article du code pénal.

Quand un régime perd une guerre face à l’extérieur, il en fabrique une à l’intérieur. C’est un réflexe ancien, documenté de Caligula à Staline. Mais là, c’est en direct, en 2026, avec des téléphones qui filment les mères qui hurlent aux portes des prisons — et nous scrollons, et nous revenons à nos affaires, et la corde continue.

Le calendrier cynique des grâces refusées

Le Norouz 2026, nouvel an persan, tombait le 20 mars. Historiquement, le Guide suprême signe des grâces collectives. Cette année, selon Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur d’Iran Human Rights basé à Oslo, moins de 2 % des condamnés à mort éligibles ont été graciés. La règle s’est inversée : le Norouz est devenu une période de délestage carcéral par la corde, pas de clémence.

Le calendrier iranien s’écrit désormais en dates d’exécutions. Le 15 mars, neuf pendaisons à Qezel Hesar. Le 22 mars, sept à Vakilabad, Machhad. Le 3 avril, quatre à Évin, dont une femme, Sharifeh Mohammadi, syndicaliste kurde, accusée d’appartenance à Komala.

Sources

Organisations et rapports

Le Monde, Direct Moyen-Orient, 23 avril 2026.

Iran Human Rights (Oslo), rapports annuels et base de données des exécutions. Amnesty International, rapports Iran 2025-2026. Hengaw Organization for Human Rights, documentation des exécutions kurdes.

Institutions et témoignages

Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, déclarations Volker Türk mars 2026. Abdorrahman Boroumand Center, archives des exécutions.

Témoignages publics de Narges Mohammadi, Nasrin Sotoudeh, Masih Alinejad. Reporters sans frontières, classement Iran 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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