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ANALYSE : Mojtaba Khamenei a décrété la « victoire finale ». Son père est mort le 28 février. Le reste est de la propagande.
Crédit: Adobe Stock

Trois mille morts déclarés, et les uniformes qu’on a enterrés sans compter

Le ministère de la Santé iranien a publié 3 000 morts civils. Le chiffre est précis, presque trop précis. C’est ce que le chef médico-légal du pays a confirmé au monde le 9 avril. Mais l’organisation kurde Hengaw, qui compile les listes de victimes depuis des années, a souligné la chose qui saute aux yeux de quiconque a regardé les images : aucun chiffre militaire n’est publié. Aucun. Pas un.

Six semaines de bombardements systématiques sur les bases des Gardiens de la révolution, sur les centres de commandement, sur les sites de production de missiles. Et zéro soldat mort officiellement. Le calcul honnête, fait par les analystes du RAND et ailleurs, estime que le bilan militaire réel dépasse largement les 3 000 civils déclarés. Peut-être deux fois plus. Peut-être trois. Téhéran a peur que ses propres familles sachent.

Il y a une mère, quelque part à Ispahan ou à Mashhad, qui attend depuis le 12 mars un coup de fil qui ne viendra jamais. Son fils était sergent dans une base aérienne. La base a été frappée le 11 mars à 3h47 du matin. Elle n’a reçu qu’une enveloppe et un discours sur les martyrs. Pas de corps. Pas de tombe. Pas de chiffre dans les statistiques officielles. Le régime qui la prive de son deuil est le même qui proclame la « victoire finale ». Je voudrais que le commentariat occidental qui parle de « résilience iranienne » passe une heure dans son salon. Juste une heure.

Les 3 000 missiles balistiques de 2022 n’existent plus

En 2022, le Congressional Research Service estimait l’arsenal balistique iranien à environ 3 000 missiles. La guerre de douze jours avec Israël en 2025 en a consommé une partie. La guerre de six semaines de 2026 a fait le reste. Les États-Unis et Israël ont frappé méthodiquement les sites de production, les dépôts souterrains, les rampes de lancement. Ce n’était pas une campagne aveugle — c’était un démontage industriel.

Et pourtant, Mojtaba Khamenei parle comme si l’arsenal restait intact. Il ment parce que la dissuasion iranienne n’a jamais reposé sur les missiles eux-mêmes — elle reposait sur la perception du nombre de missiles. Maintenant que la perception s’effondre, il lui reste la parole. La parole d’un fils de 56 ans qui n’a pas gagné son fauteuil.

Sources

Articles et analyses de référence

Bobby Ghosh, « Tehran Can’t Count on Hormuz », Foreign Policy, 13 avril 2026 — analyse-source de cette chronique.

Steven A. Cook, « Where Do the Gulf States Go From Here? », Foreign Policy, 10 avril 2026.

RAND Corporation, « War in Iran: Q&A with RAND Experts », mars 2026.

Données de bilan et bombardements

Reuters, « More than 3,000 Iranians killed during war, medical body says », 9 avril 2026.

Hengaw Organization for Human Rights, rapport sur l’occultation des pertes militaires iraniennes, avril 2026.

NBC News, direct sur les frappes et la décapitation du leadership iranien.

Arsenal missile et ressources officielles

Congressional Research Service, estimation de l’arsenal balistique iranien (2022).

Al Jazeera, « What is Iran’s Strait of Hormuz protocol? », 9 avril 2026.

Communiqués officiels iraniens et américains

Déclaration de « victoire finale » de Mojtaba Khamenei, relayée par Yahoo News.

The Guardian, conférence de presse de Pete Hegseth sur le cessez-le-feu, 8 avril 2026.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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