Skip to content
ANALYSE : L’Europe seule au monde — Trump, Xi, Poutine ligués contre nous
Crédit: Adobe Stock

Le son du silence américain, le 15 mars 2025

Le 15 mars 2025, à 14h23 heure de Bruxelles, l’administration Trump a annoncé la suspension sine die des livraisons d’armements à l’Ukraine. Aucun préavis. Aucune consultation avec les alliés. Pete Hegseth, secrétaire à la Défense nommé par Trump malgré son absence totale d’expérience gouvernementale, a lu une déclaration de 47 mots devant les caméras. Quarante-sept mots pour défaire trente ans de sécurité collective transatlantique. Dans les couloirs du Parlement européen ce soir-là, il y avait un silence particulier — le silence de gens qui réalisent que le sol se dérobe, mais qui ne savent pas encore quoi dire.

Olena Zelenska, 47 ans, épouse du président ukrainien, a répondu depuis Kyiv dans un message posté à 16h51 : « Nous avons appris que la liberté a un prix. Nous apprenons maintenant que certains alliés ont un prix aussi. » Cette phrase a été retirée de son compte officiel deux heures plus tard, sans explication. Elle reste dans les archives. Elle ne s’efface pas.

Ce silence américain a un son précis. C’est le son d’une porte qui se ferme — lentement, méthodiquement, avec la même indifférence que celle d’un propriétaire qui quitte un immeuble en feu parce qu’il n’y habite plus.

Quatre cent millions d’Européens regardent le mur

Quatre cent millions d’Européens vivent aujourd’hui dans des pays dont les dépenses de défense, additionnées, atteignent à peine 300 milliards de dollars par an — soit moins de la moitié du budget militaire américain de 858 milliards voté pour l’exercice 2025. Mais ce chiffre brut cache une réalité plus brutale : sur ces 300 milliards, moins de 40% sont consacrés aux capacités opérationnelles réelles. Le reste part en retraites militaires, en bureaucratie interalliée, en programmes d’acquisition qui mettront huit à douze ans à produire du matériel utilisable. L’Allemagne, première économie d’Europe, n’a officiellement que 182 chars Leopard 2 en état de combat sur les 320 annoncés — chiffre confirmé par le rapport interne du Bundestag daté de novembre 2024, non démenti depuis.

Et pourtant. Et pourtant, depuis le sommet de Bruxelles du 7 mars 2026, dix-neuf États membres ont voté un plan de réarmement sur cinq ans. 800 milliards d’euros. Des engagements. Des feuilles de route. Des conférences de presse. Ursula von der Leyen souriait derrière son pupitre. Personne n’a posé la question qui brûlait dans la salle : à quoi servent 800 milliards d’euros promis pour 2031 face à une menace dont le calendrier appartient à Moscou ?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu