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COMMENTAIRE : 2027 nous demandera des comptes — et nous n’aurons nulle part où nous cacher
Crédit: Adobe Stock

Il y a des dates qui ne se choisissent pas — elles vous trouvent

Le 14 août 1945. Le 9 novembre 1989. Le 11 septembre 2001. Et maintenant, 2027.

Les générations futures nous poseront une question simple, presque banale, et nous n’aurons aucune réponse acceptable. « Où étiez-vous quand les premières bombes chinoises sont tombées sur Taïwan ? » Pas en 1939. Pas en 1962. Pas dans un cours d’histoire. Dans nos vies. Dans notre semaine ordinaire. Un mardi peut-être. Ou un dimanche soir, entre deux épisodes d’une série.

L’amiral Philip Davidson l’a dit devant le Sénat américain en mars 2021. Le général Mike Minihan l’a écrit dans un mémo interne en janvier 2023 : « Mon instinct me dit que nous nous battrons en 2025. » Le directeur de la CIA William Burns a confirmé en février 2023 que Xi Jinping avait ordonné à son armée d’être prête à envahir Taïwan d’ici 2027. Trois sources. Trois institutions. Trois années de préparation que nous regardons défiler comme un mauvais film qu’on n’arrive pas à arrêter.

J’écris cette phrase un mardi soir. Mes enfants dorment dans la pièce à côté. Et j’ai conscience, en posant chaque mot, que je fais partie de ces gens qui auront prévenu — et qui n’auront pas été écoutés. Pas par méchanceté. Par confort. Parce qu’il est plus facile de scroller un peu, de regarder ailleurs, de se dire que la Chine n’oserait pas. Ils ont dit la même chose en 1938 sur Hitler. En 1990 sur Saddam. En 2021 sur Poutine. À chaque fois, on a eu tort. À chaque fois.

Taïwan n’est pas une abstraction. Taïwan, c’est 23,5 millions de personnes.

Vingt-trois millions et demi d’êtres humains qui se lèvent demain matin, qui boivent un café à Taipei, à Kaohsiung, à Taichung. Qui sont la cinquième démocratie d’Asie. Qui produisent 92% des semi-conducteurs avancés du monde — sans lesquels votre téléphone, votre voiture électrique, votre IA, votre frigo connecté, votre vie entière s’effondre en six mois.

Vingt-trois millions et demi de personnes qui votent. Qui critiquent leur président. Qui font des manifestations LGBT. Qui ont légalisé le mariage entre personnes de même sexe en 2019, premier pays asiatique à le faire. Qui élisent une femme présidente, Tsai Ing-wen, deux fois de suite. Qui résistent à 1,4 milliard de Chinois sous une dictature, depuis 76 ans, parce qu’ils ont décidé qu’ils préféraient la liberté incertaine à la prospérité encadrée.

Et nous, depuis nos canapés européens, américains, canadiens, nous regarderons leurs villes brûler comme on a regardé brûler Marioupol. En direct. En 4K. En commentant l’esthétique des frappes.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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