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ANALYSE : Frappe ukrainienne sur le sanctuaire russe de Crimée — la mer Noire n’est plus un asile
Crédit: Adobe Stock

Maryna, 34 ans, Kharkiv, vit avec une alerte permanente

Maryna habite un huitième étage à Kharkiv. Depuis 2022, elle dort avec son téléphone allumé, le son monté au maximum. Chaque alerte signifie qu’un missile de croisière, peut-être lancé depuis Hvardiiske, peut-être par un Su-30 décollant de cette piste, traverse le ciel pour s’écraser sur un immeuble, une école, une gare. Elle a deux filles, 7 et 11 ans. Elle a peint en noir le mur du couloir intérieur, le seul sans fenêtre, où elles dorment depuis dix-huit mois.

Pour Maryna, la frappe sur Hvardiiske n’est pas une nouvelle géopolitique. C’est une nuit possible de sommeil. C’est une rampe de lancement de moins. C’est un missile qui ne partira pas. C’est un calcul froid qu’elle fait toute seule sur son matelas, à 3h du matin, en écoutant le bourdonnement lointain d’un drone qui n’est plus le sien à craindre.

On parle d’opérations militaires. On devrait parler de mères qui peignent des murs en noir. On devrait dire que chaque frappe ukrainienne sur une base russe, c’est une chance microscopique qu’une enfant de Kharkiv dorme une nuit complète.

Le calcul invisible des cibles

Chaque base russe en Crimée a un coût mesurable en vies ukrainiennes. Hvardiiske abritait des Su-24, des Su-30, des dépôts de Kh-59, ces missiles que la Russie tire en salves pour saturer la défense aérienne. Détruire un seul hangar, c’est potentiellement annuler une dizaine de frappes futures. Les Ukrainiens ne font pas des coups d’éclat. Ils font de l’arithmétique de survie.

Et pourtant, dans les chancelleries européennes, on continue de parler de « désescalade » comme si l’escalade venait de Kyiv. Comme si la ligne de front passait à Bruxelles. Comme si une mère qui peint son couloir en noir avait le luxe de la modération.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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