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CHRONIQUE : Trump contre Merz — quand l’Amérique choisit de fracasser l’Europe plutôt que de vaincre Poutine
Crédit: Adobe Stock

Un pays brisé, oui — mais par qui ?

Trump dit que l’Allemagne est « brisée ». C’est vrai. Mais par qui ? Scholz a présidé trois ans d’indécision, de tergiversations sur les livraisons d’armes à l’Ukraine, de dépendance au gaz russe maintenue bien après que tout le monde avait compris le piège. L’Allemagne paie aujourd’hui la facture d’une politique énergétique construite sur Poutine depuis Schröder — Gerhard Schröder, ex-chancelier socialiste devenu lobbyiste de Gazprom, siégeant au conseil d’administration de Rosneft pendant que les chars russes entraient en Ukraine. Ce n’est pas Merz qui a fait ça.

Merz est arrivé au pouvoir en février 2026 avec une promesse : rompre avec la paralysie. Il a obtenu du Bundestag un vote historique sur la réforme du frein à l’endettement — 100 milliards d’euros débloqués pour la Défense et les infrastructures. Il a prononcé le mot « réarmement » que ses prédécesseurs évitaient comme une faute de goût. Il a multiplié les visites à Kyiv. Et Trump lui reproche son inefficacité. En cinquante-neuf jours.

Berlin-Washington : la fracture qui s’élargit depuis 2016

Ce n’est pas la première fois. En 2018, Trump humiliait déjà Angela Merkel au sommet de l’OTAN, l’accusant d’être « captive de la Russie » à cause du gazoduc Nord Stream 2. La scène était saisissante : Merkel, les bras croisés, regardant le président américain avec ce mélange de stupeur et de résignation que seule une ancienne citoyenne est-allemande peut avoir face à un homme qui ne comprend pas ce que la liberté a coûté. Aujourd’hui, même dynamique. Autre chancelier. Même mépris.

La différence, c’est que le contexte a changé. En 2018, la Russie n’avait pas encore envahi à grande échelle. En 2026, elle bombarde l’Ukraine depuis 1 162 jours. Elle a tué plus de 45 000 soldats ukrainiens documentés — le chiffre réel est nettement supérieur. Elle a déplacé des millions de personnes. Et c’est dans ce contexte que l’Amérique reproche à son allié allemand de ne pas aller assez vite. Tout en freinant elle-même l’aide à Kyiv.

Et pourtant, il faudrait être juste. Trump n’a pas tort sur tout. L’Europe — et l’Allemagne en particulier — a trop longtemps sous-investi dans sa défense. Trop longtemps espéré que l’Amérique paierait la facture de sécurité. Trop longtemps regardé l’Ukraine comme une abstraction géographique plutôt qu’un bouclier. La critique de fond est légitime. Ce qui ne l’est pas, c’est la méthode. Humilier publiquement un allié qui commence à rectifier le tir, sur une plateforme de réseaux sociaux, pendant qu’une guerre se joue à six heures de voiture de Berlin — c’est de la politique étrangère qui ressemble à de la gestion de comptes Twitter. Et pendant qu’on tweete, Poutine prend des positions.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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