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ANALYSE : Le Tribunal spécial qui veut juger Poutine — un Nuremberg du XXIe siècle qui n’attendra plus
Crédit: Adobe Stock

Quatre crimes existent en droit international. Un seul vise les chefs

Le Statut de Rome reconnaît quatre crimes majeurs : crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocide, et le quatrième — celui dont presque personne ne parle — le crime d’agression. C’est celui qui désigne les commanditaires. Pas les exécutants. Les hommes en costume qui décident, autour d’une table, qu’on va envahir un pays voisin.

La Cour pénale internationale, malgré son mandat, n’a pas la capacité pratique de poursuivre la Russie pour ce crime précis dans le contexte ukrainien. Pourquoi ? Parce que la Russie n’a pas ratifié le Statut de Rome. Parce que le Conseil de sécurité de l’ONU est verrouillé par le veto russe. Parce que le système conçu pour empêcher exactement ce type de guerre a été conçu en supposant que les membres permanents du Conseil ne seraient pas eux-mêmes les agresseurs.

La paternité galicienne du droit international moderne

Heorhii Tykhyi rappelle un détail que les manuels occidentaux oublient toujours. Les fondateurs du droit pénal international moderne — Raphael Lemkin, Hersch Lauterpacht, Louis Sohn, Manfred Lachs — ont tous étudié à Lviv pendant l’entre-deux-guerres. Lemkin a inventé le mot «génocide». Lauterpacht a forgé le concept de «crimes contre l’humanité». Ces idées sont nées dans une ville qui s’appelle aujourd’hui Lviv, en Ukraine. Et qui, en 2026, sert encore de havre aux familles fuyant les frappes de drones russes sur Kyiv.

L’Histoire a un sens de la circularité brutale. Le droit international qui doit juger Poutine a été pensé par des hommes qui marchaient dans les rues d’une ville que Poutine voudrait raser. Et pourtant, c’est cette ville-là qui produit les juristes qui préparent son procès.

On appelle le crime d’agression «la mère de tous les crimes». Sans lui, pas de Boutcha. Sans lui, pas de mariupol. Sans lui, pas de bébés morts dans des maternités bombardées. Sans la décision politique de lancer la guerre, il n’y a aucun des autres crimes. C’est la racine. Et pourtant, depuis 1946, depuis Nuremberg, aucun chef d’État n’a jamais été jugé pour ça. Aucun. Pas Bush pour l’Irak. Pas Blair. Pas personne. Le crime d’agression est la chose que les puissants se sont arrangés pour ne plus jamais juger. Jusqu’à maintenant.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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