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ENQUÊTE : Mobilisation déguisée — comment le Kremlin recrute sa chair à canon en 2026
Crédit: Adobe Stock

Carte de la Russie qui meurt

Regarde la carte des pertes russes par région. Moscou : 0,8 % des morts. Saint-Pétersbourg : 1,1 %. Et puis tu descends. Tu vas vers l’est, vers le sud, vers les républiques pauvres. Tuva : 47 morts pour 100 000 habitants. Bouriatie : 39. Daghestan : 31. Moscou : 1,2.

Les chiffres viennent de l’enquête conjointe de Mediazona et de la BBC, recoupée avec les bases de données ouvertes des cimetières militaires. Ce n’est pas une statistique. C’est une politique. Une politique de tri ethnique et social qui ne dit pas son nom.

Les villages qui se vident en silence

Dans le village de Kyzyl-Mazhalyk, en république de Tuva, il y avait 2 400 habitants en 2022. Aujourd’hui, 1 870. Cinq cent trente hommes partis. Cent quatre-vingt-douze revenus dans des housses. Le maire ne fait plus de discours le 9 mai. Il a peur des questions des veuves.

À Oulan-Oudé, capitale de la Bouriatie, on a construit un nouveau cimetière militaire en 2024. Il a fallu l’agrandir trois fois. Les pelleteuses tournent le week-end. Et pourtant, dans les médias d’État, on parle d’opération militaire spéciale qui se déroule conformément au plan.

Il existe deux Russies. Celle qui boit son cappuccino sur l’Arbat et celle qui enterre ses fils dans le permafrost. La guerre, c’est la frontière étanche entre les deux. Et le Kremlin veille à ce qu’elle reste étanche.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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