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ANALYSE : Trump a échoué à l’une des leçons les plus basiques du populisme.
Crédit: Adobe Stock

Les tarifs ne punissent pas les multinationales — ils les engraissent

On ne connaîtra jamais le nombre exact de familles qui ont renoncé à un repas ce mois-ci, ni le nombre de petits commerces qui ont éteint leur enseigne pour la dernière fois. Mais ceci, on le sait : les prix montent, les dividendes explosent, et entre les deux, il y a des mains calleuses qui n’ont rien demandé.

On a eu honte de ne pas l’avoir vu plus tôt. Les tarifs douaniers, vendus comme une arme populaire contre les excès des multinationales, ne les ont jamais effleurées.

Apple a déplacé ses chaînes d’approvisionnement. General Motors a répercuté les coûts sur ses concessionnaires. Amazon a ajusté ses algorithmes de prix en quarante-huit heures.

Les marges de ces géants ont gonflé — pas malgré les tarifs, mais grâce à eux. L’outrage est là, nu.

On paie son café trente centimes de plus. Apple empoche 15 % de marges supplémentaires. Relisez cette phrase. Lentement.

Les tarifs devaient punir les élites. Ils devaient enrichir le peuple. Ils devaient restaurer une justice économique volée depuis quarante ans. Rien. Strictement rien de cela.

La mécanique est d’une brutalité limpide : les grandes entreprises disposent d’armées de fiscalistes, de routes logistiques alternatives, de marges assez épaisses pour absorber le choc le temps de le transférer ailleurs.

Les petits commerçants — le pressing de quartier qui importe ses solvants, le restaurateur qui achète son huile d’olive, le fleuriste dont les vases viennent de Chine — n’ont rien de tout cela.

Ils encaissent. Ils relèvent leurs prix. Ils perdent leurs clients. Puis ils ferment.

Dans les rues de l’Ohio, du Michigan, de la Pennsylvanie, les vitrines vides racontent cette trahison mieux qu’aucun rapport économique.

Quarante emplois de service perdus pour chaque emploi d’usine créé

Qui es-tu, ce matin, devant ta tasse ? Peut-être quelqu’un qui a voté en croyant que cette fois serait différente. Peut-être quelqu’un qui compte avant de commander.

Le café — rituel minuscule, dernier luxe accessible — devient le thermomètre d’un scandale plus vaste.

Pour chaque emploi manufacturier ramené sur le sol américain par les tarifs, quarante emplois de service ont sombré dans la chaîne de conséquences : serveurs, livreurs, vendeuses, agents d’entretien.

Des emplois invisibles. Des gens invisibles. Pas une victoire. Un transfert de souffrance.

Trump a promis des emplois. Les multinationales ont embauché des robots. Il a promis la prospérité. Les actionnaires ont touché des dividendes records. Il a juré de punir les élites.

Les élites ont ri — discrètement, derrière des portes closes, en relisant leurs bilans trimestriels. L’impunité, en costume sombre.

Chaque matin, le café devient un peu plus amer. Pas à cause du grain. À cause de ce qu’il rappelle.

Il a promis de redonner sa fierté à la classe ouvrière. Mais la fierté ne se mesure pas en slogans — elle se mesure en fins de mois.

En capacité à dire oui quand ton enfant demande une sortie scolaire. En dignité de ne pas choisir entre le chauffage et l’épicerie.

Les chiffres sont là, implacables : les petites entreprises ferment à un rythme accéléré depuis l’entrée en vigueur des tarifs, les prix à la consommation grimpent, et les profits du S&P 500 touchent des sommets historiques.

Qui doit quoi à qui, ici ? La réponse pèse comme une dette que personne ne remboursera — et qu’on traînera, toi et moi, jusqu’à la prochaine vitrine éteinte.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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