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GÉOPOLITIQUE : Trump appelle Xi « ami », Xi ne le regarde même pas — l’asymétrie qui dit tout
Crédit: Adobe Stock

La répétition qui trahit le suppliant

En diplomatie, la répétition est une arme. Quand un chef d’État utilise un mot trois fois dans une même séquence d’ouverture, il l’inscrit. Il en fait un marqueur. Il dit aux caméras, aux historiens, aux archivistes : retenez ce mot, je l’ai dit, je l’ai voulu, je le revendique. Trump a inscrit ami. Trump a inscrit grand leader. Il a inscrit ces mots dans le marbre de la rencontre.

Sauf qu’on n’inscrit pas un mot quand on est en position de force. On inscrit un mot quand on espère qu’il sera rendu. Et Xi ne l’a pas rendu. Donc Trump, en répétant, a creusé son propre vide. Plus il répétait, plus l’absence de retour devenait visible. Plus il insistait, plus il ressemblait à un homme qui frappe sur une vitre que personne ne veut ouvrir.

On a vu des présidents américains parler à Brejnev. À Gorbatchev. À Hu Jintao. À Xi lui-même sous Obama. Aucun n’a répété « ami » trois fois en ouverture. Parce qu’ils savaient ce que Trump ne sait pas : la flatterie publique, en diplomatie chinoise, n’achète rien. Elle révèle.

Je me souviens d’un vieux chroniqueur qui m’avait dit, en 2017 : « Trump confond la flatterie et la négociation. » Neuf ans plus tard, la phrase tient encore. Et elle coûte cher.

Le dictateur, l’autocrate, l’ami

Xi Jinping est le chef du Parti communiste chinois. Il a fait emprisonner Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix, mort en détention en 2017. Il a fait disparaître des avocats, des journalistes, des éditeurs hongkongais. Il a fait construire les camps du Xinjiang où plus d’un million d’Ouïghours ont été enfermés selon les Nations unies. Il a effacé la limite des mandats présidentiels en 2018 pour pouvoir régner à vie. Trump a appelé cet homme ami. Trump a appelé cet homme grand leader.

Ce n’est pas une opinion. C’est un fait documenté par les agences onusiennes, par Human Rights Watch, par Amnesty International, par les propres rapports du Département d’État américain — ceux d’avant 2025. Trump connaît ces rapports. Trump a accès à ces rapports. Trump a choisi de les ignorer pour aller chercher un mot que Xi ne lui rendra pas.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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