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ANALYSE : La rencontre entre Trump et Xi s’est révélée étonnamment banale
Crédit: Adobe Stock

China Daily relègue Donald Trump en page 3 — un geste politique délibéré

Le scandale n’est pas ce que Donald Trump a déclaré à Genève, en mai 2025. Le scandale, c’est ce que Pékin a tu.

En reléguant la rencontre Trump–Xi Jinping en page 3, le quotidien officiel China Daily n’a pas posé un choix éditorial : il a signé un acte de pouvoir.

La une — vitrine réservée aux affaires que le Parti communiste juge dignes d’exister — n’avait pas de place pour le président américain. Pas d’espace. Pas de titre. Pas une photo.

Deux hommes en costume, sourires réglés en amont, poignées de main pour les caméras.

Derrière la chorégraphie, une asymétrie que personne n’a voulu nommer à voix haute : Donald Trump cherchait une victoire de communication. Xi Jinping, lui, n’avait rien à prouver.

L’un quémandait une image. L’autre tenait le cadre. Et la rédaction du China Daily, organe du Comité central, a tranché : cette rencontre ne méritait pas la première page.

Nous avons vu les images. Nous avons lu les communiqués creux. Nous avons scrollé pendant que Trump tendait la main, scrollé pendant que Xi acquiesçait sans rien concéder.

Nous avons scrollé pendant que la hiérarchie entre les deux puissances se redessinait sous nos yeux. Puis nous sommes passés à autre chose.

Un test de lucidité collective. Nous l’avons raté.

Xinwen Lianbo accorde douze secondes au président américain, puis enchaîne

Douze secondes. C’est le temps que le journal télévisé Xinwen Lianbo, regardé chaque soir par des centaines de millions de Chinois, a consacré à la rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump.

Douze secondes, coincées entre un reportage agricole et un sujet sur les semi-conducteurs.

Un président américain réduit à un entracte, un battement de paupière dans le flux de la propagande d’État.

Ce n’est pas de l’indifférence : c’est du mépris organisé. La télévision centrale chinoise, bras audiovisuel du Parti, ne commet pas d’erreur de minutage.

Chaque seconde est pesée, chaque sujet validé par la hiérarchie.

Accorder douze secondes à Donald Trump, c’est dire au milliard quatre cents millions de citoyens chinois : cet homme ne pèse pas assez pour qu’on s’attarde. Le message ne vise pas Washington.

Il vise le peuple chinois lui-même, pour qu’il intériorise la relégation de l’Amérique.

Nous avons regardé le segment trois fois. Trois fois, nous avons cherché un signe de considération, un plan large, un mot du présentateur. Rien.

Le visage de Trump apparaît, disparaît, et le journal reprend son cours comme si de rien n’était.

Comme si la première puissance militaire du monde avait frappé à la porte, et qu’on avait choisi de ne pas ouvrir.

Douze secondes. Le temps de nouer un lacet. Le temps de perdre une guerre de perception.

Et nous, de ce côté de l’écran — mesurons-nous ce que ça veut dire, quand un pays de 1,4 milliard d’habitants apprend, chaque soir, que le président des États-Unis ne vaut pas treize secondes d’antenne ?

Nous ne connaîtrons peut-être jamais le coût réel de cette banalisation — pas en dollars, pas en points de PIB, mais en crédibilité érodée, en alliances fragilisées, en promesses que plus personne ne croit. Le monde glisse de centre de gravité, et la honte n’est pas dans la chute. Elle est dans le refus de la regarder tomber.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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