Skip to content
CHRONIQUE : Le love-in de 1995 et l’immigration accélérée. Comment Ottawa a volé un référendum sans tirer un coup de feu.
Crédit: Adobe Stock

Trois jours avant le scrutin, l’invasion organisée

27 octobre 1995, Place du Canada, Montréal. Une foule officiellement estimée à 100 000 personnes, dont au moins 40 000 à 60 000 sont venues d’autres provinces canadiennes. Ontario, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve. Des autobus nolisés. Des billets d’avion à rabais. Des trains spéciaux. Air Canada offre des tarifs allant jusqu’à 90% de réduction sur les vols vers Montréal pendant cette semaine-là. VIA Rail réduit ses tarifs de 60%. Les sociétés de transport en commun ontariennes affrètent des bus à des prix coûtants pour acheminer les manifestants. Tout ça en pleine campagne référendaire. Tout ça payé en partie par des fonds publics fédéraux. Tout ça en violation directe de la Loi électorale du Québec qui plafonne les dépenses des camps à environ 5 millions chacun.

Le calcul cynique : émouvoir les indécis francophones

L’objectif de l’opération n’était pas de gagner des votes anglophones — ils étaient déjà acquis au Non à 95%. L’objectif était d’émouvoir les francophones indécis. Le message implicite : « regardez tous ces Canadiens qui vous aiment, qui font 1500 km en autobus pour vous le dire. » Une opération psychologique de masse, parfaitement orchestrée par Brian Tobin, alors ministre fédéral des Pêches, principal architecte du rassemblement avec Sheila Copps et Jean Chrétien en arrière-plan. Coût total estimé de l’opération : entre 5 et 12 millions de dollars selon les sources, jamais comptabilisé dans les dépenses officielles du camp du Non. Parce que techniquement, ce n’était pas le camp du Non qui dépensait. C’était « des citoyens spontanés ». La spontanéité organisée par un ministre fédéral. La belle hypocrisie.

Spontané. Le mot fait sourire. Comment 100 000 personnes peuvent-elles décider « spontanément » de prendre l’autobus à Toronto ou Halifax pour venir manifester à Montréal trois jours avant un référendum? Comment Air Canada peut-elle « spontanément » réduire ses prix de 90% précisément cette semaine-là? Comment les médias canadiens-anglais peuvent-ils « spontanément » couvrir l’événement avec des dispositifs dignes de funérailles royales? La spontanéité, en politique, c’est toujours quelqu’un qui paie en silence. Y’a juste les naïfs qui croient encore aux foules qui se rassemblent par hasard.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu