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ANALYSE : Iran, le piège du retrait — quand partir coûte plus cher que rester
Crédit: Adobe Stock

Quarante-six ans de terreur exportée

On parle de l’Iran comme s’il s’agissait d’un pays normal mené par un gouvernement normal qu’on aurait simplement diabolisé. C’est faux. La République islamique fondée par Khomeyni en 1979 a fait de l’exportation de la révolution un pilier constitutionnel. Cela signifie, en clair, que Téhéran finance des milices armées dans cinq pays voisins depuis quatre décennies. Cela signifie que chaque dollar versé au régime, par le pétrole, par les sanctions contournées, par les transferts russes ou chinois, repart en armes vers Beyrouth, Sanaa, Bagdad, Damas, Gaza.

Le bilan humain est effarant. Plus de cent mille morts en Syrie par les milices financées depuis Téhéran. Plus de cinquante mille morts au Yémen par les Houthis armés par les Gardiens de la Révolution. Mille trois cents civils israéliens massacrés le 7 octobre 2023 par un Hamas équipé, entraîné, conseillé depuis l’Iran. Ces chiffres ne sont pas de la propagande américaine. Ils sont compilés par les Nations unies, par l’Observatoire syrien des droits humains, par les forensics israéliens. On peut les contester à la marge. On ne peut pas les effacer. L’Iran n’est pas un pays victime d’un complot occidental. C’est une dictature théocratique qui fait la guerre par procuration depuis 1979.

Je nomme ces chiffres sans plaisir. Je les nomme parce que les oublier serait insulter les morts. Et parce que dans toute discussion sur le retrait américain, on oublie systématiquement ce que le régime fait quand personne ne le surveille. La réponse tient en quatre lettres : pire. Toujours pire.

Le peuple iranien martyrisé

Et puis il y a le peuple. Celui qu’on regarde par-dessus les images de drones et de cartes militaires. Quatre-vingt-cinq millions d’Iraniens dont une immense majorité ne soutient plus le régime depuis longtemps. On l’a vu en 2009 avec le Mouvement vert. On l’a revu en 2017. On l’a vu encore en 2022 après la mort de Mahsa Amini, vingt-deux ans, battue à mort pour un voile mal porté. Les femmes iraniennes, depuis trois ans, refusent en masse le hijab obligatoire malgré les arrestations, malgré les viols en détention documentés par Amnesty, malgré les exécutions publiques par pendaison.

Ce peuple-là regarde l’Occident. Ce peuple-là sait que la chute du régime ne viendra pas de l’intérieur sans pression extérieure massive, parce que les Gardiens de la Révolution ont les chars, les drones, les services secrets, et n’hésitent pas à tirer dans la foule. Ce peuple-là sait aussi qu’un retrait américain précipité signifierait sa condamnation à dix, vingt, trente années supplémentaires de théocratie meurtrière. Marie-Hélène Miauton a raison sur ce point précis. Partir maintenant, ce serait l’enfer pour les Iraniens martyrisés. On parle de l’Amérique. On devrait parler d’eux.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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