Skip to content
CHRONIQUE : Le 9 mai sans chars — l’empire qui n’ose plus défiler sur sa propre Place Rouge
Crédit: Adobe Stock

Les invités qui ne sont pas venus

Regarde la tribune. Compte. Xi Jinping a fait acte de présence — c’est l’exception qui couvre l’absence. Mais où sont les chefs d’État du monde non-aligné qui, il y a dix ans, se pressaient à Moscou pour serrer la main d’un Poutine triomphant ? Où sont les délégations européennes qu’on attirait avec du gaz et des contrats ? Où sont les généraux étrangers qu’on faisait défiler à côté des nôtres pour donner l’illusion d’une fraternité martiale ?

La tribune du 9 mai 2025 est un mur des absents. Et un mur des absents, en diplomatie, ça pèse plus lourd qu’un char T-90. Parce qu’un char, on peut le faire avancer. Une absence, on ne peut pas la commander. Elle dit ce que les ministres ne diront jamais : on ne veut plus être vu à côté de toi.

Je me suis retrouvé à penser, devant ces images, à toutes les tribunes vides que l’histoire a connues. Elles arrivent toujours avant les chutes. Jamais après.

Les vétérans dans le froid

Il y a quelque part, à Riazan ou à Vladivostok, un vieil homme qui s’appelle peut-être Nikolaï. Né en 1939. Six ans à la fin de la guerre. Toute une enfance d’après-guerre passée à regarder les défilés du 9 mai à la télévision noire et blanc, puis à la télévision couleur, puis à la télévision plate. Toute une vie à se dire que ces chars, c’étaient les siens. Que cette victoire, c’était la sienne. Que ce pays, malgré tout, tenait encore debout.

Cette année, Nikolaï a allumé sa télévision et il a vu des soldats à pied. Il a vu des drapeaux. Il a vu Poutine parler. Il n’a pas vu les chars. On lui a volé sa parade. On lui a volé sa fin de vie. Et il ne le dira pas, parce qu’on ne dit pas ces choses en Russie. Mais il l’a vu. Et quelque chose en lui, ce 9 mai, a compris que le pays qu’on lui avait promis n’existait plus.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu