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OPINION : Une nation sous l’œil de Dieu, vraiment ? Ou sous l’œil d’un homme qui s’en sert ?
Crédit: Adobe Stock

L’utilisation cynique des croyants sincères

Voilà ce qui me met vraiment en colère, et je vais le dire sans ménagement. Quand William Lodge, venu spécialement du Michigan, déclare aux journalistes que « le président Trump va reconsacrer ce pays à Dieu », il parle avec une sincérité qui me bouleverse et qui me met en rage en même temps. Parce que William Lodge croit vraiment. Il a fait des centaines de kilomètres. Il a payé l’essence, l’hôtel, les repas. Il est venu avec sa famille. Il pense honnêtement participer à un moment historique de réveil spirituel.

Et pendant ce temps, Donald Trump, depuis le bureau ovale climatisé, fait diffuser une vidéo préenregistrée où il lit un passage de la Bible avec le même investissement émotionnel qu’il met dans la promotion de ses jetons commémoratifs ou de ses chaussures dorées à 399 dollars. C’est une mise en scène. C’est de la communication politique. C’est l’utilisation froide, calculée, professionnelle, d’un sentiment religieux sincère pour consolider un pouvoir politique qui n’a rien à voir avec Dieu.

Le mépris qui se cache derrière l’embrassade

Et c’est cela qui me révolte profondément. Parce que je vois William Lodge. Je vois Vicky Moon avec sa casquette à paillettes. Je vois Wyatt Biagini, 21 ans, venu de Floride avec sa famille pour « un moment historique ». Ces gens-là sont sincères. Ils donnent leur temps, leur énergie, leur foi, leurs maigres économies parfois, pour soutenir un mouvement qui se réclame de leurs valeurs les plus profondes. Et le mouvement, lui, leur ment.

Parce que pendant qu’on leur vend du Jésus sur le National Mall, l’administration Trump coupe les programmes alimentaires qui nourrissaient des enfants pauvres dans leurs propres comtés ruraux. Coupe les aides au chauffage hivernal qui aidaient leurs voisins âgés à survivre en janvier. Coupe Medicaid, le programme qui permettait à leur cousin diabétique de payer son insuline. Démantèle les protections environnementales qui empêchaient les usines chimiques de polluer leur eau potable. Et tout cela au nom du même Jésus dont on les fait chanter sur la pelouse.

Or, je relis les évangiles. Je les relis comme un agnostique qui respecte les textes anciens. Et je n’y trouve nulle part Jésus disant qu’il faut couper l’aide alimentaire aux pauvres. Nulle part Jésus disant qu’il faut expulser les étrangers. Nulle part Jésus disant qu’il faut donner des avantages fiscaux aux milliardaires. Le Jésus des évangiles dit l’exact contraire de la politique trumpiste. Il bénit les pauvres. Il accueille les étrangers. Il chasse les marchands du Temple. Il dit « il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer au royaume des cieux ». Voilà le Jésus historique. Voilà le Jésus que des milliards d’humains vénèrent depuis deux mille ans.

Et voilà ce qu’on est en train d’en faire en mai 2026 à Washington : un drapeau partisan, une marque de combat, une caution morale pour des politiques qui sont exactement l’inverse de son enseignement.

Trahir Jésus en chantant son nom plus fort, c’est plus grave que de ne pas y croire du tout. Au moins l’athée est honnête.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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