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REPORTAGE : 242 fois en un jour — la guerre que personne ne compte plus
Crédit: Adobe Stock

Quand le nombre devient anesthésie

Fais le calcul. Huit mille soixante-cinq drones en un jour, c’est un drone qui décolle vers l’Ukraine toutes les dix secondes et demie. Le temps que tu lises cette phrase, trois nouveaux engins ont quitté un pas-de-tir russe. Le temps que tu termines ce paragraphe, une dizaine. Et pendant que tu termines l’article, des centaines. C’est ça, le tempo. Pas une guerre. Une industrie du harcèlement qui tourne sans s’arrêter, sept jours sur sept, depuis bientôt quatre ans.

Trois cent seize bombes guidées en vingt-quatre heures. Ce ne sont pas des obus aveugles tirés au hasard. Ce sont des FAB de cinq cents kilos, de mille kilos, parfois davantage, accrochées à des planeurs, lâchées à cinquante kilomètres de leur cible. Elles tombent sur des écoles, des cliniques, des immeubles d’habitation. Le dimanche 17 mai, Vilna Sloboda et Oulanove, dans l’oblast de Soumy, ont reçu leur ration. Personne ne sait, ce lundi soir, combien il y avait de personnes dans les caves.

Ce que les cartes ne montrent pas

L’État-Major liste les secteurs comme un comptable liste des lignes : Slobojanchtchyna Nord, Koursk, Slobojanchtchyna Sud, Koupiansk, Lyman, Sloviansk, Kramatorsk, Kostiantynivka. Et derrière chaque nom, un chiffre d’assauts. Vingt-deux à Kostiantynivka. Treize au sud. Huit à Lyman. Cinq dans le nord. Aucun à Kramatorsk. Et cette ligne — « aucune opération offensive enregistrée » — est peut-être la plus inquiétante de toutes. Parce qu’en mai 2026, dans cette guerre, le silence d’un secteur n’est jamais un cadeau. C’est une respiration avant le coup suivant.

Je pense aux familles de Rai-Oleksandrivka, de Zakitné, de Mykolaïvka. Trois assauts repoussés. Trois nuits gagnées. Et demain, on recompte.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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