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ECO : SpaceX dévoile une introduction en Bourse sous tension, loin du géant intouchable
Crédit: Adobe Stock

Une rentabilité fantôme

Décortiquons les comptes. Le prospectus dévoile une structure financière à deux vitesses. D’un côté, une activité historique de lancements spatiaux qui consomme du capital à une vitesse hallucinante, plombée par les coûts de développement de Starship et l’expansion industrielle. De l’autre, une unité Starlink, le service de connectivité par satellites, qui est devenu la seule division réellement profitable du groupe. Cette unité représente l’essentiel des revenus du premier trimestre. Elle est ce qui maintient la machine debout. Sans Starlink, SpaceX serait un gouffre financier maquillé en empire. Avec Starlink, c’est une promesse en équilibre instable, soutenue par une vache à lait orbitale dont la croissance future est elle-même soumise à des aléas réglementaires, géopolitiques et concurrentiels considérables.

L’autre révélation tient à l’unité d’intelligence artificielle, celle qui regroupe X et xAI. Le prospectus indique que cette branche a généré seulement 818 millions de dollars au premier trimestre 2026. Pour donner une idée du désastre comparatif, c’est environ un tiers de moins que ce que Twitter seul rapportait au trimestre précédant son rachat par Musk. Trois ans plus tard, l’actif numérique vaut moins qu’avant l’arrivée du nouveau propriétaire. C’est un constat brutal. Une trajectoire descendante. Une démonstration concrète que la promesse d’une plateforme réinventée par l’IA reste, pour l’instant, un slogan plus qu’une réalité comptable. Les investisseurs devront décider s’ils achètent l’érosion actuelle ou un retournement futur.

Le pari Anthropic et les contrats colossaux

Tout n’est pas noir, loin de là. Le prospectus laisse apparaître des signaux verts importants. Le plus spectaculaire concerne un accord conclu avec Anthropic, rival majeur d’OpenAI dans la course aux grands modèles de langage. Anthropic s’est engagé à verser 1,25 milliard de dollars par mois à SpaceX pour des capacités de calcul. Oui, par mois. C’est un contrat dont la magnitude redéfinit les équilibres de l’industrie du cloud computing. SpaceX, à travers ses infrastructures liées à xAI, devient un fournisseur d’infrastructure critique pour les laboratoires d’IA concurrents. Une situation paradoxale, presque shakespearienne, où l’on finance son rival pour mieux gagner.

SpaceX précise vouloir signer des contrats similaires avec d’autres acteurs du secteur. Si cette stratégie réussit, elle pourrait transformer radicalement la structure de revenus du groupe et offrir le souffle de rentabilité que les investisseurs réclament. Mais ce n’est qu’une projection. Aucune garantie. Aucune certitude. Les capacités de calcul mondiales sont en pleine bulle, et personne ne sait combien de temps les hyperscalers et les laboratoires accepteront de payer ces sommes pharaoniques. La course à l’IA est aussi une course à l’endettement et à la dépendance énergétique. SpaceX entre dans ce jeu en position de force apparente, mais sa survie dépend de l’épaisseur de portefeuille de ses clients. Si Anthropic trébuche, c’est SpaceX qui chancelle.

Il y a une ironie presque cruelle dans cette dépendance croisée. Toute l’économie de l’IA repose sur des contrats entre acteurs qui se financent mutuellement. Un château de cartes magnifique, brillant, mais sensible au moindre courant d’air.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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