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GEOPOLITIQUE : Après Trump, Poutine repart de Pékin les mains vides
Crédit: Adobe Stock

Le minimum diplomatique, rien de plus

La déclaration commune signée par les deux chefs d’État tient en quelques lignes creuses. Les diplomates appellent ça « la continuité ». Les observateurs honnêtes appellent ça l’absence de résultat. Timothy Ash, associé au programme Russie et Eurasie de Chatham House, l’a résumé crûment : Poutine ne cherchait rien à obtenir, il cherchait à maintenir un décor. Le décor d’un partenariat « sans limites » annoncé en février 2022, quelques jours avant l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Quatre ans plus tard, les limites existent. Elles sont visibles. Elles sont nombreuses. Et la Chine les fait sentir à chaque rendez-vous. Sur le commerce, sur les paiements bancaires, sur les technologies sensibles, sur le gaz, sur l’armement. Pékin choisit. Moscou s’adapte. Le rapport de force n’a jamais été aussi déséquilibré depuis les années 1960, quand l’URSS de Brejnev surplombait encore la Chine de Mao. Aujourd’hui, c’est l’inverse exact. Et ce voyage le confirme, sans qu’aucun communiqué officiel ne le dise.

Le contexte est accablant pour le maître du Kremlin. Le 9 mai, la Russie a célébré son Jour de la Victoire dans une version réduite, presque honteuse. Peu de chars. Peu de missiles. La peur des frappes ukrainiennes. La semaine suivante, l’armée russe a frappé Kyiv avec une intensité particulière, comme pour effacer l’humiliation. L’Ukraine a répliqué avec la plus lourde frappe contre Moscou depuis le début de l’invasion. Et pendant ce temps, les instituts de sondage contrôlés par l’État eux-mêmes enregistrent la cote de popularité la plus basse de Poutine depuis février 2022. Le tableau intérieur est sombre. Le tableau extérieur l’est davantage. Arriver à Pékin dans cet état, c’est arriver en position de faiblesse. Xi le sait. Xi en profite. Xi n’a aucune raison de céder.

Il y a quelque chose de presque pathétique dans ces voyages où l’on serre des mains pour faire semblant. Poutine n’est pas venu négocier. Il est venu prouver qu’il existait encore sur la carte. Et ça, en soi, dit déjà combien il a rétréci.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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