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GEOPOLITIQUE : Trump veut parler à Lai Ching-te et fait trembler l’ordre diplomatique avec Pékin
Crédit: Adobe Stock

1979, l’année où Washington a choisi Pékin

Pour comprendre la déflagration potentielle, il faut revenir à 1979. Cette année-là, l’administration Carter rompt officiellement les relations diplomatiques avec la République de Chine, à Taipei, pour reconnaître la République populaire de Chine, à Pékin. C’est ce qu’on appelle le pivot historique. Depuis cette date, aucun président américain en exercice n’a parlé directement à un président taïwanais. Les communications passent par l’American Institute in Taiwan, une structure officiellement non gouvernementale qui sert de proxy diplomatique. Tout est codifié, lent, prudent. Chaque mot pèse. Chaque rencontre fortuite est scrutée. Quand un sénateur américain atterrit à Taipei, Pékin fait voler des chasseurs. Quand un secrétaire d’État évoque Taïwan dans une conférence, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères convoque l’ambassadeur. C’est un théâtre minutieux, presque épuisant, mais qui a tenu la paix dans le détroit pendant quarante-sept ans.

Trump propose, en une phrase, de tout dynamiter. Et il le fait pour la deuxième fois en une semaine, dispelant l’hypothèse du lapsus. Ses conseillers savaient. Ses interlocuteurs chinois savaient. C’est un signal envoyé sciemment. Le problème, c’est que personne ne sait à qui ce signal est destiné. À Xi Jinping, pour le mettre sous pression dans les négociations commerciales ? À Lai, pour le rassurer après les hésitations sur la vente d’armes de 14 milliards de dollars ? À son propre Congrès, où démocrates et républicains pressent l’administration de tenir ses engagements envers Taïwan ? Probablement les trois à la fois. Trump aime les triangulations brutales. Sauf qu’une triangulation manquée dans le détroit de Taïwan, ça ne se solde pas par un mauvais sondage. Ça se solde potentiellement par des porte-avions qui se croisent en mer de Chine méridionale.

Il y a une chose que les commentateurs sous-estiment. La diplomatie n’est pas une collection de protocoles ennuyeux inventés par des fonctionnaires fatigués. C’est l’infrastructure invisible qui empêche les guerres. Et chaque fois qu’on la fissure pour un effet d’annonce, on construit une dette qui sera payée par d’autres.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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