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GEOPOLITIQUE : Macron appelle Loukachenko, l’avertissement qui réveille la frontière biélorusse
Crédit: Adobe Stock

Zelensky alerte, Macron compose

Quelques semaines avant cet échange téléphonique, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a frappé fort. Il a ordonné le renforcement militaire de la frontière nord de l’Ukraine, celle qui longe la Biélorussie sur près de 1 084 kilomètres. Et il a affirmé publiquement que Moscou préparait possiblement une nouvelle offensive depuis le territoire biélorusse. La Russie a démenti. Comme toujours. Mais le démenti russe, à ce stade du conflit, ne convainc plus personne dans les chancelleries européennes. Les images satellites circulent. Les mouvements de troupes sont scrutés. Les exercices conjoints se multiplient. Et surtout, il y a cette donnée qui glace : le déploiement de l’Orechnik sur le sol biélorusse. Ce missile balistique intermédiaire à capacité nucléaire, présenté par Vladimir Poutine comme une arme de rupture stratégique, n’est pas un jouet d’exercice. Sa présence en Biélorussie raccourcit dramatiquement les temps de vol vers les capitales européennes. Varsovie, Vilnius, Riga, Tallinn, Berlin même, tout devient théoriquement plus rapide à frapper. Et la posture de l’OTAN sur son flanc oriental s’en trouve modifiée en profondeur.

Macron, en composant le numéro de Loukachenko, ne tente pas un miracle. Il tente une fissure. Il sait que le dirigeant biélorusse est dans une position inconfortable. Loukachenko a fourni le territoire à la Russie en 2022 pour l’offensive ratée sur Kyiv. Il a accepté les armes nucléaires tactiques russes. Il a hébergé un temps les mercenaires de Wagner après la mutinerie de 2023. Mais il a aussi, à plusieurs reprises, refusé d’engager directement son armée dans le conflit. Il a tenu sa ligne rouge sur ce point précis. Il sait que ses soldats ne tiendraient pas une semaine face à des forces ukrainiennes aguerries par quatre ans de combats intenses. Il sait que sa propre population, déjà traumatisée par la répression post-2020, ne supporterait pas un engagement militaire complet aux côtés de Moscou. C’est précisément sur cette fragilité que Macron cherche à appuyer. Lui rappeler les risques. Lui rappeler que la porte européenne n’est pas totalement fermée, à condition qu’il refuse de plonger plus profond dans le bain russe. Une diplomatie de la pression douce, presque psychologique, mais avec des enjeux militaires immenses derrière chaque mot prononcé.

Ce qui me frappe, c’est cette vieille mécanique des appels téléphoniques entre dirigeants. Une voix dans un combiné peut suffire à infléchir une trajectoire militaire. Ou à ne rien changer du tout. On ne saura jamais vraiment, dans l’instant, dans quelle catégorie tombera celui du 24 mai.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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